Afrique

12 janvier 2019 05:03; Act: 12.01.2019 06:54 Print

RDC: les pro-Kabila gardent l'Assemblée

Les partis pro-Kabila dépassent le seuil des 250 sièges sur 500 au total à l'Assemblée nationale.

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Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi 24 janvier 2019) Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila (Jeudi 24 janvier 2019 La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019) L'Union africaine a prié jeudi la RDC de suspendre la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle. (17 janvier 2019) Battus à la présidentielle, la majorité favorable au président Joseph Kabila et ses alliés gardent la majorité à l'Assemblée nationale. (Samedi 12 janvier 2019) Martin Fayulu au milieu de ses partisans. Il exige le «recomptage des voix». Son camp revendiquait une victoire à 61%. (Vendredi 11 janvier 2019) La victoire de l'opposant Félix Tshisekedi a été contestée par une partie de l'opposition et par l'Eglise, et déjà marquée par le sang. (Jeudi 10 janvier 2019) Victoire de Félix Tshisekedi célébrée à Kinshasa. (10 janvier 2019) Un partisan de Félix Tshisekedi laisse exploser sa joie. (10 janvier 2019) Victoire de Félix Tshisekedi célébrée à Kinshasa. (10 janvier 2019) La Céni a proclamé dans la nuit l'opposant Félix Tshisekedi vainqueur provisoire de la présidentielle en RDC. (Jeudi 10 janvier 2019) La Commission électorale congolaise a affirmé que les résultats de la présidentielle seraient annoncés d'ici «24 à 48 heures». (Mardi 8 janvier 2018) L'abbé Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la conférence des évêques catholiques de la RDC, a relevé des anomalies dans le dépouillement.(Lundi 31 décembre 2018) Le comptage manuel des voix se poursuivait dans des bureaux de vote. (Lundi 31 décembre 2018) A Kisangani, le dépouillement a duré toute la nuit, avec des observateurs dormant à même le sol d'un bureau de vote. (Lundi 31 décembre 2018) Des files d'attente devant les bureaux de vote. Trois fois reportées, ces élections générales à un tour doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en janvier 2001. (Lundi 31 décembre 2018) A Kinshasa, la présence de la police devant un bureau de vote témoigne des tensions Félix Tshisekedi (à droite) avec son allié Vital Kamerhe (à gauche) lancent la campagne électorale pour la présidentielle prévue le 23 décembre. (Mardi 27 novembre 2018) Jean-Pierre Bemba Gombo, acquitté il y a une semaine par la Cour pénale internationale (CPI), a rallié la Belgique pour y rejoindre sa famille. (Vendredi 15 juin 2018) La Cour pénale internationale (CPI) a acquitté en appel vendredi l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, condamné à 18 ans de prison en première instance. (Vendredi 8 juin 2018) La Cour pénale internationale (CPI) rend son arrêt en appel vendredi contre Jean-Pierre Bemba, reconnu responsable d'une vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique. (Vendredi 8 juin 2018) La Cour pénale internationale a fixé vendredi à 10 millions de dollars le montant des réparations collectives destinées aux enfants-soldats forcés à combattre dans la milice de l'ex-chef de guerre congolais Thomas Lubanga. (Vendredi 15 décembre 2018) Des enfants-soldats à l'entrainement en RDC en 2013. Aujourd'hui, adultes, ils réclament des indemnisations auprès de la Cour pénale internationale. (Jeudi 14 décembre 2018) L'ex-chef de guerre Thomas Lubanga a été condamné à 14 ans de prison. Il avait été reconnu coupable en 2012 d'avoir enrôlé des enfants. Certains avaient à peine âgés de onze ans. (Jeudi 14 décembre 2018) Les autorités congolaises ont découvert 26 corps de personnes tuées, selon l'armée congolaise, le 7 octobre dans l'est de la RDC dans une attaque attribuée aux rebelles musulmans ougandais. (Dimanche 15 octobre 2017) L'opposition congolaise a accuséJoseph Kabila de «forfaiture», alors que la communauté internationale continue de réclamer la publication d'un calendrier électoral. (Jeudi 12 octobre 2017) La commission électorale chargée d'organiser le scrutin visant à désigner un successeur à Joseph Kabila a annoncé qu'elle aurait besoin d'un délai de 504 jours après la fin du recensement. (Mercredi 11 octobre 2017) Des violences ont éclaté ce lundi à Kinshasa, tuant au moins douze personnes par des «balles perdues», selon la police nationale. (Lundi 7 août 2017) De terribles violences et des exécutions sauvages ont touché plus de 250 personnes au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo. Parmi les victimes, figurent 62 enfants, dont trente avaient moins de huit ans. (4 août 2017) De terribles violences et des exécutions sauvages ont touché plus de 250 personnes au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo. Parmi les victimes, figurent 62 enfants, dont trente avaient moins de huit ans. (4 août 2017) Enlevés le 12 mars, les corps de Zaida Catalan et de Michael Sharp ont été retrouvés. Selon l'ONU, ils seraient tombés dans un guet-apens (Mardi 18 juillet 2017) (Archives) Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l'unanimité vendredi 31 mars 2017 une réduction de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco). Elle a été assortie d'un avertissement au président Joseph Kabila avant les élections prochaines. La police congolaise accus une rébellion d'avoir massacré 39 de ses agents au Kasaï. Une accusation qui survient à deux jours d'un vote prévu à l'ONU sur le renouvellement du mandat de la Monusco. (Lundi 27 mars 2017) Félix Tshisekedi, fils du vieil opposant décédé, a été désigné comme président du Rassemblement de l'opposition. (Jeudi 2 mars 2017) Sud-ouest de la République démocratique du Congo: affrontements meurtriers entre policiers et adeptes de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo, dirigée par Ne Muanda Nsemi (photo). (4 février 2017). Etienne Tshisekedi, (ici en juillet 2016), est mort à Bruxelles à l'âge de 84 ans. Le décès de l' opposant historique intervient en pleines négociations politiques destinées à permettre un régime de transition à la suite du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. (Mardi 1er février 2017) Etienne Tshisekedi (ici en juillet 2016) a quitté Kinshasa pour Bruxelles alors que son parti négocie avec la majorité soutenant le président Joseph Kabila un partage du pouvoir jusqu'à la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo (Mardi 23 juillet 2017) La majorité au pouvoir et l'opposition en République démocratique du Congo (RDC) sont parvenues in extremis samedi à conclure un accord de cogestion du pays jusqu'à l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila sous sous la médiation des évêques comme Fridolin Ambongo. (1er janvier 2017) Le président Joseph Kabila restera au pouvoir jusqu'à la fin de l'année prochaine. (Vendredi 23 décembre 2016) (Image d'archives) De nombreux affrontements meurtriers ont éclaté en République démocratique du Congo. Il y aurait au moins 34 morts selon une ONG et 22 d'après le gouvernement. (22 décembre 2016) Le nouveau Premier ministre congolais a appelé la population de la République démocratique du Congo «au calme» et les forces de l'ordre «à la retenue», mardi, peu avant sa prise de fonctions dans un climat explosif marqué par la contestation du pouvoir du président Joseph Kabila. (20 décembre 2016) La situation politique bloquée depuis des semaines en République démocratique du Congo a semblé s'éclaircir avec la perspective de négociations de la dernière chance en vue de trouver une solution pacifique à la crise qui mine le pays. (Mercredi 7 décembre 2016) Le député de l'opposition Samy Badibanga a été nommé premier ministre par Joseph Kabila. (Jeudi 17 novembre 2016) L'accord politique signé entre Samy Badibanga et Joseph Kabila a été rejeté par l'opposant historique Étienne Tshisekedi (Jeudi 17 novembre 2016) Une grenade a explosé à Goma, en République démocratique du Congo, faisant une victime, une fillette, et 31 blessés, des Casques bleus (Photo d'illustration). (Mardi 8 novembre 2016) Près de 300 soldats et policiers de la MONUSCO ont été transférés de l'est du pays vers la capitale. (Mardi 18 octobre 2016) L'élection présidentielle a été reportée au mois d'avril 2018. L'opposition dénonce cette décision qui prolonge de facto le mandat de Joseph Kabila (ici au centre) (Lundi 17 octobre 2016) Le «Rassemblement» de l'opposition congolaise a appelé «à observer une journée ville morte» le 19 octobre pour pousser Kabila à partir à la fin de son mandat le 20 décembre. (Samedi 15 octobre 2016) Les Etats-Unis ont ordonné aux familles du personnel diplomatique américain en poste en RDC de quitter le pays en raison d'une recrudescence des violences. (Jeudi 29 septembre 2016) De nombreuses personnes ont été tuées jeudi et vendredi dans des troubles à Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo, (24 septembre 2016) Heurts à Kinshasa (RDC), le 23 septembre 2016. Les militants de l'opposition s'en prennent à un homme qu'ils suspectent d'être un espion du régime. Un calme précaire à Kinshasa après deux jours d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et jeunes en colère contre le pouvoir du président congolais Joseph Kabila. (Mercredi 21 septembre 2016) Le siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social a été incendié mardi matin à Kinshasa. (Mardi 20 septembre 2016) A l'image des personnes tuées durant la manifestation. (Lundi 19 septembre 2016) L'opposition congolaise s'en prend à un poster du président Joseph Kabila lui demandant de ne pas se représenter aux prochaines élections. (Lundi 19 septembre 2016) L'opposition at appelé à manifester dans tout le pays pour signifier à M. Kabila son 'préavis' Les bilans des heurts: 17 morts pour le pouvoir contre plus de 50 pour le 'Rassemblement' de l'opposition. (Lundi 19 septembre 2016) On voit ici le président Jospeh Kabila le 30 juin 2016, lors des festivités de l'indépendance. La Constitution congolaise lui interdit de se représenter mais il ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir. L'armée s'est déployée dans la capitale congolaise Kinshasa, L'arrestation d'un opposant à Kinshasa. (Lundi 19 septembre 2016) L'arrestation d'un opposant à Kinshasa. (Lundi 19 septembre 2016)

Une faute?

Sur le papier, les élections congolaises continuent de livrer des résultats hors-normes: la République démocratique du Congo s'achemine vers une cohabitation sans précédent entre un président issu de l'opposition et le pouvoir sortant qui garde la majorité au Parlement.

Deux jours après avoir proclamé la victoire historique d'un opposant, Félix Tshisekedi, à l'élection présidentielle à un tour, la Commission électorale a donné les résultats des législatives qui donnent la majorité à l'Assemblée nationale aux alliés de l'actuel président Joseph Kabila.

Cela veut dire que le Premier ministre de M. Tshisekedi devra être choisi parmi les forces fidèles à son prédécesseur. Le chef du gouvernement est issu de la majorité parlementaire dans ce régime semi-présidentiel.

Après une alternance rarissime en Afrique centrale, une «cohabitation» tout aussi inouïe au sommet de l'Etat? Donné perdant, l'autre opposant Martin Fayulu dénonce de manière bien plus classique des fraudes dans les résultats. Il doit saisir la Cour constitutionnelle ce samedi matin.

«Totalement complice»

Officiellement arrivé deuxième à la présidentielle, M. Fayulu revendique la victoire avec 61% des suffrages. Il accuse M. Kabila d'avoir orchestré un «putsch électoral» avec M. Tshisekedi, «totalement complice».

Trois fois retardées, les élections présidentielle, législatives et provinciales ont eu lieu le 30 décembre pour désigner le successeur du président Kabila, au pouvoir depuis 18 ans. A la présidentielle à un tour, M. Tshisekedi est arrivé en tête avec 38,57% des voix, devant Martin Fayulu (34,8%), très loin devant le «dauphin» de M. Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary (23%), selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

A l'Assemblée, les forces favorables au président sortant Kabila dépassent déjà le seuil des 250 sièges sur 500 au total, d'après un premier décompte de l'AFP à partir du résultat de la même Céni. La Céni n'a donné le nom que de 485 députés, car les élections de 15 d'entre eux ont été reportées dans trois régions (Beni, Butembo et Yumbi).

Les résultats peuvent encore s'affiner

Sur ces 485 députés, l'AFP a pu retracer l'appartenance politique de 429 d'entre eux: entre 261 et 288 sont affiliées à la coalition pro-Kabila Front commun pour le Congo (FCC).

Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) du président sortant Kabila obtient ainsi 48 sièges. Son parti-satellite PPPD du ministre de l'Intérieur Henri Mova compte 20 députés.

La coalition Cap pour le changement (Cach) de Félix Tshisekedi n'obtient que 46 sièges: 32 pour l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de M. Tshisekedi, et 14 pour l'Union pour la nation congolaise (UNC) de son allié Vital Kamerhe.

La coalition Lamuka de M. Fayulu obtient plus de sièges (94) que celle de M. Tshisekedi. Ces résultats peuvent encore s'affiner. Mais M. Kabila gardera le contrôle de l'Assemblée où ses amis étaient déjà majoritaires. Il doit lui-même devenir sénateur à vie, d'après la Constitution.

«Le président proclamé élu sera le président de la RD Congo, avec tous les pouvoirs pour appliquer son programme», a promis M. Kabila dans un entretien à Jeune Afrique donné avant la proclamation des résultats. «Si M. Tshisekedi devient le président, c'est sur un strapontin qu'il va s'asseoir. Il sera le faire-valoir de Kabila qui continuera à tirer les ficelles», accuse de son côté Martin Fayulu.

«Partenaire»

«M. Tshisekedi et le président discutent depuis 2015 !», a ajouté l'opposant qui revendique la victoire. Les partisans de MM. Kabila et Tshisekedi n'avaient pas démenti leur «rapprochement» ces derniers jours.

«Je rends hommage au président Joseph Kabila. Aujourd'hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l'alternance démocratique dans notre pays», a lui-même déclaré M. Tshisekedi tout juste proclamé vainqueur. Un accord existerait entre les deux camps, d'après plusieurs sources.

Cet accord garantirait à M. Kabila une majorité au Parlement et un droit de regard sur des postes stratégiques (Défense, Finances, gouverneur de la Banque centrale), d'après une source congolaise. Par ailleurs, «la révocation ou la permutation des commandants des grandes unités de l'armée et de la police ne peuvent s'opérer sans l'avis de Kabila», d'après cette source à l'AFP.

Enfin, le président Kabila resterait dans l'actuel palais présidentiel et le nouveau président devrait habiter dans l'actuelle résidence réservée au Premier ministre. Un observateur étranger a fait état de la même information.

L'investiture du nouveau président est annoncée pour le mardi 22 janvier, après la proclamation définitive des résultats de la Cour constitutionnelle. Les élections congolaises sont suivies de près à l'étranger où de nombreuses voix appellent toutes les parties à la retenue. Au moins cinq personnes ont été tuées dans la contestation des résultats à Kikwit, un fief de M. Fayulu où un couvre-feu a été décrété.

(nxp/afp)