Zimbabwe

19 décembre 2008 19:08; Act: 19.12.2008 19:10 Print

Robert Mugabe refuse de démissioner

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a défié vendredi les appels à la démission qui se multiplient face à la crise humanitaire dans son pays.

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«Le Zimbabwe m'appartient!», a-t-il scandé devant son parti, avant d'ajouter qu'aucun pays d'Afrique n'a le courage de le renverser.

«Jamais, au grand jamais je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai jamais», a déclaré M. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, devant le congrès annuel de son parti à Bindura, petite ville minière au nord de Harare.

Ses propos sont une réponse aux appels de plus en plus nombreux de capitales étrangères à la démission d'un homme tenu pour responsable de l'effondrement économique du Zimbabwe, frappé par l'hyperinflation, le chômage de masse et des pénuries alimentaires auxquels s'ajoute désormais une épidémie meurtrière de choléra.

La plupart des Etats voisins du Zimbabwe rejettent l'idée d'une intervention militaire, à laquelle s'oppose la puissance régionale sud-africaine. Et de nombreux dirigeants africains demeurent réticents à affronter Mugabe, encore considéré comme un héros de la décolonisation même si la crise économique, politique et humanitaire ébranle son statut.

«Comment des dirigeants africains pourraient-ils renverser Robert Mugabe, organiser une armée pour intervenir ?», a dit M. Mugabe jeudi lors d'une réunion du comité central de la Zanu-PF, son parti. «Je ne connais aucun pays africain qui soit suffisamment courageux pour le faire», a ajouté le président zimbabwéen.

Réélu en juin lors d'un scrutin entaché de violences où il était le seul candidat, M. Mugabe a par ailleurs affirmé qu'il avait adressé une invitation personnelle au leader de la nouvelle majorité parlementaire, Morgan Tsvangirai, pour reprendre les négociations sur un gouvernement d'union.

Disparition de membres de l'opposition

Mais il s'est montré peu confiant dans la mise en oeuvre d'un tel gouvernement, prévu dans l'accord de partage du pouvoir signé le 15 septembre entre les deux parties qui est resté depuis lettre morte.

Lors d'une conférence de presse à Gaborone, au Botswana voisin, M. Tsvangirai a quant à lui menacé de refuser de reprendre les négociations.

Il a exigé que les membres de son parti - au moins 42 selon lui - qui ont disparu depuis le 15 septembre soient relâchés ou présentés devant la justice avant le 1er janvier, faute de quoi il romprait tout contact. Il a également exclu toute négociation sans la médiation de la présidence sud-africaine de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

(ats)