Allemagne

13 novembre 2019 21:19; Act: 13.11.2019 22:03 Print

Renvoi de djihadistes: pas d'incarcération prévue

Neuf membres présumés du groupe Etat islamique (EI) détenus en Turquie devraient être expulsés d'ici à vendredi vers l'Allemagne sans être placés en détention.

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Deux des femmes qui ont été arrêtées étaient détenues dans un camp syrien de prisonniers, avant de s'en échapper. (Photo: AFP/Bulent Kilic)

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Il s'agit d'un homme ayant la double nationalité irakienne et allemande et de six membres de sa famille, originaire de Basse-Saxe, ainsi que de deux épouses de combattants de l'EI, ont précisé ces sources. Ces personnes devraient être expulsées de Turquie et rentrer en Allemagne jeudi ou vendredi.

Le chef de la famille de sept personnes, connu des services allemands pour son appartenance au salafisme, est soupçonné d'avoir tenté de gagner la Syrie au printemps 2019.

Ils ont été arrêtés en Turquie et sont depuis détenus à la prison d'Izmir. Pour les autorités allemandes cependant, rien ne prouve qu'il ou sa famille soient membres de l'EI.

Enquête est en cours

Les deux femmes, a priori expulsées vendredi, étaient détenues dans un camp syrien de prisonniers, dont elles s'étaient évadées, avant d'être interpellées par les autorités turques.

Ces deux femmes devraient être interrogées à leur arrivée, puis surveillées, mais de tels dispositifs sont coûteux, relève-t-on de même source.

Deux autres femmes devraient à leur tour être expulsées dans les prochaines semaines par la Turquie, selon ces sources, qui assurent que dans ces deux cas aussi, une enquête est en cours mais sans émission de mandat d'arrêt.

«Bracelet électronique»

La ministre fédérale de la Justice, Christine Lambrecht (SPD), s'est voulue mercredi rassurante. «Si la détention ne peut pas encore être ordonnée, les personnes peuvent faire l'objet d'une surveillance intensive ou porter un bracelet électronique», a-t-elle expliqué à la Neue Osnabrücker Zeitung.

Ces retours prochains de membres présumés de l'EI alarment toutefois les partis au pouvoir comme ceux de l'opposition qui accusent le gouvernement d'Angela Merkel de ne pas être préparé à ces retours.

«Nous voulons voir tous les membres dangereux en détention», a assuré mardi Armin Schuster, membre du parti conservateur CDU. Selon ce spécialiste des questions de sécurité, environ un tiers de la centaine d'Allemands encore en Syrie sont identifiés comme des éléments dangereux.

Il y aurait, selon lui, une dizaine d'Allemands détenus en Turquie et susceptibles d'être expulsés.

Les renvois de jihadistes par la Turquie surviennent dans la foulée de l'offensive menée par Ankara dans le nord-est de la Syrie, vivement critiquée par l'Occident car elle a visé les forces kurdes alliées de la coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

(afp)