Pologne

27 juillet 2018 00:26; Act: 27.07.2018 01:37 Print

Protestations contre les réformes judiciaires

Des milliers de Polonais ont manifesté pour protester contre un amendement promulgué par le président Andrzej Duda.

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Les Polonais protestent contre la promulgation d'un amendement destiné à faciliter la nomination du président de la cour suprême. (Photo: AFP)

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Des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi soir dans différentes villes de Pologne pour protester contre la promulgation d'un amendement destiné à faciliter la nomination du président de la cour suprême. Le pays fait l'objet d'une procédure d'infraction de Bruxelles.

Une foule de manifestants s'est rassemblée aux abords du palais présidentiel, en plein centre de Varsovie, en scandant «Honte!». Nombre d'entre eux brandissaient des cierges et des stylos - allusion à la signature apposée un peu plus tôt par le président polonais Andrzej Duda au bas du texte de la mesure législative. «Brisez votre stylo!», suggéraient certains. «Vous finirez en prison!», entendait-on aussi dans la foule.

Des manifestations du même genre ont eu lieu dans une vingtaine de villes du pays. Vingt-trois juges, soit un tiers environ des magistrats de la cour suprême, ont été contraints à prendre leur retraite au début du mois. La présidente de la cour, Malgorzata Gersdorf, a cependant refusé de se retirer, en estimant que son mandat expirait seulement en 2020.

Dizaines de juges démis

Malgorzata Gersdorf, arrivée à la présidence de la cour suprême en 2014, est âgée de 65 ans, soit l'âge auquel les juges ont désormais obligation de prendre leur retraite, mais un expert en droit constitutionnel a affirmé que la magistrate réunissait les conditions pour rester en poste jusqu'à la fin de son mandat de six ans car, dit-il, la loi ne peut pas fonctionner rétroactivement.

Bruxelles, qui a lancé une procédure d'infraction contre la Pologne, accuse le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir de vouloir prendre le contrôle de l'ensemble du système judiciaire et de saper ainsi les principes démocratiques. Varsovie rétorque que ces changements sont nécessaires pour se défaire de pratiques et de manières de penser héritées de l'époque communiste.

Depuis l'arrivée du PiS au pouvoir en 2015, des dizaines de magistrats ont été démis de leurs fonctions au tribunal constitutionnel, au conseil national de la justice (qui décide des nominations au sein de l'appareil judiciaire) et maintenant de la cour suprême.

(nxp/ats)