France

03 mars 2011 11:29; Act: 03.03.2011 12:11 Print

Sarkozy sacrifie son «bouclier fiscal»

Le bouclier fiscal est mort et enterré. Le président français Nicolas Sarkozy, qui avait fait de cette réforme un de ses fer-de-lance, tire un trait sur cette mesure.

Sur ce sujet
Une faute?

Le Premier ministre français François Fillon a prononcé jeudi l'acte de décès du «bouclier fiscal», qui plafonne l'imposition des plus hauts revenus. Cette mesures était emblématiques du début de mandat du président Nicolas Sarkozy.

Le président français avait lui-même annoncé en novembre 2010 une vaste réforme fiscale comprenant la suppression de cette mesure très critiquée par l'opposition de gauche, qui limite à 50% des revenus le total des impôts directs que doivent payer les contribuables.

Cette réforme, annoncée jeudi par François Fillon, prévoit aussi un remodelage de l'impôt sur les grandes fortunes, qui épargnera désormais 300'000 contribuables qui y étaient assujettis à cause de la flambée des prix immobiliers.

Un remède imparfait

«En supprimant le bouclier fiscal», le gouvernement entend aussi «mettre fin aux défauts de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) dont le bouclier était le remède imparfait», a souligné François Fillon, lors d'un colloque sur le thème «patrimoine et fiscalité».

Ainsi, a poursuivi le Premier ministre, la réforme fiscale «devrait permettre de sortir de l'imposition sur la fortune 300'000 foyers qui y sont entrés depuis dix ans, essentiellement à cause de la flambée des prix de l'immobilier». Le patrimoine immobilier entre dans le calcul de cet impôt.

En supprimant le bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy revient sur l'un des «marqueurs» de sa politique qui, à son arrivée au pouvoir en 2007, entendait favoriser la valeur travail et éviter l'évasion des capitaux de ceux qui avaient le potentiel d'investir en France.

Ce bouclier fiscal est très violemment critiqué par l'opposition de gauche. Pour elle, il est le symbole d'une politique favorable aux Français les plus riches.

(ats)