Amérique latine

15 octobre 2019 18:51; Act: 15.10.2019 18:51 Print

Retour à la normalité en Equateur après l'accord

Le président Lenin Moreno a retiré lundi le décret décrié qui supprimait les subventions de l'Etat aux hydrocarbures.

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L'Equateur sort avec soulagement lundi d'une crise sociale sans précédent, marquée par des manifestations violentes et une paralysie de 12 jours, mais la facture, tant économique que morale, va être lourde pour le pays andin. (14 octobre 2019) Le gouvernement et le mouvement indigène ont trouvé un accord dimanche soir pour sortir de la crise en Equateur. (13 octobre 2019) Le gouvernement équatorien et le mouvement indigène tiendront dimanche leur première réunion de dialogue à Quito. (Dimanche 13 octobre 2019) Le bureau de l'Inspection générale des finances de Quito a été saccagé samedi par des manifestants. Des médias ont aussi été attaqués. (12 octobre 2019) La principale organisation indigène d'Equateur a accepté samedi de dialoguer avec le président. Celui-ci a décrété un couvre-feu à Quito face aux «intolérables» violences. (12 octobre 2019) Dixième jour de protestations à Quito, en raison de la hausse du prix de l'essence. (11 octobre 2019) «Aucun dialogue avec un gouvernement assassin», cingle la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie) dans un communiqué signé par son président Jaime Vargas (centre de la photo). (10 octobre 2019) Les indigènes rejettent le dialogue avec le gouvernement. (Equateur, 10 octobre 2019) Huit policiers étaient retenus jeudi par des indigènes équatoriens mobilisés à Quito contre la hausse du prix de l'essence décidée par le gouvernement. (Jeudi 10 octobre 2019) Cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations qui secouent l'Equateur depuis une semaine. (Jeudi 10 octobre 2019) Aucun président avant Moreno n'avait osé toucher aux subventions au carburant - sujet tabou dans le pays - et en assumer ensuite les conséquences : le voici désormais confronté à la plus grande mobilisation indigène en 12 ans. (jeudi 10 octobre 2019) Plusieurs milliers d'indigènes et de paysans équatoriens ont commencé à défiler mercredi à Quito lors d'une grande manifestation contre la hausse du prix de l'essence. (9 octobre 2019) Les manifestants, qui se rassemblent à Quito depuis lundi, se dirigeaient vers le centre historique, théâtre de violents affrontements les jours précédents et quadrillé par les forces de l'ordre. (9 octobre 2019) Depuis lundi, la capitale est le théâtre de violents affrontements. (8 octobre 2019) Les incidents ont mis sous pression le gouvernement du président Lenin Moreno, un libéral de 66 ans arrivé au pouvoir sous la bannière socialiste. Il a ordonné mardi un couvre-feu nocturne autour des lieux de pouvoir. (8 octobre 2019) Les incidents ont mis sous pression le gouvernement du président Lenin Moreno. (Quito, 8 octobre 2019) Le président Lenin Moreno, qui avait déplacé lundi le siège du gouvernement vers la capitale économique du pays, Guayaquil (sud-ouest), avait déjà proclamé l'état d'urgence pendant 60 jours afin que les forces armées puissent rétablir l'ordre. Le couvre-feu aura la même durée. (Quito, 8 octobre 2019)

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Les prix des carburants sont revenus mardi en Equateur au niveau d'avant la crise sociale de ces derniers jours, suite à l'accord entre le gouvernement et les indigènes, fer de lance des manifestations. Les établissements scolaires ont rouvert.

La hausse des prix des carburants qui, le 3 octobre avaient plus que doublé, a été annulée, de même que celle des tarifs des transports publics qui, en conséquence, avaient augmenté jusqu'à 40%. Le président Lenin Moreno a retiré lundi le décret décrié qui supprimait les subventions de l'Etat aux hydrocarbures et avait déclenché une crise sans précédent pour le gouvernement de ce pays pétrolier, au pouvoir depuis mai 2017.

Huit morts

Des manifestations, marquées par de durs affrontements, ont fait en douze jours huit morts et 1340 blessés, dont certains sont dans un état critique, a précisé le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits. Le ministère de l'Intérieur a pour sa part fait état de 1419 arrestations.

Mardi, le prix du galon (environ 3,8 litres) de diesel a baissé de 2,30 dollars à 1,03 et celui de l'essence ordinaire de 2,40 dollars à 1,85, a constaté l'AFP dans plusieurs stations-service du nord de Quito.

Les classes, suspendues par les autorités, ont repris mardi. Plus de deux millions d'écoliers, collégiens et lycéens sont retournés en cours.

Privilégier la paix

Depuis Guayaquil (ouest), où il a transféré le siège du gouvernement pendant la crise, le président Moreno, ancien allié de son prédécesseur socialiste Rafael Correa (2007-2017), a affirmé lundi que le «pays retrouve rapidement le calme». «Ces journées doivent nous enseigner à privilégier la paix, la stabilité, la sécurité», a-t-il déclaré dans un message télévisé.

Durant la contestation, des manifestants avaient pris d'assaut le siège du gouvernement, envahi momentanément hémicycle du parlement, incendié un bâtiment public et attaqué les locaux de deux médias dans la capitale. La mobilisation s'était étendue à d'autres villes du pays, avec blocages de routes et puits pétroliers à l'arrêt, jusqu'à ce que le chef de l'Etat accepte de retirer le décret contesté dimanche soir, à l'issue de négociations avec les indigènes.

La suppression des subventions aux carburants s'inscrivait dans une série de réformes économiques négociées par M. Moreno avec le Fonds monétaire international (FMI) en échange d'un prêt de 4,2 milliards de dollars. Les pertes économiques liées à la crise ont été estimées lundi à au moins 1,5 milliard de dollars par Patricio Alarcon, dirigeant du patronat équatorien.

(nxp/ats)