Bruxelles

18 février 2019 20:06; Act: 18.02.2019 22:29 Print

Procès Nemmouche: un juré récusé

L'audience au procès du djihadiste français Mehdi Nemmouche a été suspendue ce lundi en raison du manque de discretion d'un juré. Celui-ci a été entendu par la police.

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La justice belge a rejeté mercredi le pourvoi en cassation formé par le Français Nacer Bendrer, condamné en mars au côté de Mehdi Nemmouche pour l'attentat du Musée juif à Bruxelles. (18 septembre 2019) Mehdi Nemmouche a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles, assortie d'«une mise à disposition» à la justice pour une durée de 15 ans. (Mardi 12 mars 2019) Lundi matin, la parole reviendra d'abord au parquet fédéral, qui rappellera que Mehdi Nemmouche et son co-accusé Nacer Bendrer encourent tous deux la prison à vie. (Lundi 11 mars 2019) Mehdi Nemmouche a été reconnu coupable du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au musée juif de Bruxelles. L'homme a réaffirmé son innocence, assurant avoir été «piégé». (Jeudi 7 mars 2019) La défense du djihadiste français donne jeudi sa version des faits, qualifiée de «complotiste» par l'accusation. (28 février 2019) L'audience a été suspendue quelques heures ce lundi. Le temps que soit entendu par la police un juré ayant violé l'interdiction de communiquer avec des personnes extérieures. (18 février 2019) Les ex-otages qui accusent Mehdi Nemmouche d'avoir été leur geôlier se rendent à son procès à Bruxelles jeudi. (7 février 2019) L'accusation a pointé du doigt le comportement détaché et décontracté de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, six jours après la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014. (Vendredi 1 février 2019) Mehdi Nemmouche a évoqué ce jeudi un «pseudo-attentat». (31 janvier 2019) Mehdi Nemmouche arrive ce jeudi 10 janvier 2019 à la cour d'assises de Bruxelles. «Nemmouche, Mehdi, 33 ans, sans profession»: le principal accusé, jugé avec un complice, a décliné son identité en se présentant dans le box en pull bleu marine lors de son procès à Bruxelles. (Lundi 7 janvier 2019) Mehdi Nemmouche s'est rendu à une audience préliminaire devant la cour d'assises de Bruxelles. (Jeudi 20 décembre 2018) Mehdi Nemmouche sera défendu à Bruxelles par l'avocat belge Sebastien Courtoy. (Jeudi 20 décembre 2018) Selon des médias belges, il portait sur son torse une caméra embarquée. (26 mai 2014) La police fédérale belge a publié des photos du tireur... (25 mai 2014) ... qui cache soigneusement son visage. (25 mai 2014) La police a diffusé une vidéo montrant le suspect. (25 mai 2014) Pour le moment, la police n'a aucun piste concernant le suspect. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Police et experts scientifiques ont bouclé les rues proches du Musée Juif après la fusillade qui a fait quatre morts samedi après-midi à Bruxelles. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014)

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Le procès de la tuerie du musée juif de Bruxelles, où comparaît Mehdi Nemmouche, a été interrompu plusieurs heures lundi. Un des jurés a confié avoir recueilli un témoignage jugé troublant, entraînant son audition par la police.

Une telle scène est rare en cour d'assises. L'incident a repoussé à 15h45 le début de la première plaidoirie d'une partie civile, initialement attendue à 9h.

Un membre du jury a lui-même signalé aux magistrats avoir échangé à propos de l'affaire, vendredi à la fin de l'audience, avec une «personne extérieure». Cela enfreint le devoir de discrétion auquel il est tenu, a expliqué la présidente de la cour.

Celle-ci a récusé le juré, obtenu son remplacement par un suppléant, ainsi que son audition par le policier belge ayant dirigé l'enquête sur ce quadruple assassinat perpétré en 2014. L'audience a été suspendue en fin de matinée, le temps que l'interrogatoire ait lieu et que le policier rende compte à la cour d'une audition qui s'est avérée haute en couleurs.

Eclats de rire

Vendredi après-midi, après la matinée de procès, le juré a raconté être retourné sur son lieu de travail, où il a été "interpellé" par une collègue affirmant s'être trouvée non loin du musée juif le 24 mai 2014, jour de la tuerie. Elle aurait vu Mehdi Nemmouche descendre d'une voiture dans laquelle se trouvaient deux autres hommes, a rapporté le policier.

Selon le juré relatant l'échange, «elle est persuadée à 100% qu'il s'agit d'un complot et que le ministre (belge des Affaires étrangères Didier) Reynders serait impliqué dans ce complot». En se confiant «dans les toilettes» à son collègue de travail, elle dit aussi son intention d'aller «voir un médecin pour l'aider à se rafraîchir la mémoire».

Les éclats de rire redoublent dans la salle d'audience quand ce prétendu témoin, une femme d'origine bolivienne, précise, toujours d'après le policier, bien connaître un avocat dans le dossier, Me Vincent Lurquin, et avoir à cause de lui prénommé son fils Vincent. Cet avocat confirme qu'il s'est effectivement occupé de régulariser le séjour de cette femme sur le sol belge il y a des années.

«Il s'agit sans doute d'une personne en recherche d'attention», fait valoir Me Sébastien Courtoy, avocat de Nemmouche, mettant en mots le sentiment général. Vouloir l'entendre reviendrait à «lui infliger une humiliation», selon l'avocat.

Théorie du complot avancée par la défense

Car l'avocat général a souhaité que cette femme puisse être entendue à son tour, afin d'«éviter tout problème». «On sait que certains prônent la théorie du complot», a-t-il justifié. La présidente n'a pas donné suite.

Dans ce procès, Mehdi Nemmouche, 33 ans, délinquant multirécidiviste radicalisé en prison et passé par la Syrie, est accusé d'avoir tué, le 24 mai 2014 au musée juif, un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Mais il nie les faits.

Selon ses avocats, il était certes en possession des armes utilisées, le 30 mai 2014 lors de son arrestation à Marseille, mais il n'est pas le tueur. Il a été «piégé».

Toujours selon la défense, la tuerie n'est pas un attentat de l'organisation Etat islamique (EI), mais «une exécution ciblée d'agents du Mossad» (le service secret israélien) visant les époux Riva, les deux premiers morts du musée. Une théorie jugée «complotiste» qui indigne les parties civiles.

(nxp/ats)