«Meurtre au milk-shake»

25 mars 2011 18:22; Act: 25.03.2011 20:16 Print

Prison à vie en appel pour l'épouse

Une Américaine a été condamnée vendredi en appel à Hong Kong à la prison à vie pour le meurtre de son mari, un riche banquier.

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Nancy Kissel, 46 ans, devrait passer le reste de sa vie en prison. (Photo: AFP)

Une faute?

Elle l'avait tué en lui servant un milk-shake bourré de sédatifs.

Nancy Kissel, 46 ans, mère de trois enfants, avait déjà été condamnée en septembre 2005 à la perpétuité pour le meurtre de son époux, banquier chez Merrill Lynch.

La condamnation avait été cassée en février 2010, la cour d'appel estimant que le premier procès n'avait pas permis de déterminer si le crime relevait du meurtre ou de la légitime défense.

«La Cour a décidé d'une peine d'emprisonnement à vie», a déclaré le juge Andrew Macrae. Les neuf membres du jury l'ont reconnue coupable de meurtre à l'unanimité, comme en 2005.

Les jurés, sept femmes et deux hommes, devaient décider si Nancy Kissel était coupable de meurtre ou d'homicide involontaire. Mme Kissel était accusée d'avoir servi un milk-shake à la fraise additionné de sédatifs à son mari avant de le frapper à mort à la tête avec une statuette métallique, en 2003.

L'accusée avait ensuite roulé le corps dans un tapis, l'avait laissé quelques jours dans la chambre occupée par le couple dans leur luxueux appartement, avant de demander à des ouvriers de le descendre dans une pièce de stockage au sous-sol de l'immeuble.

Munie de mandats de perquisition, la police avait retrouvé le corps, cinq jours après la disparition. Nancy Kissel a reconnu l'avoir tué mais assuré qu'elle avait agi en légitime défense, face à un mari alcoolique et drogué à la cocaïne, qui la violentait régulièrement.

Pour l'accusation, Mme Kissel voulait toucher les 18 millions de dollars de l'assurance-vie souscrite par son mari, à son nom, et retrouver son amant, un électricien du Vermont.

Ce fait divers, qui mêlait le sexe, la drogue et l'argent, avait passionné le territoire, jetant une lumière crue sur la vie privilégiée des expatriés les plus fortunés de cette ancienne colonie britannique.

(ats)