Catalogne

09 juillet 2018 04:28; Act: 09.07.2018 04:31 Print

Quim Torra, un indépendantiste radical

Le chef du gouvernement espagnol reçoit lundi le président indépendantiste catalan Quim Torra pour apaiser les tensions.

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«Grève générale» et manifestation massive: les indépendantistes catalans convergaient vers Barcelone pour ce qui s'annonce comme le point d'orgue de leur mobilisation contre la condamnation de leurs dirigeants par la justice espagnole. (18 octobre 2019) L'ex-président catalan Carles Puigdemont s'est présenté volontairement devant la justice belge qui a décidé de le maintenir en liberté sous contrôle judiciaire (18 octobre 2019) Un policier déplace une barricade mise en place par des manifestants sur l'autoroute à Barcelone vendredi matin. (19 octobre 2019) Après plusieurs nuits de violences en Catalogne, les indépendantistes ne relâchent pas la pression en amont d'une journée de «grève générale» vendredi. (18 octobre 2019) Quatrième jour de paralysie en Catalogne ce jeudi 17 octobre 2019. Manifestants et forces de l'ordre se sont violemment affrontés pour une troisième soirée consécutive mercredi soir en Catalogne. (16 octobre 2019) Quarante-mille personnes ont manifesté à Barcelone et 9'000 à Gérone. (mardi 15 octobre 2019) Les indépendantistes jugés pour la sécession de Catalogne sont condamnés par la Cour suprême espagnole. Neuf prennent des peines allant de 9 à 13 ans de prison. L'ex-vice-président régional catalan Oriol Junqueras (photo) a écopé de 13 ans de prison. (Lundi 14 octobre 2019) Protester clash with Catalan regional police 'Mossos D'Esquadra' officers during a protest in Barcelona on October 15, 2019, as Catalonia geared up for more upheaval a day after thousands of pro-independence activists stormed Barcelona airport in an angry response to Spain's jailing of nine of its leaders following a failed secession bid. (Photo by Pau Barrena / AFP) Huit responsables policiers espagnols ont été mis en examen pour leur responsabilité présumée dans les violences policières ayant émaillé le référendum catalan en 2017. (Jeudi 5 septembre 2019) Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a défié le chef du Parlement européen. (Jeudi 27 juin 2019) Après quatre mois d'audiences, le procès historique de 12 indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 s'achève. Le jugement sera connu d'ici plusieurs mois. (Mercredi 12 juin 2019) L'avocat de l'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras a assuré mardi que son client n'avait pas commis de délit de rébellion, alors que le procès s'achève mercredi. (Mardi 11 juin 2019) Cinq indépendantistes catalans incarcérés, élus aux dernières législatives, sont sortis temporairement de prison mardi pour prêter serment comme parlementaires tout en promettant fidélité à leur cause. (Mardi 21 mai 2019) Carles Puigdemont a fait appel jeudi de l'interdiction qui lui a été faite de se présenter aux élections européennes du 26 mai. (Jeudi 2 mai 2019) Des milliers de militants pour l'indépendance de la Catalogne ont défilé samedi à Madrid pour dénoncer le procès de leurs dirigeants jugés pour la tentative de sécession de l'Espagne en 2017 et réclament un référendum d'autodétermination. (Samedi 16 mars 2019) L'ancien dirigeant catalan Carles Puigdemont est candidat pour les élections européennes de fin mai. Il a été choisi samedi pour être tête de liste d'un parti séparatiste catalan. (Dimanche 10 mars 2019) L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy témoigné au procès des ex-dirigeants séparatistes, les accusant d'avoir voulu «liquider la souveraineté nationale». (Mercredi 27 février 2019) Jeudi en fin de journée, près de 40'000 personnes ont manifesté à Barcelone pour protester contre le procès des dirigeants catalans. (21 février 2019) Des dizaines de milliers de manifestants sur le Paseo de Gracia de Barcelone. (21 février 2019) Les manifestants étaient nombreux à Barcelone ce jeudi 21 février pour protester contre le procès de 12 ex-dirigeants politiques et associatifs. (21 février 2019) Plus de 200'000 manifestants ont défilé à Barcelone contre le procès des indépendantistes. (Samedi 16 février 2019) Le principal accusé au procès des indépendantistes catalans, l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras (photo), a annoncé jeudi qu'il refuserait de répondre aux questions de l'accusation. (14 février 2019) Les Catalans de Suisse sont mobilisés mardi soir contre le procès des dirigeants indépendantistes qui a débuté en Espagne. (13 février 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Barcelone, dénonçant le procès qui s'est ouvert à Madrid de dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne. (Mardi 12 février 2019) Le procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans a commencé ce mardi à Madrid. (12 février 2019) Le procès des indépendantistes catalans s'est ouvert à Madrid ce mardi 12 février 2019. Les indépendantistes catalans arrivent au tribunal dans un fourgon de la police. (12 février 2019) Le procès contre douze dirigeants indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 commencera le mardi 12 février, a indiqué le parquet espagnol. (Vendredi 1 février 2019) Après des semaines de tensions, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a renoué un dialogue «effectif» jeudi avec le gouvernement séparatiste catalan. (20 décembre 2018) L'ancien président catalan Carles Puigdemont et cinq leaders indépendantistes en attente de jugement ont déposé une plainte devant le Comité des droits de l'Homme de l'ONU. (Jeudi 20 décembre 2018) Le gouvernement espagnol a averti les autorités séparatistes de Catalogne qu'il reprendrait en main le maintien de l'ordre dans la région si elles n'étaient pas capables de l'assurer. (Mardi 11 décembre 2018) Un an après avoir menacé l'unité de l'Espagne avec une tentative de sécession, l'ancien président catalan Carles Puigdemont tente depuis son exil de rassembler tous les séparatistes derrière lui. (Samedi 27 octobre 2018) Le parlement catalan a voté une résolution visant à abolir la monarchie en Espagne, provoquant l'ire du pouvoir central. (Jeudi 11 octobre 2018) La commémoration du premier anniversaire du référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par Madrid s'est terminée par des incidents entre la police régionale et les séparatistes. (Mardi 2 octobre) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. Ici sur la capture écran d'un tweet l'on peut observer la gare de Gérone complètement bloquée au petit matin ce lundi. (1er octobre 2018) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. (1er octobre 2018) Un an après une opération de police musclée, des milliers de manifestants indépendantistes ont défilé jeudi soir à Barcelone. (20 septembre 2018) La police catalane est accusée d'agir de façon «arbitraire» contre les personnes retirant les rubans jaunes indépendantistes. (Lundi 27 août 2018) Puigdemont est à nouveau à Bruxelles. Il promet de continuer à défendre la juste cause du peuple catalan. (28 juillet 2018) Arrêté en mars en Allemagne à la frontière, Carles Puigdemont va retourner en Belgique samedi après l'annulation des mandats d'arrêt européens par Madrid. (Mercredi 25 juillet 2018) Le mandat d'arrêt européen contre l'ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati a été formellement levé lundi par un tribunal d'Édimbourg après la décision la semaine dernière de la Cour suprême espagnole de renoncer à cette procédure. (lundi 23 juillet 2018) Le juge chargé de l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne en octobre dernier a retiré jeudi les mandats d'arrêt internationaux contre l'ex-président catalan Puigdemont. Cinq dirigeants indépendantistes ayant fui à l'étranger sont aussi concernés. (19 juillet 2018) Le chef du gouvernement espagnol reçoit lundi le président du parti socialiste catalan Miquel Iceta pour apaiser les tensions. (Lundi 9 juillet 2018) Le gouvernement espagnol a donné son feu vert à l'entrée en fonction du nouveau gouvernement indépendantiste catalan de Quim Torra. Ce dernier n'inclut plus de «ministres» incarcérés ou exilés, condition indispensable à la levée de la tutelle imposée à la Catalogne. (1er juin 2018) Le premier Ministre Mariano Rajoy ne devrait pas survivre à une motion de censure vendredi. Celui qui a combattu l'indépendance de la Catalogne devrait tomber après une alliance entre la gauche, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans. (1er juin 2018)

Une faute?

Le président indépendantiste catalan Quim Torra, novice en politique désigné comme successeur par Carles Puigdemont, est un activiste de l'aile dure séparatiste à qui revient la lourde tâche de trouver un terrain d'entente avec le nouveau gouvernement espagnol de Pedro Sanchez.

Il y a à peine un mois et demi, alors que M. Torra venait d'être nommé, M. Sanchez, qui n'avait pas encore évincé Mariano Rajoy du pouvoir grâce à une motion de censure, décrivait son interlocuteur de lundi - qu'il reçoit pour une réunion destinée à apaiser les tensions-, comme le «Le Pen de la politique espagnole».

Le futur chef du gouvernement avait en tête une série de tweets et d'écrits de M. Torra ces dernières années très offensifs contre les Espagnols. Depuis son investiture, l'ombre d'un nationalisme excluant poursuit Quim Torra, accusé par ses détracteurs de se comporter davantage comme un activiste que comme un président régional, et de rendre des comptes à Puigdemont, qu'il appelle constamment et auquel il a déjà rendu visite deux fois en Allemagne.

«Homme de paille»

«Vive la Catalogne libre !» a lancé après son élection par 66 voix contre 65 ce père de trois enfants, qui a promis de travailler «sans relâche» à la construction d'une République indépendante.

Cet indépendantiste pur et dur a reconnu lui-même que son mandat n'était que «provisoire», jusqu'à l'éventuel retour de Carles Puigdemont qui attend en Allemagne que la justice se prononce sur une demande d'extradition de Madrid. D'où les épithètes de «pantin», «homme de paille» et «marionnette» que lui a décernés la presse espagnole.

Depuis son arrivée au pouvoir, M. Torra participe fréquemment aux manifestations indépendantistes et a fait installer sur le fronton du gouvernement régional un grand ruban jaune, symbole réclamant la libération des anciens dirigeants indépendantistes en détention provisoire, qu'il est allé voir en prison.

Il n'a pas hésité à qualifier la situation en Catalogne de «crise humanitaire» et à comparer l'histoire de la région à celle des Arméniens, victimes d'un génocide au début du XXe siècle.

«Suprématiste»

Même s'il n'a pas réactivé la vaine déclaration d'indépendance d'octobre dernier, il plaide pour un «nouveau premier octobre» en référence au référendum d'autodétermination illégal organisé ce jour là l'an dernier par le gouvernement séparatiste. «Nous devons créer un autre 1er octobre» afin d'arriver «à l'indépendance de mon pays et de rendre effective cette République», a-t-il déclaré.

«Torra est un dogmatique, un radical plus radical que Puigdemont», affirme le politologue Fernando Vallespin, de l'Université autonome de Madrid. Après une décennie d'activisme pour l'indépendance de la Catalogne, notamment à la direction des puissantes associations ANC et Omnium Cultural, Quim Torra a été élu en décembre député régional de l'hétérogène liste de Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne.

Le ton aimable et posé de cet homme à la forte carrure, large front dégarni au dessus de lunettes épaisses, contraste avec ses écrits récupérés par l'opposition, qui le traite de «suprématiste» et d'«ultranationaliste» catalan.

Carrière à Winterthur

Dans une série d'articles en ligne, il traitait ainsi l'Espagne de «pays exportateur de misère» et qualifiait de «charognards, vipères et hyènes» ceux qui ne défendent pas comme lui la culture et la langue catalane.

Les Espagnols, qu'il présente comme des «occupants», «ne savent que spolier», avait-il tweeté en 2012. Les tweets avaient depuis été effacés mais conservés par ses adversaires. «Je regrette que des tweets sortis de leur contexte, visant le gouvernement espagnol, aient pu offenser quelqu'un», a-t-il répondu.

Natif de la ville catalane de Blanes, sur la touristique Costa Brava, Quim Torra a fait une longue carrière au sein de la compagnie d'assurances suisse Winterthur, avant de fonder en 2008 la maison d'édition A Contra Vent, spécialisée dans la récupération de textes de journalistes catalans de la Seconde république espagnole (1931-1939) et de l'exil pendant la dictature de Francisco Franco.

Il a dirigé jusqu'en 2015 le Centre culturel du quartier barcelonais El Born, qui présente les ruines des remparts de Barcelone, prise par les troupes royalistes en 1714 lors d'une guerre de succession, comme la preuve de la perte d'«indépendance» de la région.

(nxp/afp)