Finlande

16 juillet 2018 07:01; Act: 17.07.2018 08:28 Print

Trump veut une relation «extraordinaire» avec Poutine

L'heure du face-à-face a enfin sonné. Les dirigeants américain et russe sont ce lundi à Helsinki pour un sommet extrêmement attendu.

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«Aucun président n'a été aussi ferme que moi sur la Russie (...). Et je pense que le président Poutine le sait mieux que quiconque», a déclaré Donald Trump à l'occasion d'une réunion de son équipe à la Maison Blanche mercredi. Le président américain Donald Trump a entamé lundi à Helsinki un sommet historique avec Vladimir Poutine en affichant son espoir d'aboutir à une relation «extraordinaire» avec son homologue russe. (16 juillet 2018) Rencontre Poutine-Trump. (Helsinki, 16 juillet 2018) Virile poignée de mains entre Trump et Poutine. (Helsinki, 16 juillet 2018) Le président russe Vladimir Poutine est arrivé lundi à Helsinki pour son premier sommet bilatéral, très attendu, avec son homologue américain Donald Trump. L'avion du président russe s'est posé à 10H00 GMT à l'aéroport international de la capitale finlandaise. La voiture de Poutine dans les rues d'Helsinki. Des milliers de badauds étaient présents à Helsinki pour voir les deux présidents. Les couples présidentiels finlandais et américain. Donald et Melania Trump ont commencé la journée par un petit-déjeuner avec le président finlandais Sauli Niinistö et son épouse Jenni Haukio. La présence de Trump en Finlande a suscité de vives oppositions. Comme celle du groupe environnemental Greenpeace qui a posé un énorme poster sur l'église Kallio de la ville. Des manifestants ont aussi protesté contre la venue de Poutine. Une immense affiche milite pour les libertés de la presse au Music Center d'Helsinki. Ukraine, Syrie, accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine: malgré des compliments mutuels, les points de frictions restent nombreux entre Vladimir Poutine et Donald Trump avant leur premier sommet bilatéral prévu le 16 juillet à Helsinki

Une faute?

Le président américain Donald Trump a entamé lundi à Helsinki un sommet historique avec Vladimir Poutine en affichant son espoir d'aboutir à une relation «extraordinaire» avec son homologue russe.

Le locataire de la Maison Blanche et l'homme fort du Kremlin se sont retrouvés en début d'après-midi dans le palais présidentiel, au coeur de la capitale finlandaise qui a une longue tradition d'accueil de sommets Est-Ouest.

«Cela me fait très plaisir de vous rencontrer», «le temps est venu de parler de nos relations sur le fond», a déclaré Vladimir Poutine, tandis que Donald Trump exprimait l'espoir d'aboutir à «une relation extraordinaire», martelant sa formule préférée: «Bien s'entendre avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose».

Au programme: un face-à-face avec leurs seuls interprètes, un déjeuner de travail avec leurs équipes et une conférence de presse commune.

Chasse aux sorcières

A quelques heures de la première poignée de main, il a donné le ton dans un tweet pour le moins surprenant de la part d'un président américain. Il a attribué les mauvaises relations entre Washington et Moscou à... «des années de stupidité de la part des Etats-Unis» et à la «chasse aux sorcières» menée selon lui par le FBI qui enquête sur l'interférence russe dans la présidentielle de 2016.

De la Syrie à la Crimée, nombre de diplomates et d'analystes redoutent qu'il ne fasse une série de concessions à l'homme fort du Kremlin. «C'est une bonne chose de se rencontrer. Je crois aux rencontres», a déclaré sur CBS le magnat de l'immobilier, tout en assurant avoir des «attentes limitées».

Donald et Melania Trump ont commencé la journée par un petit-déjeuner avec le président finlandais Sauli Niinistö et son épouse Jenni Haukio. Vladimir Poutine, qui est attendu en fin de matinée après avoir assisté à Moscou à la victoire de la France en Coupe du monde, est lui resté bouche cousue sur ses attentes, ses objectifs et sa stratégie.

«L'état des relations bilatérales est très mauvais», a seulement concédé son conseiller Yuri Ushakov. «Nous devons commencer à les rétablir».

Syrie et Crimée

La Syrie figurera en bonne place dans les débats. Le président américain est impatient de prendre ses distances avec ce conflit et de retirer les troupes américaines présentes sur place. La Russie, à l'inverse, présente militairement sur place depuis 2015 en soutien au régime de Bachar el-Assad, entend plus que jamais y jouer les premiers rôles.

Sur la Crimée, M. Trump entretient depuis plusieurs semaines l'ambiguïté, refusant d'exclure explicitement la reconnaissance de son annexion par la Russie. Les deux hommes ont rendez-vous en début d'après-midi au palais présidentiel, au coeur de la ville portuaire qui a une longue tradition d'accueil de sommets Est-Ouest.

Face-à-face

Au programme: un face-à-face avec leurs seuls interprètes, un déjeuner de travail avec leurs équipes et une conférence de presse commune. Donald Trump comme ses prédécesseurs démocrates et républicains ont, bien sûr, déjà rencontré Vladimir Poutine. Mais le format de la rencontre, comme son timing, font du face-à-face d'Helsinki un rendez-vous à part.

Le sommet est la dernière étape d'un voyage d'une semaine en Europe au cours de laquelle le magnat de l'immobilier a tiré à boulets rouges sur ses alliés - Allemagne en tête - tout en se tenant soigneusement à l'écart de toute critique à l'encontre du président russe.

En dépit d'un sommet particulièrement tendu, M. Trump a assuré lundi que l'Otan n'avait «jamais été aussi forte», assurant, dans un registre qu'il affectionne, qu'il n'y avait que de «l'amour» dans la salle.

Depuis Pékin, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé l'Europe, la Chine, l'Amérique et la Russie à «éviter le chaos» d'une guerre commerciale« et à »ne pas détruire« l'ordre mondial».

«Totalement prêt!»

L'enquête menée, à Washington, par le procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe en faveur de Trump dans la campagne présidentielle de 2016, planera aussi bien sur la rencontre. Elle a été relancée de façon spectaculaire à trois jours du sommet par l'inculpation de 12 agents du renseignement russe accusés d'avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate.

Donald Trump risque-t-il de se faire malmener par cet officier du renseignement formé à détecter les faiblesses de ses adversaires? Une demi-douzaine de sénateurs démocrates l'ont exhorté à ne pas négocier seul à seul: «Il doit y avoir d'autres Américains dans la pièce», ont-ils lancé dans une lettre ouverte.

«Serai-je prêt ? Totalement prêt!», répond depuis plusieurs semaines Donald Trump. «Je me suis préparé toute ma vie pour ce genre de truc», lançait-il récemment devant ses partisans dans le Montana.

C'est la quatrième fois que présidents américain et russe se donnent rendez-vous dans la paisible capitale finlandaise. De ce point de vue, Donald Trump et Vladimir Poutine s'inscriront dans la lignée de Gerald Ford et Léonid Brejnev (1975), George Bush et Mikhaïl Gorbatchev (1990), Bill Clinton et Boris Eltsine (1997).

(nxp/ats)