Nantes (F)

17 janvier 2018 13:22; Act: 17.01.2018 22:31 Print

Le projet controversé d'aéroport abandonné

Le gouvernement de l'Hexagone a annoncé renoncer, mercredi, à l'aéroport controversé.

Le site est occupé par plusieurs centaines de protestataires.
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Après des années de controverse, six mois de médiation et une ultime consultation, le gouvernement français a choisi d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, au profit d'un réaménagement de l'actuel aéroport. Les décisions de justice et un référendum local étaient pourtant favorables au projet.

«Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet de Notre-Dame-des-Landes» qui est devenu «l'aéroport de la division», a estimé mercredi le premier ministre Edouard Philippe lors d'une déclaration à la sortie du Conseil des ministres.

L'alternative retenue est d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique qui sera modernisé, a-t-il indiqué. Il a également annoncé le lancement de la procédure pour en rallonger la piste.

«Grande victoire des zadistes»

Matignon avait informé des élus locaux qui ont répercuté la nouvelle les premiers. Philippe Grosvalet, président du syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest et président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique, a dénoncé «une très très mauvaise décision» d'Emmanuel Macron. «C'est la première fois qu'il fait un reniement de sa parole, car il avait dit qu'il ferait l'aéroport.»

La maire socialiste de Nantes Johanna Rolland a fustigé une «trahison». Elle a demandé à être reçue par le président pour discuter de l'avenir du Grand Ouest . «Grande victoire des zadistes», a déploré de son côté le patron des sénateurs Les Républicains et ex-président des Pays de la Loire, Bruno Retailleau.

«C'est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je pense aux anciens de la lutte qui sont partis», s'est pour sa part réjoui Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants au projet.

«Une décision responsable - enfin ! - après un processus de médiation exemplaire», s'est aussi réjoui l'écologiste Yannick Jadot.

Evacuation de la ZAD

Malgré l'abandon du projet, l'exécutif s'est engagé à mettre un terme à la zone de non-droit de la ZAD. Le premier ministre a donné aux squatters jusqu'au printemps pour quitter les lieux d'eux-mêmes. L'expulsion des occupants illégaux de la zone commencera le 30 mars s'ils ne sont pas partis d'ici là, a complété Edouard Philippe.

En réponse, le mouvement anti-aéroport s'est engagé à rouvrir les accès. Il a toutefois refusé toute expulsion. Le mouvement devait donner une conférence de presse mercredi après-midi dans une grange servant de lieu de rassemblement en plein coeur de la ZAD. La zone d'aménagement différée (ZAD), rebaptisée «zone à défendre» par les opposants, s'étend sur 1600 hectares. Elle est actuellement encore occupée par 150 à 200 personnes qui, selon les autorités françaises, en ont fait un «camp retranché».

Des renforts de sept escadrons de gendarmerie mobile, soit plus de 500 hommes, étaient attendus mercredi sur place. Plusieurs compagnies de CRS seront également à Nantes et Rennes afin d'assurer le maintien de l'ordre en cas de manifestations.

Incertitudes persistantes

Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'assurer le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance, face à la saturation attendue de Nantes-Atlantique dans sa version actuelle.

Pour ses opposants, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces «grands projets inutiles», condamnant un beau bout de bocage au nom du développement d'un mode de transport en contradiction avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

L'agrandissement de l'aéroport de Nantes-Atlantique, une option longtemps écartée par les pouvoirs publics, reste toutefois entouré d'incertitudes. Ses partisans assurent qu'il peut être mis sur pied en deux ans, alors que ses opposants affirment qu'«on repart pour dix ans».

Les Français approuvent massivement la décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, selon deux sondages réalisés mercredi après l'annonce de cette décision. Près de trois quarts d'entre eux (74%) sont «favorables» à cette décision, selon un sondage Elabe pour BFMTV, contre 26% qui s'y «opposent».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Bidon le 17.01.2018 14:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo !

    Nétant pas un proche des mouvements qui se sont opposés à cet aéroport, je tiens tout de même à applaudir leur victoire contre cette frénésie du bétonnage, où construire devient plus facile quadapter lexistant. Car sil a été abandonné si rapidement, cest que ce projet nétait pas indispensable.

  • Ouèsava le 17.01.2018 14:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien

    Décision raisonnable. L'aéroport actuel peut être adapté sans difficulté aux hausses prévues du trafic. Pour fixer les idées, il a géré environ 5 millions de passagers en 2017,pendant que Genève, lui aussi mono-piste et proche de la ville, en gérait plus de 15 millions. Nantes Atlantique a bien plus de dégagements que Cornavin.

  • Ralph le 17.01.2018 14:08 Report dénoncer ce commentaire

    Une décision logique

    Le peuple Français a mis au placard les affairistes parasites de l'UMP et la raison fait son retour au sommet de l'Etat français.

Les derniers commentaires

  • Antoine de Fribourg le 17.01.2018 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    Je me réjouis

    En attendant, et juste pour rire, je me réjouis de voir dans quel état les "zadistes" écologistes laisseront ce paradis de nature qu'ils s'étaient donné pour mission de sauver, maintenant que cette mission est accomplie. A moins qu'ils réclament un classement au titre du patrimoine bâti pour leurs barricades de pneus et leurs bidonvilles, qui font si pittoresque dans le bocage.

  • A. E. Roport le 17.01.2018 15:02 Report dénoncer ce commentaire

    Très bonne idée, gouvernement sage !

    Rien de plus à dire; construire un nouvel aéroport là où il y en a déjà un et qui est trois fois moins utilisé que celui de Genève ... en Afrique on appelle ça un éléphant blanc. Magouilles de bétonneurs! Commissions à foison! Ridicule. Le gouvernement a pris une très sage décision. Mais c'est évidemment un domaine moins inextricable que le cade du travail ou les retraites ... N'empêche: on est sur la bonne voie !

  • Ouèsava le 17.01.2018 14:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien

    Décision raisonnable. L'aéroport actuel peut être adapté sans difficulté aux hausses prévues du trafic. Pour fixer les idées, il a géré environ 5 millions de passagers en 2017,pendant que Genève, lui aussi mono-piste et proche de la ville, en gérait plus de 15 millions. Nantes Atlantique a bien plus de dégagements que Cornavin.

    • jojo la bricole le 17.01.2018 14:56 Report dénoncer ce commentaire

      ?c'est logique

      cornavin. c'est sur ...

    • Cyril Arbat le 17.01.2018 23:31 Report dénoncer ce commentaire

      Pas Bien

      La comparaison entre Nantes (agricole/ aucun vol direct ) et la Genève internationale(ville mondialement connue : place financière/économie majeur) est assez cocasse.Utiliser donc le dégagement pour planter des choux.

    • Steve sanders le 17.01.2018 23:36 Report dénoncer ce commentaire

      Ouesava / solution = pas complexe

      5M contre 18M(chiffre 2017), cornavin est une gare. Comparé Nantes et Genève= plus belle blague de l'année.

    • Marcel robert le 17.01.2018 23:45 Report dénoncer ce commentaire

      Ou pas

      De dégagement pour ? Vous surestimer l'écomomie de Nantes qui ne fait pas le poids face à Genf....MDR

  • Faikom Loiseau le 17.01.2018 14:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Groundingue

    Enfin une décision courageuse. C'est quoi ce referendum pour ou contre! A proximité on est contre les nuisances et plus loin on est pour un déenclavement. Un délit de démocratie. Et payer 350 millions d' à Véolia pour leur promo, c'est du vol...sans avions ni aéroport. Personne n'est content mais tout le monde va mieux...

  • Ralph le 17.01.2018 14:08 Report dénoncer ce commentaire

    Une décision logique

    Le peuple Français a mis au placard les affairistes parasites de l'UMP et la raison fait son retour au sommet de l'Etat français.