Grève dans les aéroports

21 décembre 2011 19:19; Act: 21.12.2011 19:30 Print

Sarkozy demande au gouvernement d'intervenir

Le président français a sommé mercredi le gouvernement d'intervenir dans le conflit des agents de sûreté des aéroports pour assurer les départs à la veille de Noël.

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Grévistes et employeurs campaient sur leurs positions, dans un conflit qui perturbe le trafic aérien depuis six jours.

En conseil des ministres, le chef de l'Etat a «demandé aux ministres d'être extrêmement attentifs à l'évolution de la situation et de prendre toutes les mesures nécessaires et opportunes compte tenu de cette évolution», a indiqué la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse. Elle n'a pas précisé exactement lesquelles.

Mardi, le gouvernement avait annoncé que des policiers se tenaient prêts à remplacer les grévistes au nom de la sécurité. Le ministère de l'Intérieur avait annoncé que 300 policiers de la police aux frontières (PAF) et 100 militaires de la gendarmerie des transports aériens (GTA) étaient «prêts à se substituer aux agents grévistes pour assurer les missions de fouille des passagers et des bagages».

La CFDT a dénoncé cette décision, «inadmissible et contradictoire avec le droit français» et qui «bafoue la dignité des salariés».

«Un beau blocage»

De nouvelles discussions étaient en cours mercredi à Paris- Roissy, sous l'égide d'un médiateur nommé par le gouvernement. Les grévistes exigent toujours de meilleures conditions de travail et une hausse des salaires de 200 euros brut (obtenue fin 2010 par les agents de Marseille).

Mais selon Omar Kerriou, du syndicat CFDT, «c'est un beau blocage». «Le médiateur n'a aucun mandat, le patronat reste bloqué et ne veut pas négocier sur les salaires et ADP (Aéroports de Paris, ndlr.) ne veut pas participer, or c'est le donneur d'ordres et les employeurs disent qu'ADP tire les prix vers le bas de façon à ce qu'ils ne puissent pas augmenter les salaires», explique-t-il.

Peu de mobilisation à Nice

Mercredi, des files d'attente se formaient aux heures de pointe à Roissy, aux terminaux 2F et 2E, a constaté une journaliste de l'AFP. A 15h00, la totalité des vols au départ des aéroports de Roissy et Orly était assurée, alors que 119'000 passagers étaient attendus dans la journée.

A Roissy, pas «d'attente significative aux postes de contrôle quel que soit le terminal», assure ADP. Et l'exploitant de préciser que sur les 605 vols prévus au départ, 345 vols avaient déjà décollé.

A Lyon-Saint-Exupéry, qui a été le plus touché par le mouvement, tous les vols devaient être assurés mercredi, selon la direction de l'aéroport. Elle a appelé en renfort d'autres sociétés de sûreté.

A l'aéroport de Nice-Côte d'Azur, les agents de sûreté étaient peu mobilisés malgré un appel à la grève lancé la veille. La grève n'a entraîné jusqu'à présent aucune perturbation de trafic, indiquait en début d'après-midi la préfecture des Alpes-Maritimes.

(ats)