Diplomatie

17 juin 2019 20:46; Act: 18.06.2019 18:55 Print

Salvini affiche son soutien à Washington

Le ministre italien de l'Intérieur s'est déplacé aux Etats-Unis pour y rencontrer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

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Matteo Salvini, qui a dit avoir convaincu Mike Pompeo de se rendre à l'automne en Italie. (Photo: Keystone)

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Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur d'extrême droite qui s'impose toujours plus comme l'homme fort du gouvernement populiste en Italie, a affiché lundi à Washington sa «proximité» avec l'administration de Donald Trump.

Pas de rencontre avec le président des Etats-Unis mais le vice-Premier ministre italien a été reçu par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo puis, à la Maison Blanche, par le vice-président Mike Pence. Le premier a salué la «valeur» des relations italo-américaines tandis que le second a insisté sur les «priorités partagées» par les deux pays.

Matteo Salvini, dont la Ligue vient de remporter les élections européennes et de renforcer sa position au sein du fragile gouvernement de coalition avec les antisystème du Mouvement Cinq Etoiles, n'a que peu évoqué sa propre action dans la lutte contre l'immigration clandestine.

Un «budget trumpien»

Il a en revanche tenté de se forger une stature internationale en soulignant sa «vision partagée» avec le gouvernement du milliardaire républicain «sur l'Iran, le Venezuela, la Libye, la situation au Moyen-Orient, le droit à l'existence d'Israël et sur les inquiétudes quant à l'arrogance chinoise à l'égard de l'Europe et du continent africain».

Comme Donald Trump, il a plaidé pour un dialogue avec la Russie de Vladimir Poutine afin de «rapprocher Moscou du système de valeurs occidentales plutôt que de la laisser dans les bras de Pékin». Comme lui, il a dénoncé la gabegie imputée aux Nations unies.

Et comme le président américain, il a défendu pour son pays une baisse des impôts massive malgré les réticences de Bruxelles liées au déficit et à la dette publics de Rome, allant jusqu'à plaider pour la mise en oeuvre d'un «budget trumpien» dans la Péninsule.

Quitte à donner, sur le sol américain, des coups de griffe à son propre gouvernement. Il a ainsi une nouvelle fois pris ses distances avec la signature d'un accord sur le projet chinois des «Nouvelles routes de la soie», que l'Italie a été le premier pays du G7 à rejoindre, au grand dam des Etats-Unis, qui y voient l'outil des velléités hégémoniques de la Chine.

Tout comme il a déploré que son exécutif n'ait pas encore formellement reconnu l'opposant vénézuélien Juan Guaido comme président par intérim, à l'instar de Washington et d'autres pays européens. «Si ça n'en tenait qu'à moi, on l'aurait déjà reconnu», a-t-il glissé lors d'une conférence de presse.

Quant à l'Union européenne, que Donald Trump ne manque jamais d'égratigner, Matteo Salvini en a critiqué les «fragilités» avant d'attaquer le mauvais bilan, à ses yeux, de la cheffe de la diplomatie européenne, sa compatriote Federica Mogherini, à la veille de son propre déplacement à Washington.

Invitation à Pompeo

L'administration Trump et le milliardaire lui-même ne cachent pas leurs affinités avec le gouvernement populiste italien.

«L'approche de Salvini en matière de politique étrangère (...) s'inspire fortement de la stratégie America First , l'Amérique d'abord du président Trump, ce qui crée des fractures avec le Mouvement Cinq Etoiles et des incertitudes dans les équilibres européens», souligne la chercheuse italienne Giovanna De Maio, du cercle de réflexion américain Brookings Institution.

Evoquant les liens du chef de la Ligue avec «les cercles d'extrême droite américains», et notamment avec Steve Bannon, l'ancien proche conseiller de Donald Trump, elle rappelle qu'un soutien de l'administration américaine peut lui donner du poids en Europe dans sa tentative de s'imposer en tant que «chef de file du front souverainiste».

Matteo Salvini, qui a dit avoir convaincu Mike Pompeo de se rendre à l'automne dans les Abruzzes, région du centre de l'Italie d'où étaient originaire les grands-parents du chef de la diplomatie américaine, a tenté de surfer sur ces affinités, les élargissant à d'autres pays. «Entre l'Italie, les Etats-Unis, Israël, Brésil, la Pologne et la Hongrie, il y a une proximité dans la vision du monde, des droits et des valeurs», a-t-il assuré, martelant que la Ligue n'était pas «isolée».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean110 le 17.06.2019 21:22 Report dénoncer ce commentaire

    vision du monde ?

    Résultats, de la globalisation: délocalisation, dumping salarial, pression sur les vieux employés, transports saturés, manque de logement, augmentations des taxes, aide sociales dans le rouge

  • Patrice le 17.06.2019 22:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    extrême droite à toutes les sauces

    C'est rigolo c'est mention persistante des médias, "extrême droite"... Salvini défend simplement le droit de ses concitoyens à ne pas se voir imposer des vagues d'immigration massives par l'UE. On en viendrait presque à se poser des questions sur les motivations réelles de ces médias mainstream..

  • Samuele le 18.06.2019 04:30 Report dénoncer ce commentaire

    Route de la soie

    Attends que les Chinois viennent poser leur pions en Europe et en suisse. Tu comprendra tout de suite ta douleur.

Les derniers commentaires

  • Fabienne le 18.06.2019 18:53 Report dénoncer ce commentaire

    Les meilleurs

    Ces deux personnes sont les hommes politiques les plus brillants. Ils défendent leur peuple et c'est pour cela que nous élisons nos politique.

  • Avenir de Rêve le 18.06.2019 15:02 Report dénoncer ce commentaire

    Bientôt la fin des haricots

    Bientôt la fin! Plus personne ne veut de migrants alors que la population vieillit! Qui donc va faire le travail quand la majorité des habitants des pays occidentaux seront à la retraite? Qui va s'occuper de nos petits vieux dans les EMS? Qui va nourrir nos seniors quand ceux-ci seront totalement démunis (il y en a beaucoup que l'on ne croit)? Qui va travailler pour payer notre AVS? Qui va liver nos magasins dans lesquels ceux qui ne seront pas (encore) impotents voudront aller faire leurs courses? Qui viendra réparer nos sanitaires, les polonais n'ayant plus le droit de venir?

    • Jean110 le 18.06.2019 16:10 Report dénoncer ce commentaire

      @Avenir de Rêve/la fin des vaches à lait

      Le travail sera exécuté par des famille de migrants à l'aide sociales depuis plus de 10 ans, ne parlant toujours pas notre langue malgré TOUS les programmes d'insertions offerts

    • Marc le 18.06.2019 17:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean110

      Magnifiquement dit !

    • Baladin09 le 18.06.2019 17:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Avenir de Rêve

      il y a toujours les frontaliers sur lesquels tout le monde crache sans réfléchir.

    • Nostra*&*somniator le 18.06.2019 18:23 Report dénoncer ce commentaire

      Un poil de réflexion Avenir sans avenir

      De plus en plus de personnes dotées d'un cerveau pensant prédisent qu'il n'y aura plus de travail pour l'homme. On veut tout faire faire par des machines on compte sur des drones pour livrer le courrier, des avions sans pilotes (un pilote coûte trop cher) voilà votre avenir de rêve: AUCUN avenir!!!

    • la Veritév le 18.06.2019 18:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Avenir de Rêve

      Et si les suisses se retroussaient les manches et apprenaient a faire les petits travaux ? Il y a un chenaux à prendre .. l'époque ou on gagnait bcp en se dorant la pilule au soleil est révolus Je travail avec bcp de corps de métier blancs qui font tourner l'economie , mais les autres sont aux abonnés absents

    • idée le 18.06.2019 18:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Baladin09

      Pourquoi pas des suisses qui doivent revenir su pays au Lieu de vivre sous le tropiques avec redevance AI ?

  • Loulou le 18.06.2019 14:04 Report dénoncer ce commentaire

    Les bas de plafond

    se rencontrent.

    • Donald le 18.06.2019 18:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Loulou

      Et tu sais de quoi tu parles....

    • mickey le 18.06.2019 18:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Donald

      Les extrêmes coïncident , 1 point d'un cercle est le dernier ou le premier d'une ligne courbe

  • bave le 18.06.2019 13:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    gus

    plus de bon sens avec trump que l'EU bravo salvini et tout à fait juste

  • jules césar le 18.06.2019 13:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    CQFD

    Si l'Italie tombe sous l'influence américaine, l'UE n'a qu'à s'en prendre à elle même. Quand L'Italie était submergée par les migrants, personne n'a levé le petit doigt pour les aider. La France en tête. Et maintenant elles devrait remercier ses "amis" . Le résultat c'est une UE toujours plus déchirée .Brexit , populistes et naturellement les USA la Chine et les russes veulent en profiter.