France

05 octobre 2014 15:05; Act: 05.10.2014 16:07 Print

Recrutée sur Facebook pour aller «faire le jihad»

Une adolescente de 15 ans soupçonnée d'avoir fugué de son domicile pour «faire le jihad» en Syrie a été retrouvée samedi soir, quatre jours après l'annonce de sa disparition.

Une faute?

Dans cette affaire très médiatique en France où se trouve la plus grande communauté musulmane d'Europe, les autorités avaient pris à son encontre une mesure d'opposition à sortie du territoire (OST), prévue par la loi votée en septembre pour empêcher le départ de jihadistes.

La justice avait également ouvert une enquête pour «disparition inquiétante» et lancé un appel à témoins. La collégienne avait aussi été inscrite au fichier des personnes recherchées.

La jeune fille, Assia S., a été placée en garde à vue à la demande du procureur de Vienne (centre-est) Matthieu Bourrette pour «vol de carte bancaire», en attendant la suite de l'enquête.

La jeune fille a confié à la chaîne de télévision LCI avoir voulu partir faire le jihad sous l'influence de relations sur Facebook, mais y avoir par la suite renoncé après avoir trouvé du travail à Marseille.

Selon une source proche du dossier, la jeune fille «a été retrouvée samedi soir par ses parents dans un bar, à proximité de la Gare St Charles à Marseille, où elle travaillait depuis quelques jours».

Avis de disparition

«Les parents avaient largement distribué des photos récentes de la jeune fille dans le quartier et c'est un jeune homme qui est tombé sur la jeune fille qui a dit à ses parents: Mais je la connais», a précisé la même source, regrettant que les parents aient «appelé d'abord les médias puis la police».

La mère de l'adolescente a expliqué à la chaîne BFMTV sa joie: «On a décidé d'aller à Marseille, on l'a cherchée toute la journée (...) On est tellement heureux qu'elle ne soit pas partie à l'étranger».

C'est en découvrant l'existence d'un compte Facebook que la jeune fille cachait à ses parents et utilisait sous un pseudonyme que les enquêteurs avaient mis au jour les raisons de son départ. «Les messages qui y figuraient étaient univoques et démontraient qu'elle avait des velléités de fugue depuis plusieurs semaines, avec la perspective de quitter le territoire national pour aller faire le jihad», avait indiqué mardi M. Bourrette.

Selon les enquêteurs, la jeune fille aurait été en contact avec une personne qui disait vouloir quitter la France «avant la fin du mois de septembre». Sur sa page Facebook, l'adolescente mentionnerait «un Frère qui (l') attend».

Selon les chiffres officiels français, environ 950 personnes sont impliquées dans les filières vers la Syrie et l'Irak.

(afp)