Campione d'Italia (It)

06 février 2019 19:16; Act: 06.02.2019 19:16 Print

Sans chauffage et oubliés par l'Italie

Les employés communaux de Campione d'Italia, enclave italienne au Tessin, doivent travailler sans chauffage. Les gendarmes ne reçoivent plus d'indemnité de résidence.

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Le Casino de Campione d'Italia se vantait d'être le plus grand en Europe. Son actionnaire principal était la commune.

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Après les enseignants de l'école maternelle, les fonctionnaires, les croupiers et travailleurs du casino qui sont sans salaire depuis des mois, les seize gendarmes de Campione d'Italia ne sont plus payés. Contrairement aux autres employés communaux, les agents reçoivent toujours leur solde payée directement par l'armée italienne, mais ne perçoivent plus leurs 3500 euros mensuels d'indemnité de résidence qui était donnée directement par la commune.

La fermeture du casino l'année dernière a eu des répercussions sur toute l'enclave italienne située en Suisse. Des anciens employés ont établi un campement sur la place centrale de la localité depuis des mois. Ils ont témoigné, mercredi, des temps difficiles qu'ils vivent depuis la fermeture de la maison de jeux, à tio.ch/20minuti.ch.

«Il y a de nombreux Suisses qui viennent nous trouver et nous amènent ce qu'ils ont: du pain, de la sauce tomate ou encore de l'argent pour la caisse commune qui sert à aider les familles dans le besoin», explique un ancien employé. Un autre précise qu'il ne voit pas d'Italiens sur place. «Nous ne sommes pas sympathiques aux yeux de nos compatriotes. Peut-être parce qu'ils se souviennent de quand il y avait beaucoup de richesse ici et qu'elle provenait du casino. Ils oublient par contre que nous avons toujours payé les impôts et que les gains qui provenaient des jeux ont été distribués à tout le monde.»

La commune elle-même doit faire face à des problèmes de trésorerie. Mardi, les employés de la commune sont allés travailler dans le froid. La chaufferie de l'hôtel de ville s'est arrêtée car il n'y avait plus de mazout. Et le commissaire Giorgio Zanzi qui administre la commune depuis l'automne dernier a eu toutes les peines du monde pour convaincre un fournisseur suisse de lui concéder un nouveau prêt. Mais dans ce cas aussi la solidarité des «cousins tessinois» n'a pas flanché.

(atk)