Grande-Bretagne

04 mai 2012 22:11; Act: 04.05.2012 22:48 Print

Revers des conservateurs aux élections

Le «Labour» a remporté vendredi de nombreux sièges dans le sud de l'Angleterre et au Pays de Galles lors des élections municipales.

storybild

Le scrutin fait figure de sérieux avertissement pour le Premier ministre David Cameron (ici en train d'aller au local de vote en compagnie de sa femme Samantha). (Photo: AFP)

Une faute?

L'opposition travailliste britannique a enregistré une nette poussée en Angleterre et au Pays de Galles, lors d'élections municipales partielles. Ce scrutin fait figure d'avertissement pour le gouvernement de coalition du conservateur David Cameron à mi-mandat.

A Londres cependant, le maire sortant, le conservateur Boris Johnson, était en tête devant le travailliste Ken Livingstone qui a dirigé la ville de 2000 à 2008, selon de premiers résultats partiels publiés vendredi.

Conserver Londres mettrait du baume au coeur au gouvernement de coalition, composé des conservateurs et des libéraux-démocrates et qui a enregistré de mauvais résultats aux élections municipales partielles de jeudi.

L'opposition travailliste a emporté de nombreux conseils municipaux dans le centre et le sud de l'Angleterre ainsi qu'au Pays de Galles, des régions jugées cruciales pour un éventuel retour au gouvernement. La deuxième ville du pays, Birmingham (centre de l'Angleterre), ainsi que Southampton (sud), Plymouth (sud-ouest), et Cardiff au Pays de Galles ont été gagnées par les travaillistes.

824 sièges supplémentaires pour les travaillistes

Plus de 5000 sièges étaient en jeu jeudi dans 181 conseils municipaux d'Angleterre, d'Ecosse et du Pays de Galles.

Dans le détail, les travaillistes ont décroché 824 sièges supplémentaires et contrôlent 75 des 181 conseils qui étaient en jeu lors de ce scrutin, tandis que les conservateurs ont perdu 403 sièges et ne dirigent plus que 42 conseils municipaux, selon des résultats définitifs.

En Ecosse, le Parti national écossais (SNP), parti indépendantiste qui dirige cette région britannique semi-autonome, et le Labour ont remporté de forts gains. Les travaillistes ont pris le contrôle de la capitale Edimbourg, jusqu'alors dirigée par les libéraux-démocrates.

Austérité sanctionnée

Le vote de jeudi, avec une participation très faible estimée à 32%, sanctionne la politique d'austérité du gouvernement qui accumule les déboires depuis des semaines.

Le Royaume-Uni est officiellement retombé en récession au premier trimestre (-0,2%). L'opposition et les syndicats accusent depuis des mois le gouvernement d'avoir «tué la croissance» en «allant trop vite et trop loin» dans les coupes budgétaires, tandis que le chômage se maintient à des niveaux records, avec 2,65 millions de demandeurs d'emploi en février.

Cap maintenu

Mais vendredi, David Cameron a annoncé qu'il maintenait le cap: «Nous devons prendre des décisions difficiles face à la dette, au déficit et à une économie en pièces héritée (du gouvernement travailliste) et nous continuerons à prendre ces décisions nécessaires pour le pays.»

Son ministre des Affaires étrangères, William Hague, a minimisé l'impact des élections comme étant «dans la fourchette habituelle pour des résultats à mi-mandat».

Le chef des travaillistes Ed Miliband, dont l'autorité sort renforcée du scrutin, s'est félicité d'avoir «reconquis la confiance des gens et regagné du terrain». Il a toutefois prévenu «qu'il reste du travail» d'ici aux législatives prévues en 2015.

Autre déconvenue pour le Premier ministre, son appel à élire directement au suffrage universel les maires d'une dizaine de grandes villes n'a pas été suivi. Au moins huit villes ont rejeté l'idée dans des référendums locaux.

(ats)