Corée du Nord

24 juillet 2018 07:02; Act: 24.07.2018 16:36 Print

Pyongyang commence le démantèlement

Selon des experts, le démantèlement d'une base de lancement nord-coréenne qui aurait servi pour des missiles balistiques a débuté. Mais pas assez rapide, selon Washington.

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Le rappel à l'ordre des Etats-Unis, qui ont réclamé vendredi à l'ONU une «pleine application des sanctions» contre la Corée du Nord, illustre leur difficulté à obtenir de réelles avancées sur la dénucléarisation. Or plus d'un mois s'est déjà écoulé depuis le sommet Trump-Kim.

Même la restitution par le régime nord-coréen des dépouilles de soldats américains morts pendant la guerre de Corée (1950-1953), annoncée comme imminente le 12 juin, s'avère plus compliquée à obtenir - Mike Pompeo l'espère maintenant «dans les toutes prochaines semaines».

A ce stade, les seuls résultats concrets du rapprochement entre Washington et Pyongyang sont la suspension des essais nucléaires et balistiques nord-coréens et celle, côté américain, des manoeuvres militaires avec la Corée du Sud, vues comme une «provocation» par le Nord. Bref, le «double gel» longtemps refusé par les Etats-Unis, et des gestes qui restent réversibles à tout moment.

«Si notre objectif reste le démantèlement complet, vérifiable et irréversible du programme nucléaire nord-coréen», réclamé dans les résolutions de l'ONU, «nous ne sommes pas en train d'y parvenir», s'alarme Sue Mi Terry, du Center for Strategic and International Studies. Selon elle, comme pour d'autres observateurs, «non seulement, ils (les Nord-Coréens, NDLR) ne sont pas en train de renoncer à leur programme d'armes nucléaires», mais «ils continuent de travailler pour le faire progresser».

Sanctions plus vraiment appliquées

Critiqué pour n'avoir pas obtenu l'inscription de cet objectif-clé dans la déclaration de Singapour, le gouvernement américain assure que les négociations progressent en vue d'une dénucléarisation «définitive et entièrement vérifiée».

Mais la troisième visite de Mike Pompeo en Corée du Nord, au début juillet, «s'est très mal passée selon tous les comptes rendus, hormis le sien», déplorent Jeffrey Bader et Ryan Hass dans un article de la Brookings Institution. Selon ces experts, le problème est que Donald Trump a déjà «gâché l'essentiel des moyens de pression» pour tordre le bras à Kim Jong-un.

La campagne internationale de «pression maximale», faite de sanctions draconiennes et d'isolement diplomatique, que Washington avait réussi à mettre en place contre Pyongyang est en train de se déliter. «Les sanctions se relâchent», puisque «la Chine ne les applique plus vraiment» et la Russie freine aussi, prévient Sue Mi Terry.

La «pression maximale» sera difficile à remettre en place en l'absence de nouvelles «provocations» nord-coréennes. «Nous n'avons pas vraiment de plan B», s'inquiète Sue Mi Terry. «Il nous en faut un en cas d'échec» des négociations.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Le Justicier le 24.07.2018 11:03 Report dénoncer ce commentaire

    America is the best. Vraiment ?

    Au vu de l'idiocratie qui dirige le monde et de la grandiloquence américaine, comment peut-on encore accepter que certains pays ont le droit au nucléaire, dont Israël et bien entendu les Américains alors que d'autres sont sanctionnés....

Les derniers commentaires

  • Le Justicier le 24.07.2018 11:03 Report dénoncer ce commentaire

    America is the best. Vraiment ?

    Au vu de l'idiocratie qui dirige le monde et de la grandiloquence américaine, comment peut-on encore accepter que certains pays ont le droit au nucléaire, dont Israël et bien entendu les Américains alors que d'autres sont sanctionnés....