Rapport

25 février 2019 19:10; Act: 25.02.2019 19:52 Print

Réchauffement climatique: on avait oublié les nuages

Une étude américaine envisage que les nuages disparaissent avec la hausse des températures. Or, ces stratocumulus forment un rempart dont on a oublié de tenir compte.

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Photo d'illustration. (Photo: AFP)

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Surplombant les océans, les nuages de basse altitude refroidissent l'atmosphère en réfléchissant les rayons du soleil vers l'espace. Mais un triplement de la concentration de CO2 dans l'atmosphère pourrait les faire disparaître et faire grimper en flèche le thermomètre, avertissent lundi des scientifiques.

Les stratocumulus couvrent environ 20% de la surface des océans dans les zones tempérées du globe et se trouvent en particulier dans les parties Est des océans, par exemple le long de la Californie, du Mexique et du Pérou.

Leur disparition entraînerait un réchauffement «d'environ huit degrés Celsius, qui s'ajouterait au réchauffement climatique provoqué par la hausse de la concentration des gaz à effet de serre» due aux activités humaines, avertit l'étude.

«Nos résultats montrent qu'il existe des seuils de changement climatique dangereux dont nous n'avions pas conscience» jusqu'alors, explique Tapio Schneider, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena en Californie, et principal auteur de l'étude.

Une augmentation des températures de cet ordre entraînerait une fonte de la glace dans les pôles et une montée des océans de dizaines de mètres, au-delà des capacités des humains à s'adapter, avertissent les scientifiques.

La Terre n'a pas connu un tel climat depuis le début de l'Éocène (-53 à -48 millions d'années), quand la température moyenne était plus élevée d'environ 12 degrés et que des crocodiles peuplaient l'Arctique.

Le réchauffement climatique en cours, de 1°C par rapport à l'ère préindustrielle, entraîne déjà son lot de sécheresses, inondations, cyclones... La concentration de CO2 a augmenté au cours de cette période de près de 45% pour atteindre 410 parties par million (ppm). L'accord de Paris sur le climat de 2015 vise à limiter le réchauffement à 2°C, idéalement 1,5°C.

Se basant sur une modélisation de l'évolution des nuages, les chercheurs ont déterminé que la couche protectrice de nuages pourrait se rompre si la concentration de CO2 atteint 1200 ppm, bien que le point de bascule puisse être un peu plus élevé.

Si l'humanité poursuit ses activités au rythme actuel, «le niveau de 1200 ppm sera franchi en 2104», indique Malte Meinshausen, directeur du Climate and Energy College de l'université de Melbourne, se basant sur une étude à venir.

Une autre source d'inquiétude est que le réchauffement climatique causé par les activités humaines entraîne en plus la libération de CO2 et de méthane aujourd'hui contenus dans des milieux naturels comme le permafrost (des sols gelés toute l'année) mettant à mal les efforts réalisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Eocène

Cette étude pourrait aussi résoudre un mystère de longue date entourant l'Éocène. Selon les modélisations climatiques utilisées jusqu'à présent, les niveaux de CO2 auraient dû s'élever à plus de 4000 ppm pour expliquer les températures de cette période pré-historique, quand des échantillons géologiques font état de concentrations 25 à 50% moins élevées.

Ce niveau de 1000 à 2000 ppm correspond précisément, selon cette nouvelle étude, à celui où les nuages disparaîtraient, faisant grimper le mercure jusqu'à 8°C supplémentaires.

«Un pic de chaleur causé par la perte de la couverture nuageuse basse pourrait expliquer l'apparition du climat très chaud de l'Eocène», a dit Tapio Schneider.

Cette étude pourrait aussi aider à combler un trou béant existant dans les modèles climatiques actuels. La manière dont ces nuages au-dessus des océans des zones tempérées vont réagir au changement climatique est une des grandes incertitudes dans les prévisions.

Les nuages sont dans l'ensemble «passés à travers les mailles du filet» de la modélisation informatique, pour des questions d'échelle, selon Tapio Schneider. «Le maillage pour les modélisations climatiques est de l'ordre de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kilomètres», trop large pour prendre en compte les nuages, explique-t-il. Les scientifiques ont résolu le problème en créant un système de modélisation plus fin.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Michel MARTIN le 25.02.2019 19:52 Report dénoncer ce commentaire

    Stop !

    Les bébés conçus ces prochaines semaines auront 80 ans en l'an 2100. Autant de plastique que de poisson dans nos océans vers 2050. Un réchauffement hors de contrôle. Les matières premières épuisées. Inondations, canicules, sécheresses, famines, réfugiés climatique, guerres civiles, ... c'est cela que vous souhaitez pour vos descendants ?

  • Coco le 25.02.2019 20:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Profitez !

    À mon avis, nous sommes la dernière génération à vivre sans limites et sans restrictions

  • vous nous fatiguez le 25.02.2019 20:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    taxes vs démographie

    Une bonne guerre et on aura plus le temps de rabacher des conneries sur lesquelles on n'a aucun contrôle. La seule chose à faire c'est stopper la natalité, et c'est la seule chose dont personne ne veut parler, on préfère les taxes

Les derniers commentaires

  • Mario Bros le 26.02.2019 07:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    fou

    C'est fou, plus on parle de changer les choses et plus les gens ont de grosses voitures, et plus on voit de déchets au bord des routes... l'humain s'en fout c'est clair.

  • Marie le 26.02.2019 07:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les volcans, oubliés aussi?

    Que c'est lourd ce matraquage culpabilisant et ces jeunes qui croient tenir une cause pour laquelle il faut se battre... Le réchauffement est un fait, on ira pas en arrière, à partir de là pourquoi personne mais alors personne ne propose de solution pour s'adapter à la situation? Pourquoi ne pas planter des arbres pour palier aux risques d'inondations et glissements de terrain? Pourquoi ne pas planter des fruitiers exotiques? Non ça préfère taxer les avions de tourisme plutôt que les cargos, défiler aux kermesses plutôt que d'éviter d'acheter du high-tech aux batteries polluantes...

  • Peter Bishop le 26.02.2019 07:00 Report dénoncer ce commentaire

    Allo les moutons

    Il faut vraiment être stupide pour croire cette propagande délirante...

    • Baloo Laloo le 26.02.2019 18:02 Report dénoncer ce commentaire

      Pollueur et fier de l'etre

      À l'instar des autres enjeux politiques, les climato-sceptiques n'ont que l'insulte pour défendre leur point de vue. Donc à choisir entre un »professeur » mal élevé et un qui privilégie l'information factuelle je sais où ma conscience me guide

    • Peter Bishop le 27.02.2019 07:33 Report dénoncer ce commentaire

      Regardez dans un miroir

      Vous me mettez un label "climato-sceptique", vous assumez mon comportement "pollueur et fier" et après vous donnez des leçons de comportement... Vous êtes vraiment des fanatiques religieux, tout dans votre comportement extrême va dans ce sens...

  • Fla Con le 26.02.2019 06:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nuage nuage

    Tu perds ton plumage...

  • Jcc le 26.02.2019 06:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nous sommes foutus

    Personne n'osera le dire mais ce qui tue la planète lentement c'est la surpopulation qui engendre une surconsommation et un épuisement des ressources. La seule solution est la mise en place immédiate d'une politique mondiale de l'enfant unique. Et comme je doute qu'en Afrique ou en Inde le réchauffement climatique ne soit le cadet de leurs soucis...