Cameroun

20 août 2019 11:04; Act: 20.08.2019 12:10 Print

Prison à vie pour le chef des séparatistes

Mardi, le responsable des séparatistes anglophones a écopé de la prison à perpétuité pour «terrorisme et sécession», au Cameroun.

storybild

Les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun sont confrontées depuis novembre 2016 à une violente crise socio-politique. (Photo: Keystone/Photo d'illustration)

Sur ce sujet
Une faute?

La justice camerounaise a condamné mardi le dirigeant des séparatistes anglophones Julius Ayuk Tabe et neuf de ses partisans à la perpétuité. Les dix accusés ont été reconnus coupables de «terrorisme et sécession notamment», a indiqué à l'AFP l'avocat de l'Etat.

La décision du tribunal militaire de Yaoundé a été confirmée à l'AFP par un des avocats des séparatistes, Joseph Fru, qui a dénoncé «une parodie de justice» alors que les accusés refusent de reconnaître la compétence de la cour à les juger. Les avocats n'ont pas encore indiqué s'ils allaient faire appel de cette décision.

Julius Ayuk Tabe est le président autoproclamé de l'Ambazonie, Etat que les séparatistes veulent créer dans les deux régions anglophones, dans l'ouest du Cameroun. En 2016, une partie des habitants des provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont commencé à manifester pour demander davantage de reconnaissance de l'Etat central.

Face au refus des autorités et la répression, une partie des séparatistes a pris les armes en 2017. Depuis, le conflit entre séparatistes et forces de sécurité a fait près de 2000 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Extradition illégale

Julius Ayuk Tabe, charismatique ingénieur informaticien de 54 ans, est respecté dans les sphères anglophones du Cameroun et son procès qui s'est ouvert en décembre 2018 a été très suivi. Il avait été interpellé avec 46 autres indépendantistes à Abuja, au Nigeria, début janvier 2018 par les services de renseignement nigérians. Ils avaient ensuite été transférés à Yaoundé. Une extradition qui a été jugée illégale par la justice nigériane en mars 2019.

Fin mai, le leader séparatiste s'est dit disposé à participer à des pourparlers avec le gouvernement, mais uniquement à l'étranger et posant comme préalable sa libération, ainsi que celle de toutes les personnes détenues dans le cadre de la crise anglophone. Depuis le début du conflit, plus de 530'000 personnes ont quitté leur foyer, selon des chiffres de l'ONU.

(nxp/ats)