Italie

12 juin 2011 21:03; Act: 12.06.2011 23:03 Print

Referendum à risque pour Berlusconi

Les Italiens se rendent aux urnes ces dimanche et lundi pour voter par référendum sur le retour au nucléaire, la privatisation de l'eau et l'immunité pénale de Silvio Berlusconi.

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A 19h00, la participation s'élevait à 30,3%. (Photo: AFP)

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Les Italiens se rendent aux urnes ces dimanche et lundi pour voter par référendum sur le retour au nucléaire, la privatisation de l'eau et l'immunité pénale de Silvio Berlusconi. Ils pourraient désavouer à nouveau le chef du gouvernement après sa déroute aux élections municipales.

Enjeu essentiel du scrutin, le taux de participation: il doit atteindre 50% plus une voix pour que ces référendums, abrogatifs de lois en vigueur, soient adoptés. Ce quorum n'a jamais été atteint depuis 1995 pour ce type de vote.

A l'issue de la première journée de vote, la participation tournait autour de 41%, selon des chiffres publiés sur le site du ministère de l'intérieur. De quoi satisfaire l'opposition. «Les nouvelles concernant l'affluence aux urnes sont excellentes», a déclaré Nico Stumpo, un responsable du Parti démocratique (PD, centre-gauche), le principal parti d'opposition.

«La participation des citoyens me semble encourageante (...) Espérons que cette tendance se confirme», a de son côté affirmé le député Fabio Granata, membre du parti Futur et Liberté (centre- droit) du président de la Chambre des députés Gianfranco Fini.

Silvio Berlusconi a de son côté fait savoir qu'il n'irait pas voter à ces référendums lancés par l'opposition. Son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), n'a pas donné de consigne de vote sur l'eau et le nucléaire, mais a appelé ses partisans à ne pas retirer les bulletins pour le référendum sur la justice afin d'éviter d'atteindre le quorum.

Retour de l'atome

L'Italie avait abandonné le nucléaire par référendum depuis 1987, dans la foulée de la catastrophe de Tchernobyl. Mais le gouvernement Berlusconi avait fait du retour à l'atome l'un de ses projets- phares, prévoyant la construction de quatre centrales à partir de 2014.

En avril dernier, il avait donné un coup d'arrêt provisoire à ce programme. S'il ne bouleverse donc pas dans l'immédiat la donne sur l'atome en Italie, les résultats du référendum seront un bon indicateur de l'opinion publique après la catastrophe de Fukushima au Japon.

Les Italiens doivent aussi se prononcer sur une loi dite «d'empêchement légitime», qui permet à Silvio Berlusconi d'éviter de se présenter à ses procès en raison de ses obligations de premier ministre. Le Cavaliere, 74 ans, est actuellement poursuivi dans trois affaires, pour corruption de témoin, fraude fiscale et faux en bilan, prostitution de mineure et abus de pouvoir (Rubygate).

Le troisième référendum porte sur la libéralisation du secteur de l'eau. Celle-ci reste un bien public, mais les deux questions s'y référant portent sur sa gestion et tarification.

Initiatives originales

Environ 47,2 millions d'Italiens dans la péninsule et 3,2 millions résidant à l'étranger sont concernés par ce scrutin. Une forte participation et un échec du camp Berlusconi viendrait affaiblir un gouvernement déjà fragilisé par le revers subi aux municipales partielles, il y a 15 jours, quand elle a perdu entre autres son fief de Milan.

Les partisans du référendum ont de leur côté multiplié les initiatives pour inciter les gens à voter. Les initiatives vont de rabais dans des bars, restaurants ou bijoutiers à des massages et des cours de yoga.

(ats)