Espagne

21 juillet 2018 14:47; Act: 21.07.2018 16:38 Print

Rajoy remplacé à la tête du «PP» par un jeune député

Le Parti populaire espagnol a choisi le remplaçant de Mariano Rajoy. Un changement sous forme de rajeunissement avec le choix de Pablo Casado, âgé de 37 ans.

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Groggy après la chute de Mariano Rajoy début juin, le Parti Populaire espagnol (PP, droite) a élu samedi comme nouveau chef Pablo Casado. Ce député de 37 ans marque un virage à droite et un changement de génération pour la formation conservatrice.

M. Casado a recueilli 1701 voix (57,2%) de grands électeurs du parti contre 1250 (42%) pour sa rivale Soraya Saenz de Santamaria, a annoncé Ana Pastor, grande figure du PP et présidente de la chambre des députés.

«Une nouvelle étape commence aujourd'hui» pour le PP qui va «tenter de reconquérir le coeur de tous les Espagnols après les semaines si difficiles que nous avons dû vivre», a déclaré M. Casado, ovationné par les membres de sa formation. «Le Parti populaire est de retour» et «nous sommes disposés à gouverner une nouvelle fois cette société», a ajouté le nouveau chef de la droite.

Virage à droite

«Nous sommes un parti honnête, il n'y a pas de place ici pour un seul corrompu», a promis Pablo Casado lors de son dernier discours avant le vote samedi matin. Licencié en droit, Casado, a placé sa campagne sous le signe du virage à droite, rappelant son admiration pour l'ex-président colombien Alvaro Uribe.

Il a fustigé la «démagogie» du nouveau gouvernement socialiste qui a accueilli les migrants de l'Aquarius, s'est élevé contre la légalisation de l'euthanasie voulue par la gauche, a plaidé pour la baisse des impôts sur le revenu et les sociétés et prôné une grande fermeté face aux séparatistes catalans.

Au ton rude, la campagne a été ternie par deux vidéos anonymes attaquant chacun des finalistes, qui ont en outre été incapables d'organiser un débat face-à-face. Soraya Saenz de Santamaria, ancienne numéro deux du gouvernement Rajoy, a reconnu sa défaite. Celle qui représentait la continuité, avait pourtant recueilli le 5 juillet le plus de voix parmi les militants, lors de primaires inédites au sein du parti. Mais Pablo Casado aura bénéficié de l'appui décisif de l'ancienne ministre de la Défense et numéro deux du parti, María Dolores de Cospedal, arrivée troisième le 5 juillet.

Rajoy coulé

Président du parti depuis 2004 et à la tête du gouvernement espagnol depuis 2011, M. Rajoy, 63 ans, a été brutalement éjecté du pouvoir le 1er juin. Il a été coulé par la condamnation de son parti dans un méga-procès pour corruption.

Ce scandale avait permis au socialiste Pedro Sanchez de faire adopter une motion de censure et de se hisser à la tête de l'exécutif avec le soutien du parti de gau che radicale Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques. Figure centrale de la vie politique espagnole depuis près de quinze ans, M. Rajoy avait annoncé son retrait de la vie politique quelques jours plus tard sans désigner de dauphin. Elections en vue M. Casado devra désormais recomposer un parti qui a perdu trois millions d'électeurs entre les législatives de 2011, où Rajoy avait obtenu la majorité absolue, et celles de 2016.

Beaucoup d'entre eux, écoeurés par les multiples scandales de corruption ayant éclaboussé le PP ces dernières années, se sont tournés vers le petit parti libéral Ciudadanos, grand rival du PP au centre-droit. Le PP devra en tout cas se mettre rapidement en ordre de bataille: des scrutins municipaux, régionaux et européens l'attendent dès mai 2019

(nxp/afp)