Bush en Irak

22 décembre 2008 08:16; Act: 22.12.2008 08:22 Print

Procès le 31 décembre du lanceur de chaussures

Le procès du journaliste irakien poursuivi pour avoir lancé ses chaussures sur le président américain George W. Bush se tiendra le 31 décembre, a annoncé lundi à l'AFP le juge chargé de l'instruction.

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«L'enquête est finie et le dossier a été transféré à la cour criminelle centrale d'Irak. Le procès commencera le mercredi 31 décembre. Il se déroulera devant cette cour, en présence des médias», a déclaré le juge Dhiya al-Kenani, joint par téléphone.

Le juge avait d'abord annoncé que le procès aurait lieu «mercredi», soit le 24 décembre, avant de rappeler l'AFP pour préciser qu'il aurait lieu le «mercredi 31 décembre».

«Nous n'avons pas modifié les chefs d'inculpation contre Mountazer al-Zaïdi au terme de l'enquête», a ajouté le juge.

Mountazer al-Zaïdi, un journaliste irakien de 29 ans, est devenu célèbre en lançant ses chaussures le 14 décembre sur George W. Bush lors d'une conférence de presse à Bagdad.

Il est poursuivi pour «agression contre un chef d'Etat étranger lors d'une visite officielle» et selon l'article 223 du code pénal irakien, il risque de 5 à 15 ans de prison si le qualificatif «d'agression caractérisée» est retenu. Mais le tribunal peut estimer qu'il s'agit d'une «tentative d'agression», punie seulement d'un à cinq ans de prison.

«Le fait qu'il n'ait pas atteint sa cible pourrait effectivement jouer en sa faveur, d'autant qu'il n'a pas de casier judiciaire», avait souligné le juge d'instruction jeudi dernier.

Mountazer al-Zaïdi sera jugé par la Cour criminelle centrale d'Irak, qui juge les affaires de terrorisme.

L'avocat de Mountazer al-Zaïdi avait demandé le transfert du dossier à une cour plus classique, mais le juge d'instruction a refusé.

Le journaliste irakien, devenu un «héros» dans une partie du monde, a porté plainte dimanche contre les agents de sécurité du Premier ministre irakien qu'il accuse de l'avoir battu après son arrestation.

«Il a des traces (de coups, ndlr) sur le corps. Il lui manque une dent à la mâchoire supérieure, il a un saignement à l'oeil gauche et de nombreux hématomes», avait affirmé dimanche l'avocat du journaliste, Dhiya al-Saadi.

Selon l'avocat, deux rapports médicaux, établis jeudi et samedi derniers, étayent ses propos.

«Ces blessures sont le résultat de coups et de traitements brutaux dans les heures suivant son arrestation», avait-il ajouté, en précisant qu'il s'agissait de son appréciation personnelle, et non d'une conclusion des rapports médicaux.

Au lendemain de l'incident, dont les images ont fait le tour du monde, un frère du journaliste, Durgham al-Zaïdi, avait affirmé qu'il avait été hospitalisé avec un bras et des côtes cassées après avoir été frappé par les services irakiens de sécurité.

La famille de Mountazer al-Zaïdi occupe depuis vendredi un parc du centre de Bagdad pour demander sa libération.

Dimanche, un de ses frères, Oudaï, a pu pour la première fois le revoir.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki a estimé dimanche que la justice devait «suivre son cours», «même si cela menait à la libération» de Mountazer al-Zaïdi.

Selon Yassine Majid, un conseiller en communication de M. Malaki, le journaliste avait transmis la semaine dernière au chef du gouvernement une lettre d'excuses écrite de sa main pour demander son «pardon».

(afp)