Florence Cassez

11 février 2011 12:21; Act: 11.02.2011 12:28 Print

Relations tendues entre la France et le Mexique

Le gouvernement mexicain a déploré vendredi la réaction de Michèle Alliot-Marie sur le rejet du recours en cassation de Florence Cassez, en prison au Mexique.

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Le cas de Florence Cassez brouille les relations diplomatiques entre Français et Mexicains. (Photo: AFP)

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La patronne de la diplomatie française a dénoncé un «déni de justice» après la confirmation jeudi de la condamnation de la Française à 60 ans de prison pour enlèvements.

La défense de la jeune femme a annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) au Costa Rica.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir après l'annonce de la décision mexicaine, la ministre des Affaires étrangères, «consternée», a dénoncé un «déni de justice».

Cela aura des conséquences

Sur France 2 vendredi matin, la ministre a expliqué qu'elle devait recevoir l'ambassadeur du Mexique en fin de matinée. «Il est évident que cela aura des conséquences sur les relations entre la France et le Mexique», a-t-elle prévenu. Interrogée sur une éventuelle annulation de l'Année du Mexique qui vient de débuter en France, elle a répondu qu'il était «évident qu'(elle) ne participerait à aucune de ces manifestations».

Selon Mme Alliot-Marie, «les nombreux arguments de fond et de procédure qui ont été clairement mis à jour depuis des mois n'ont pas été pris en compte. Les conditions dans lesquelles cette décision a été prise sont inadmissibles». «Aucun des éléments fondamentaux de droit ou de fait soulevés par la défense de Florence Cassez n'a été pris en compte comme ils auraient dû l'être dans un Etat de droit», a-t-elle estimé.

Et de préciser que le gouvernement «va explorer toutes les voies de droit à sa position, sur le plan national et international, pour accompagner les actions que Florence Cassez décidera d'entreprendre».

Le Mexique déplore les déclarations de Michèle Alliot-Marie

Dans un communiqué relayé vendredi par l'ambassade du Mexique en France, le ministère mexicain des Affaires étrangères «déplore» les déclarations de Michèle Alliot-Marie. Il estime que Florence Cassez a «utilisé tous les moyens de défense que la législation mexicaine met à la disposition de n'importe quelle personne accusée au Mexique».

«Florence Cassez a toujours été représentée par ses avocats, en plus d'avoir bénéficié de l'assistance consulaire de l'ambassade de France au Mexique. Dans ces conditions, le ministère réfute l'affirmation d'un déni de justice», ajoute-t-il.

Le ministère, «respectueux de la décision prise par les membres du Tribunal, déplore profondément que la ministre Michèle Alliot-Marie considère que les relations entre nos pays puissent être affectées par ce dossier d'ordre strictement juridique».

60 ans de prison

Le cas de Florence Cassez, arrêtée le 8 décembre 2005 et condamnée à 60 ans de prison pour des enlèvements dont elle se dit innocente, est suivi de près par les autorités françaises. En mars 2009, le président Nicolas Sarkozy avait affirmé avoir obtenu de son homologue mexicain, Felipe Calderon, que la jeune femme soit transférée en France pour y purger sa peine. Mais, redoutant une libération anticipée, le Mexique avait rejeté cette option trois mois plus tard.

Florence Cassez est accusée par la justice mexicaine d'avoir participé à l'enlèvement de trois personnes en 2005. Elle a reconnu qu'elle vivait dans un ranch près de Mexico où étaient séquestrés les otages, dont une fillette de huit ans. Mais elle affirme qu'elle était seulement la petite amie d'un Mexicain arrêté pour cette affaire.

Une des victimes a identifié la Française comme l'un de ses ravisseurs et un autre suspect a affirmé qu'elle co-dirigeait le gang des kidnappeurs. Le tribunal a considéré que les victimes, sans avoir jamais vu son visage, avaient pu l'identifier par sa voix, son accent étranger et la couleur de ses cheveux.

Scène rejouée devant les caméras de télévision

Début 2009, les autorités mexicaines avaient reconnu avoir rejoué, devant les caméras de télévision, la libération des otages et l'arrestation des deux suspects, la Française et un Mexicain. Le parquet avait admis qu'elle avait en réalité été arrêtée la veille.

Son avocat, Agustin Acosta, a observé que les victimes avaient modifié leurs témoignages à plusieurs reprises au cours de la procédure. Au départ, elles n'étaient pas parvenues, selon lui, à l'identifier, mais après les révélations selon lesquelles l'opération de police avait été mise en scène, deux des victimes avaient déclaré aux enquêteurs qu'elles pouvaient l'identifier.

Lors d'un point presse, la mère de la jeune femme, Charlotte Cassez, a expliqué que sa fille était «déterminée à continuer» à se battre. «Pour elle, l'action, c'est quelque chose qui la fait avancer, et qui lui donne un peu de courage et un peu d'espoir».

(ap)