Italie

06 mai 2012 09:18; Act: 06.05.2012 17:03 Print

Près de dix millions d'Italiens aux urnes

Les Italiens ont commencé dimanche à voter pour renouveler leurs maires et conseillers communaux. Cette élection renseignera sur le climat près de 6 mois après le début de l'ère Monti.

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Ces élections municipales surviennent près de six mois après l'arrivée de Mario Monti (photo) au pouvoir, qui avait mis fin au règne de Silvio Berlusconi. (Photo: epa)

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Des millions d'Italiens ont commencé dimanche à voter pour renouveler leurs maires et leurs conseillers communaux. Cette élection partielle et locale doit donner des signaux sur l'humeur du pays près de six mois après le début de l'ère Monti.

Près de dix millions d'Italiens sont appelés aux urnes, lors de ce scrutin qui doit se prolonger jusqu'à lundi. Pas moins de 2810 candidats leur sont proposés pour devenir (ou continuer à être) maires dans 1024 municipalités, dont 26 chefs-lieux de province.

Quelques villes importantes, comme Gênes, Vérone, Palerme, Parme, L'Aquila, Tarente figurent parmi les cités dont les conseils municipaux doivent être renouvelés. En cas de ballotage, un deuxième tour aura lieu les 20 et 21 mai.

Beaucoup d'enjeux de politique locale, à l'heure d'une cure d'austérité sans précédent, constituent les préoccupations des électeurs. Et notamment la question des impôts locaux et des finances municipales en difficulté dans de nombreuses communes.

Le niveau de l'abstention et le vote des petits mouvements protestataires qui fleurissent à gauche et à droite seront des baromètres, à l'heure où une série de petits patrons et de salariés étranglés par la pression fiscale se sont donnés la mort.

«Vote avec le pistolet sur la tempe»

A droite et à gauche, plusieurs journaux présentaient dimanche la situation sociale sous un jour tragique: «les taxes tuent encore», accusait Il Giornale, journal qui a défendu pendant des années la politique de Silvio Berlusconi, tandis qu'à gauche Il Fatto Quotidiano titrait: «un vote avec le pistolet sur le tempe».

Parmi les mouvements surfant sur le rejet de la politique, la formation «Cinq étoiles» du comique Beppe Grillo est en vue. «Une anti-politique, négative et anti-éducative» pour les jeunes, a tranché le président de la conférence épiscopale italienne, le cardinal Angelo Bagnasco.

Six mois après

Ces élections municipales surviennent près de six mois après l'arrivée du technicien Mario Monti au pouvoir, qui avait mis fin au règne de Silvio Berlusconi, marqué par la corruption.

Elles constituent un test, surtout dans le nord pour le mouvement populiste de la Ligue, passée dans l'opposition et très implantée dans certaines villes. Certains de ses dirigeants qui avaient fait de la lutte contre «Rome la voleuse» leur slogan sont accusés d'avoir détourné des financements publics destinés au parti.

Alors que le gouvernement a imposé des mesures d'assainissement impliquant des sacrifices pour les Italiens modestes, le score des candidats du parti de gauche, le Parti démocratique (PD), sera observé. Le PD a soutenu Mario Monti, au milieu des grincements de dents de nombre de ses militants.

Le secrétaire général du PD, Pier Luigi Bersani, a espéré dimanche que ces élections apporteraient «des eaux fraîches et pures à la politique»: «j'attends de ces élections, a-t-il dit, qu'elles révèlent un malaise -car il y a de la colère dans l'air- mais en même temps un signe très fort de changement et de confiance».

Le score et les divisions au sein du Peuple de la Liberté (PdL), le mouvement de Silvio Berlusconi, seront aussi intéressants à observer, ainsi que la recomposition en cours du centre, actuellement divisés en différents mouvements.

(ats)