Bâtiment pris d'assaut

29 mars 2011 16:38; Act: 29.03.2011 20:15 Print

Sanglante prise d'otages en Irak

Une prise d'otages menée mardi dans les bâtiments du conseil provincial de Salahuddine à Takrit (centre) a fait au moins 41 morts.

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La police irakienne a pris d'assaut mardi le conseil provincial de Salaheddine, à Tikrit au nord de Bagdad, mettant fin à son occupation par un commando armé. Une opération sanglante qui a fait au moins 41 morts.

Les hommes armés, qui étaient équipés de vestes explosives, avaient pris le contrôle en début d'après-midi de cet édifice du centre de Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad, à la faveur de la panique provoquée par un premier attentat suicide devant le bâtiment.

«La police a mis une heure pour nettoyer le bâtiment», a annoncé en fin d'après-midi un responsable du commandement des opérations de la province de Salaheddine, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. Tikrit est l'ancien fief de l'ex-président Saddam Hussein, renversé en 2003 par l'invasion américaine.

Un responsable du poste de police à l'hôpital général de Tikrit a précisé que l'attaque avait fait 41 morts et 95 blessés et que six «terroristes» avaient également péri. D'autres sources ont parlé de 45 morts

Mode opératoire d'Al-Qaïda

Cette attaque, la plus sanglante en deux mois en Irak, n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, mais son mode opératoire porte la marque de la branche irakienne d'Al-Qaïda. Elle a débuté peu après midi par un attentat suicide devant l'entrée principale du conseil de cette province à majorité sunnite.

Les cinq autres membres du commando, tous vêtus d'uniformes de l'armée irakienne, ont profité de la panique créée par l'explosion pour entrer dans le bâtiment. Vingt minutes plus tard, une voiture piégée garée à proximité a explosé au moment où affluaient les renforts des forces de sécurité.

Le colonel Imad Nofan, un des responsables de la police de Tikrit, et son adjoint ont péri dans cette seconde explosion, de même que le journaliste irakien Sabah al-Bazi, qui travaillait pour de nombreux médias étrangers, et notamment l'agence Reuters, selon des sources concordantes.

Une confrontation de plusieurs heures a suivi entre les forces de sécurité et les hommes armés qui ouvraient le feu sur quiconque tentait de s'approcher de l'édifice.

Quatre assaillants abattus

On ignorait dans l'immédiat combien de civils ont été coincés à l'intérieur du bâtiment, certains témoins ayant affirmé avoir vu de nombreuses personnes fuir le bâtiment aux premiers instants de l'attaque. Au moins trois membres du conseil provincial figurent parmi les morts, selon des responsables des services de sécurité.

Un autre kamikaze a activé sa ceinture d'explosifs à l'intérieur du bâtiment, et les quatre autres ont finalement été abattus par la police lors de l'assaut final, a-t-on indiqué de sources médicales. «La plupart des corps récupérés à l'intérieur étaient carbonisés», a- t-on ajouté.

Ancien bastion de l'insurrection sunnite, la province de Salaheddine demeure le théâtre d'attentats sanglants. Le 18 janvier, au moins 50 personnes avaient péri et 150 avaient été blessées dans un attentat suicide commis contre un centre de recrutement de la police à Tikrit.

L'attaque de mardi n'est pas sans rappeler celle commise le 31 octobre par un commando armé qui s'était retranché en pleine messe jusqu'à la mort dans la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, ou encore celle du 13 juin, quand cinq kamikazes avaient résisté plusieurs heures durant aux forces de sécurité dans la Banque centrale avant de se faire exploser.

Ces deux opérations avaient été revendiquées par l'Etat islamique en Irak, la branche locale d'Al-Qaïda.

(ats/ap)