Argentine

03 juin 2011 06:37; Act: 03.06.2011 07:35 Print

Religieuse jetée à la mer: 3 policiers inculpés

Trois policiers ont été inculpés pèar la justice argentine dans le cadre d'une enquête sur le sort de cinq femmes, dont une religieuse française, jetée d'un avion pendant la dictature (1976-83).

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La justice argentine a inculpé de violations des droits de l'Homme trois policiers accusés d'avoir piloté un «vol de la mort» au cours duquel furent jetées vivantes à la mer cinq femmes, dont une religieuse française, pendant la dictature (1976-1983).

Le juge Sergio Torres a en outre décidé de maintenir en détention préventive les trois hommes, ainsi qu'un ancien militaire et un avocat, tous arrêtés le 10 mai, et de geler leurs avoirs, précise jeudi le Centre d'information judiciaire dans un communiqué.

Les cinq hommes sont accusés d'avoir participé à une vingtaine de vols de la mort, dont celui fatal à la religieuse française Léonie Duquet et à quatre militantes du mouvement des Mères de place de mai, qui recherchaient leurs enfants disparus sous la dictature.

Enlevées en 1977

Léonie Duquet et une autre religieuse française, Alice Domon, avaient été enlevées en décembre 1977. Dix militants des droits de l'homme, dont la fondatrice du mouvement des Mères de la Place de Mai, Azucena Villaflor, avaient été kidnappés au cours de la même opération.

Les restes de Léonie Duquet, d'Azucena Villaflor et de trois autres militantes, dont les cadavres avaient été enterrés en 1978, ont été identifiés en 2005. Le corps d'Alice Domon n'a jamais été retrouvé.

Des centaines de personnes incarcérées à l'Ecole supérieure de mécanique de la marine (Esma) ont péri au cours de ces «vols de la mort», selon les organisations de défense des droits de l'Homme.

Le procès des crimes de l'Esma, où quelque 5.000 personnes ont été torturées et tuées, a débuté fin 2009 et devrait se terminer dans les prochains mois.

L'Etat argentin, qui s'est porté partie civile, a notamment réclamé la réclusion à perpétuité contre l'ex-officier de marine Alfredo Astiz pour son rôle présumé dans le meurtre des deux religieuses françaises.

Depuis l'accession au pouvoir de Nestor Kirchner (2003-2007), l'annulation des lois d'amnistie de la dictature et la réouverture des procès, les autorités argentines souhaitent que les tortionnaires soient rapidement condamnés.

La présidente Cristina Kirchner, qui a succédé à son mari en 2007, poursuit cette politique.

(afp)