Gouvernement égyptien

30 avril 2012 07:13; Act: 30.04.2012 07:13 Print

Remaniement imminent

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute en février 2011 du président Hosni Moubarak, envisage de procéder à un remaniement imminent du gouvernement, ont annoncé dimanche les Frères musulmans.

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Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le CSFA, a informé le président du Parlement Saad al Katatni, membre de la confrérie islamiste, qu'il allait procéder à un remaniement imminent du gouvernement du Premier ministre Kamal al Ganzouri.

«Le Conseil militaire rendra public ce remaniement sous 48 heures», a indiqué Katatni cité par l'agence de presse Mena. Essam El Erain, un député des Frères musulmans, a dit pour sa part à Reuters que les généraux allaient entamer des pourparlers sur le remaniement, une information qui n'a pas été confirmée par le CSFA.

L'annonce du remaniement apparaît comme une concession des généraux au Parlement, dominé par les islamistes, qui réclame un nouveau gouvernement.

«Le maréchal Tantaoui va présenter à (Kamal al) Ganzouri un remaniement de son gouvernement et ce dernier inclura un groupe de ministres représentant les islamistes et d'autres forces politiques au sein du parlement», ont indiqué des sources gouvernementales au site internet du quotidien officiel al Ahram.

Selon un haut responsable proche du CSFA cité par le site internet, le remaniement sera «limité». Les Frères musulmans, dont la vitrine politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), compte le plus grand nombre d'élus au Parlement, demandent aux généraux de limoger l'actuel Premier ministre par intérim, Kamal al Ganzouri.

La confrérie islamiste réclame la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale reflétant mieux la composition de l'Assemblée élue lors des premières élections démocratiques de l'ère post-Moubarak. La semaine dernière, les députés avaient rejeté le programme de gouvernement de l'équipe Ganzouri, nommée par l'armée.

Dimanche, l'Assemblée a décidé de suspendre ses séances jusqu'au 6 mai pour protester contre l'absence des ministres aux auditions devant les élus.

Le candidat des Frères musulmans, Mohamed Moursi, a subi un revers la semaine dernière avec le soutien apporté par l'Appel salafiste, un influent mouvement islamiste égyptien, à son rival, l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Fotouh lors de la présidentielle des 23 et 24 mai.

Le parti Nour s'est classé deuxième derrière les Frères musulmans lors des élections législatives de cet hiver, avec près d'un quart des voix.

(ats)