Espagne

24 mai 2019 16:13; Act: 24.05.2019 16:16 Print

Quatre députés catalans élus en prison suspendus

La chambre basse du parlement espagnol a suspendu quatre députés indépendantistes catalans élus depuis leur prison lors des élections législatives d'avril.

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La décision concerne Oriol Junqueras, Jordi Turull, Josep Rull et Jordi Sanchez, a annoncé la présidente socialiste de la chambre, Meritxell Batet, après avoir consulté les juristes de l'institution. Elle a précisé ensuite leur avoir demandé un nouveau rapport sur le seuil de majorité.

Car cette suspension pourrait avoir de lourdes conséquences politiques pour le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez, vainqueur des élections de fin avril mais sans majorité absolue.

Influence sur le vote d'investiture

Si le nombre de députés en fonction est réduit et le seuil de majorité absolue abaissé suite à cette suspension, la reconduction au pouvoir de Pedro Sanchez lors d'un vote d'investiture prévu a priori début juillet serait facilité car il n'aurait pas besoin de l'appui ou de l'abstention des séparatistes catalans.

En revanche, si les députés suspendus peuvent céder leur siège à leur suppléant, Pedro Sanchez aura de nouveau besoin de leur concours pour être investi.

Rébellion et malversation

Les quatre députés sont accusés de rébellion pour avoir organisé un référendum d'autodétermination en dépit de son interdiction par la justice, avant l'éphémère déclaration d'indépendance de la Catalogne en octobre 2017. Oriol Junqueras, Jordi Turull et Josep Rull sont de plus accusés de malversation pour avoir utilisé des fonds publics pour le faire.

Le sénateur catalan Raul Romeva, également accusé de rébellion et malversation, devrait lui aussi être suspendu par le sénat.

Ces élus en détention provisoire, une première en Espagne, étaient sortis brièvement de prison mardi pour prêter serment d'allégeance à la Constitution, sous les applaudissements de leurs partisans. Leurs voix avaient été rendues inaudibles par le vacarme des députés du parti d'extrême droite Vox tapant sur leur pupitre.

Leur procès s'est ouvert devant la Cour suprême en février, la sentence de la Cour est attendue à l'automne.

Candidat aux européennes

Oriol Junqueras, ancien vice-président du gouvernement régional catalan et chef du parti Gauche républicaine catalane (ERC), est également candidat aux élections européennes à la tête d'une liste qui comprend les indépendantistes basques de EH Bildu et les nationalistes galiciens.

Son grand rival Carles Puigdemont, ex-président du gouvernement catalan qui s'est établi en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires en Espagne, est lui aussi candidat aux européennes à la tête d'une liste d'indépendantistes catalans. Tous deux espèrent être élus députés européens pour pouvoir dénoncer au parlement européen l'Etat espagnol qu'il accusent de ne pas être démocratique.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Fesseur Pro le 24.05.2019 16:48 Report dénoncer ce commentaire

    Triste pays, triste spectacle

    L'Espagne s'enfonce dans la crise institutionnelle et l'illégalité. C'est une désolation, et le roi est incapable de jouer son rôle qui est de maintenir la paix, la sérénité et la prospérité dans tout le pays. Lamentable spectacle là où on aimerait voir de la grandeur d'âme.

  • démocratie le 24.05.2019 16:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas ?

    Décidément le mot "démocratie" ne fait pas partie du vocabulaire européen.

  • Armanb le 25.05.2019 00:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Condamnation sévère s'il vous plaît.

    Dans n' importe quel pays ils seraient en prison depuis longtemps .....LES TRAÎTRES PRISON À VIE.

Les derniers commentaires

  • Jura Libre le 25.05.2019 01:34 Report dénoncer ce commentaire

    Espagne moribonde

    Franco ne ferait pas mieux!!

  • Armanb le 25.05.2019 00:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Condamnation sévère s'il vous plaît.

    Dans n' importe quel pays ils seraient en prison depuis longtemps .....LES TRAÎTRES PRISON À VIE.

  • Soon le 24.05.2019 22:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste spectacle, triste nouvelle?

    On croit rêver lorsqu'on lit les commentaires. Ces politiciens sont en prison préventive certes, mais pour avoir bafoué les lois. Quel autre pays européen permet que ses concitoyens votent des politiciens en prison. Puigdemont, fugitif, sera élu prochainement aux élections européennes, pour la simple raison qu'il obtiendra un salaire d'environ 7'000 euros et certainement l'immunité. Un scandale. L'Espagne fait partie des 10 meilleures démocraties (The Economist). Arrêtons d'écouter les séparatistes catalans qui ne font que dénigrer leur pays pour obtenir leur but à n'importe quel prix.

  • Pascal le 24.05.2019 20:14 Report dénoncer ce commentaire

    Un pas avant et deux en arrière

    Cette Espagne est franchement désolante et d'un rétrograde affligeant. Triste image d'un magnifique pays.

    • Ramiro le 24.05.2019 23:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pascal

      En quoi est-ce rétrograde de vouloir faire appliquer les lois? Je ne comprends pas ce genre de commentaire. Ils ne sont pas emprisonnés pour être indépendantistes, sinon dans ce cas tous les membres du parti seraient emprisonnés, mais parce que les lois n'ont pas été respectées. Si les lois ne leurs conviennent pas qu'ils les fassent changer c'est pour ça qu'ils étaient élus. N'est ce pas cela la démocratie ?

    • Johnson le 25.05.2019 09:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Ramiro

      Pour votre information le droit des peuples à disposer d'eux mêmes est un droit international, qui prime sur le droit national espagnol. Il est illégal d'empêcher le peuple catalan de voter et élire qui il veut.

  • Jacquouiille le 24.05.2019 17:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste nouvelle...

    C'était le bonne endroit pour faire de la politique et pouvoir enfin dialoguer. Malheureusement ce n'est pas le cas, alors qu'ils ont été élu démocratiquement. Le dialogue aurait pu reprendre mais l'Espagne a choisi de continuer la répression