Arabie saoudite

26 novembre 2018 16:35; Act: 26.11.2018 16:44 Print

Record historique de la production de pétrole

Riyad a accepté d'augmenter fortement sa production de pétrole pour freiner l'envolée des cours du brut.

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Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohamed ben Salman et Donald Trump. (Photo: AFP)

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L'Arabie saoudite a porté sa production de pétrole à un niveau record en novembre, a rapporté lundi une source du secteur, alors que le président américain Donald Trump exerce une pression croissante pour que L'OPEP ne réduise pas son offre.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) doit se réunir la semaine prochaine pour tenter d'interrompre la baisse des prix du pétrole, quelques jours après le sommet du G20 en Argentine cette semaine où se retrouveront le président russe Vladimir Poutine, le prince héritier d'Arabie saoudite Mohamed ben Salman, et Donald Trump.

Riyad a accepté d'augmenter fortement sa production en juin, en réponse aux appels de pays consommateurs de pétrole, notamment des Etats-Unis et de l'Inde, pour freiner l'envolée des cours du brut et répondre au risque de pénurie en vue des nouvelles sanctions imposées par Washington contre l'Iran.

Mais cette initiative s'est retournée contre Riyad, Washington ayant accordé de nombreuses dérogations aux sanctions contre Téhéran, ce qui a entraîné une chute des cours du Brent, passé de 85 dollars début octobre à 60 dollars vendredi.

Hausse record

Selon la source du secteur pétrolier, la production saoudienne de pétrole a atteint un record historique de 11,1-11,3 millions de barils par jour (bpj) en novembre.

Ce niveau est en hausse d'environ 0,5 million de bpj, soit 0,5% de la demande mondiale, par rapport à octobre, et supérieur de plus d'un million de bpj à son niveau de début 2018, alors que Riyad réduisait sa production avec le reste de l'OPEP.

La Russie, qui s'est associée à l'OPEP pour mettre en oeuvre la première baisse de production de pétrole depuis 2016, a également fortement augmenté ses extractions ces derniers mois.

Possible rebond

Selon des analystes de Goldman Sachs, l'une des banques les plus actives sur le marché des matières premières, la réunion du G20 pourrait être l'occasion de provoquer un rebond des cours.

«Nous nous attendons à une baisse (de la production) de l'OPEP et que cette annonce débouche sur une reprise des cours (du Brent)», écrit la banque dans une note à ses clients.

Des sources pétrolières saoudiennes ont signalé qu'elles visaient un prix supérieur à 70 dollars le baril et le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, a déclaré que l'offre mondiale de pétrole dépasserait la demande de plus d'un million de bpj l'an prochain, en réclamant une intervention de l'OPEP.

Crise politique

La crise diplomatique autour du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi le mois dernier complique encore la situation. Le prince héritier saoudien, qui a été soutenu par Donald Trump malgré les appels de nombreux politiciens américains à imposer des sanctions contre Riyad, devrait chercher à éviter la confrontation avec Washington, y compris sur le pétrole.

Les Etats-Unis ont appelé l'OPEP à plusieurs reprises à s'abstenir de toute baisse de sa production et ont accentué leur pression ces derniers jours.

Donald Trump s'est attribué dimanche la responsabilité de la baisse des prix de l'or noir et l'a comparée à une réduction d'impôts.

«Formidable que les prix du pétrole baissent (merci président T)», a-t-il dit dans un tweet, en parlant de lui-même. La semaine dernière, le président américain a remercié Riyad dans un tweet pour la récente baisse des cours. «Merci à l'Arabie saoudite, mais allons encore plus bas!», a-t-il dit.

(nxp/ats)