Chute de Moubarak

22 février 2011 20:05; Act: 22.02.2011 20:15 Print

Remaniement ministériel en Egypte

Le controversé ministère de l'Information a été supprimé mais les ministres clé de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Finances ont été conservés.

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Le maréchal Hussein Tantaoui, homme fort du nouveau pouvoir, reste ministre de la Défense. (Photo: Keystone/AP)

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L'Egypte a remanié mardi son gouvernement de transition, une douzaine de jours après la chute du président Hosni Moubarak.

Une dizaine de ministères changent de mains, dont ceux du Pétrole, de la Culture, de la Santé, du Commerce et du Tourisme.

Le ministère de l'Information, très critiqué pour avoir été au centre de l'appareil de propagande de M. Moubarak, disparaît.

Un vice-Premier ministre est nommé, Yahia Elgamal, un professeur de droit constitutionnel octogénaire réputé indépendant, au côté du Premier ministre reconduit Ahmad Chafic, issu de l'armée.

Mesure évoquée

Les ministres des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit, de l'Intérieur Mahmoud Wagdi et des Finances Samir Radwane restent à leur poste.

Le maréchal Hussein Tantaoui, homme fort du nouveau pouvoir, reste aussi ministre de la Défense.

Il dirige par ailleurs le conseil suprême des forces armées, à qui le président Hosni Moubarak a remis ses pouvoirs en démissionnant le 11 février après 18 jours de révolte populaire.

D'ailleurs, les nouveaux ministres ont prêté serment devant Hussein Tantaoui, alors qu'il était en habit militaire, au cours d'une cérémonie retransmise à la télévision d'Etat.

Suggestion

Une amorce d'ouverture à l'opposition légale semble être lancée, avec la nomination d'une personnalité issue du parti de la gauche modérée Tagammouh, le professeur d'économie Gouda Abdel Khaleq, à la Solidarité sociale.

Un membre du parti d'opposition libérale laïque Wafd, Mounir Fakhir Abdelnour, prend la tête du Tourisme. Son parti a toutefois indiqué qu'il entrait au gouvernement à titre personnel.

M. Chafic et son cabinet avaient été nommés par M. Moubarak quelques jours avant qu'il ne soit chassé du pouvoir par la rue. Ce nouveau gouvernement avait vu le limogeage de ministres issus des milieux d'affaires, proches du fils du président, Gamal Moubarak, dont certains font aujourd'hui l'objet de poursuites.

Le très impopulaire ministre de l'Intérieur de l'époque, Habib el- Adli, accusé d'être un des principaux artisans de la répression des manifestations, avait lui aussi été écarté. Il est aussi sous le coup de mesures judiciaires et en état d'arrestation.

Pour un cabinet de technocrate

Le gouvernement de M. Chafic a été par la suite chargé par l'armée de gérer les affaires courantes pendant une période de transition.

Les militants pro-démocratie, qui ont lancé le soulèvement populaire ayant abouti à la chute de M. Moubarak, ont eux toutefois réclamé ces derniers jours que ce gouvernement, composé de nombreuses de figures de l'ancien régime, soit remplacé par un cabinet de technocrates.

L'armée, qui a suspendu la Constitution et dissout le Parlement, a elle promis dans les prochains mois une révision constitutionnelle et des élections législatives et présidentielle, en vue de constituer un gouvernement civil élu démocratiquement.

(ats)