Corée du Nord

24 août 2016 00:06; Act: 24.08.2016 03:31 Print

Pyongyang tire un missile depuis un sous-marin

Ce tir intervient alors que les manoeuvres militaires entre Washington et Séoul ont commencé depuis lundi.

storybild

Un précédent tir nord-coréen en avril 2016. (Photo: AFP)

Une faute?

La Corée du Nord a tiré mercredi un missile balistique depuis un sous-marin au large de sa côte orientale, quelques jours après avoir menacé de «frappes préventives» en réponse à des manoeuvres conjointes entre Séoul et Washington.

Le missile a été lancé depuis un sous-marin croisant dans la Mer du Japon vers 5h50, heure de Séoul (20h50 GMT), a indiqué dans un communiqué l'état-major sud-coréen interarmées, précisant que l'engin avait volé sur une distance d'environ 500 km, soit bien plus que lors de précédents essais.

Confirmant le tir d'un missile balistique nord-coréen depuis un sous-marin, l'armée américaine a dénoncé une «provocation», promettant d'en référer aux Nations unies. «C'est la première fois qu'un missile lancé par la Corée du Nord depuis un sous-marin est entré dans la zone d'identification de défense aérienne de notre pays», a déclaré Shinzo Abe, le premier ministre japonais, selon des propos retranscrits sur le site de la chaîne publique NHK. «C'est une sérieuse menace pour la sécurité du Japon, un acte irresponsable qui ne peut être toléré», a-t-il ajouté.

La Chine a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères. «Nous espérons que les tensions ne vont pas s'intensifier et compliquer davantage (la situation)», a déclaré Wang Yi qui participe à des discussions trilatérales (Japon, Chine, Corée du Sud) avec ses homologues à Tokyo.

Fortes tensions

Le tir nord-coréen intervient dans un contexte de fortes tensions, encore exacerbées par le début lundi de manoeuvres annuelles impliquant 50'000 militaires sud-coréens et 25'000 de leurs homologues américains. L'exercice, baptisé «Ulchi Freedom», simule sur ordinateur une attaque nord-coréenne.

Dans son communiqué, l'armée sud-coréenne estime que le nouveau tir de missile de Pyongyang vise à jeter de l'huile sur le feu, représente un «sérieux défi» à la sécurité de la péninsule coréenne et viole des résolutions des Nations unies.

«Nous réagirons avec fermeté et sévérité à toute provocation», ajoute l'armée sud-coréenne dans son communiqué.

Provocation

Séoul et son allié américain assurent que le caractère de ces manoeuvres est purement défensif, mais Pyongyang y voit une provocation, son ministère des Affaires étrangères allant jusqu'à les qualifier d'«acte criminel impardonnable», qui pourrait précipiter la péninsule «au bord de la guerre».

L'Armée populaire coréenne (KPA) s'est dite «complètement prête à lancer des frappes préventives de représailles contre toutes les forces offensives ennemies impliquées».

Après plusieurs mois de tirs nord-coréens de missiles, consécutifs au quatrième essai nucléaire de Pyongyang en janvier, certains experts considèrent que les relations intercoréennes n'ont plus été aussi tendues depuis les années 1970.

Risque de bavure

Si Pyongyang est coutumier des menaces, les experts considèrent que le risque d'une bavure ou d'un incident involontaire -qui pourrait avoir des conséquences militaires dramatiques- est plus élevé du fait de la fermeture ces derniers mois de tous les canaux de communication intercoréenne.

La nervosité a encore été renforcée par une récente vague de défections au Nord, la plus emblématique étant celle du numéro deux de l'ambassade de Corée du Nord en Grande-Bretagne.

Lundi, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye avait mis en garde contre le risque de riposte nord-coréenne après ces défections, estimant «tout à fait possible que la Corée du Nord commette des attentats et des provocations».

Séoul en état d'alerte

Park Geun-Hye avait également affirmé que l'armée sud-coréenne était en état d'alerte et «riposterait vigoureusement» à toute action hostile.

Le nouveau tir de missile par la Corée du Nord intervient alors que les ministres des Affaires étrangères du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud doivent se rencontrer mercredi à Tokyo avec un menu de discussions chargé: Corée du Nord, tensions autour d'îles disputées et du déploiement d'un bouclier antimissile américain.

Ce dispositif antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defence), qui devrait être déployé d'ici la fin de l'année prochaine, a suscité l'ire de Pyongyang et inquiète également Moscou et Pékin.

Série d'avancées nord-coréennes

La Corée du Nord a effectué plusieurs tirs de missiles depuis des sous-marins, dernièrement en avril et en juillet, qui n'avaient pas dépassé 30 km.

Le ministre sud-coréen de la Défense estime que la Corée du Nord pourrait se doter d'ici trois ou quatre ans d'un missile balistique lancé par sous-marin (SLBM) opérationnel, ce qui permettrait à Pyongyang de se projeter au-delà de la péninsule coréenne et de répliquer en cas d'attaque nucléaire.

Alors que les résolutions de l'ONU lui interdisent tout programme nucléaire ou balistique, la Corée du Nord a revendiqué ces derniers mois une série d'avancées dans ces programmes.

De nombreux experts s'accordent à dire que Pyongyang a progressé dans ses efforts pour mettre au point un missile intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

(nxp/afp)