Union européenne

23 octobre 2019 15:44; Act: 23.10.2019 17:35 Print

Reporter le Brexit? Les 27 à nouveau face au dilemme

Interpellés par Londres pour repousser une 3e fois la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE, les dirigeants européens se retrouvent face à un choix délicat.

Sur ce sujet
Une faute?

Faut-il jouer les prolongations pendant trois mois? Malgré l'accord trouvé avec Londres, les 27 se retrouvent mercredi à nouveau face au dilemme d'un report du Brexit au-delà de la date prévue du 31 octobre, un sujet délicat pour l'unité européenne.

Feu vert de l'Allemagne

Le président du Conseil européen Donald Tusk a recommandé aux Etats membres de l'UE d'accepter un troisième report, cette fois jusqu'au 31 janvier, après un vote des députés britanniques qui ont accepté le principe de l'accord tout en rejetant le calendrier imposé par Boris Johnson pour l'adopter.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, dont le pays est en première ligne dans le dossier du Brexit, a apporté un soutien de poids à Donald Tusk. Les deux hommes ont «souligné qu'il serait toujours possible pour le Royaume-Uni de sortir (de l'UE) avant le 31 janvier 2020 si l'accord de retrait était ratifié avant cette date», selon un communiqué de Dublin.

Berlin ne s'opposera pas à un nouveau report de la date du Brexit, a annoncé mercredi le porte-parole de la chancelière Angela Merkel. La demande de troisième report «n'échouera pas à cause de l'Allemagne», a déclaré Steffen Seibert, sans vouloir pour l'instant se prononcer sur la possible durée d'un tel délai.

Epineux sujet

A Paris, la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Amélie de Montchalin avait après le vote à Londres estimé qu'une prolongation «purement technique de quelques jours» était envisageable mais refusé «une extension destinée à gagner du temps ou à rediscuter de l'accord».

L'épineux sujet doit être abordé par les ambassadeurs auprès de l'UE à Bruxelles en fin de journée, lors d'une réunion destinée à prendre la température des 27 sur le sujet. «Il n'y a pas de garantie que les 27 acceptent la recommandation de Tusk car il y a une lassitude», souligne une source européenne.

Et si Donald Tusk a recommandé que la décision des Etats membres se fasse par le biais d'une «procédure écrite», un nouveau sommet n'est toutefois pas à écarter «s'il y a trop de divergences», selon cette source, qui évoque la date de lundi.

«Sortir de l'impasse»

Le président du Parlement européen David Sassoli s'est rangé lui aussi à la position de Donald Tusk : cette «extension permettra au Royaume-Uni de clarifier sa position et au Parlement européen», qui doit adopter l'accord de retrait après une ratification à Westminster, «d'exercer son rôle», a-t-il dit.

Le Royaume-Uni, qui s'est prononcé par referendum en juin 2016 pour une sortie de l'UE, devait initialement partir le 29 mars, une date déjà repoussée à deux reprises (12 avril, 31 octobre).

Face au double vote de la Chambre des communes, le Premier ministre britannique a annoncé qu'il suspendait l'examen de l'accord par le Parlement jusqu'à ce que l'Union européenne prenne une décision sur un report de la date du divorce.

Si les 27 décident d'accorder à Londres un report de trois mois, il pourrait tenter de déclencher des élections législatives anticipées. Un tel scrutin «semble être le seul moyen de sortir de l'impasse», a souligné sur la BBC le ministre de la Justice Robert Buckland.

«Notre position reste que nous ne devrions pas faire de report, que nous devrions quitter l'UE le 31 octobre», a martelé M. Johnson mardi devant le parlement. Le dirigeant conservateur avait toutefois été contraint par une loi de demander à Bruxelles un report à fin janvier.

Le Labour, principal parti d'opposition, a répété ces dernières semaines qu'il soutiendrait l'organisation d'un scrutin dès que le risque d'une sortie sans accord serait écarté.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Boris Becker Johnson le 23.10.2019 16:08 Report dénoncer ce commentaire

    Balle de match

    Tout ce cirque n'a qu'un seul but (tant au niveau EU que des parlementaires britanniques qui refusent l'accord), c'est de faire échouer ce Brexit. Dans l'idéal, il faudrait que l'EU refuse un nouveau report. La balle de match serait ainsi définitivement dans le camp des parlementaires britanniques = sortie le 31.10 avec cette accord ou sans.

  • c'est le 23.10.2019 16:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    voté

    ça va durer encore combien de temps, de réunions aux frais des contribuables. il n'y a rien d'autre à faire en Europe ? le peuple à dit à 52 % on s'en va. alors c'est faire. point barre. allez les politiciens respectez le vote.

  • Jean Bon le 23.10.2019 16:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honteux

    Honteux et scandaleux! Le peuple a voté, alors qu'on applique sa volonté. Pas mieux en Suisse, souvenons nous des votations sur l'immigration de masse... Le peuple avait aussi voté, et ça n'a jamais été respecté.Merci encore...

Les derniers commentaires

  • Jamais SVP le 24.10.2019 09:56 Report dénoncer ce commentaire

    Tourbillon

    Quand on voit tout ce boxon, et dire qui a encore des imbéciles qui veulent que la Suisse adhère l'EU ? y en a à qui il manque qques connexions à mon avis... jamais... même les français souhaiteraient en sortir

  • DATA le 23.10.2019 21:52 Report dénoncer ce commentaire

    Evidence !

    C'est tellement évident que personne ne le dits: Si la participation d'un pays à l'Union Européenne était profitable à la population, le Brexit n'aurait pas été accepté en votation et les référendums dans d'autres pays aurait été possible. L'Union Européenne telle qu'elle fonctionne actuellement est néfaste au citoyens de base et riens ne semble possible pour la réformer.

  • Boboo le 23.10.2019 20:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'Europe au fond du trou ?

    D'un côté comme de l'autre ils ont tous peur ! L'EU s'affaiblira et perdre un de ses pays majeur donnera un signe très négatif sur la viabilité de cette union. Les Anglais risquent une perte massive de leur niveau de vie ( pas sûr néanmoins). Bref. L'Europe n'a plus confiance en elle, d'où cette crainte de l'inconnu. Donc on accepte n'importe quoi dans l'espoir d'un changement de dernière minute ( referendum pourquoi pas ...)

  • Etienne le 23.10.2019 20:17 Report dénoncer ce commentaire

    J'avoue que je me suis planté...

    je ne pensais pas que les 27 accepteraient un nouveau report... cela en dit long sur la réalité critique que si le RU sort,l'UE n'en aura plus pour très longtemps... mais aussi que les euro-fascistes sont prêts à tout,quitte à se torcher avec la démocratie... mais bon il reste la promesse de BoJo de nommer comme commissaire européen un anti-UE comme je sais pas moi... Nigel Farage? Et ça le Parlement ne pourra pas s'y opposer...

    • A la tienne le 23.10.2019 21:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      Les seuls fachos que je vois ou peux lire sont sur 20 minutes et traitent tout le monde qui pense pas comme eux de leur penchant.

  • Saturnisme le 23.10.2019 20:16 Report dénoncer ce commentaire

    Abject

    Ah les 27 soutiennent un report du Brexit ? Magnifique forfaiture du parlement britannique avec la complicité de l'EU. Un mercredi noir pour la démocratie.