Corée du Sud

06 décembre 2016 06:50; Act: 06.12.2016 08:17 Print

Scandale de corruption: les patrons sur la sellette

Les affaires qui atteignent la présidente prennent de l'ampleur et l'élite économique est touchée.

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L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi en appel à 25 ans de prison pour corruption. (Vendredi 24 août 2018) Park Geun-hye a déposé devant la justice de son pays un document par lequel elle renonce à faire appel de sa condamnation. L'ancienne présidente a pris 24 ans de prison pour corruption. (16 avril 2018) Park Geun-hye a été condamnée à 24 ans de prison. Elle a été reconnue coupable de corruption, abus de pouvoir et de coercition. (Vendredi 6 avril 2018) Le parquet sud-coréen a requis trente ans de réclusion criminelle contre l'ex-présidente Park Geun-hye, qui se trouve en détention provisoire depuis un an. (Mardi 27 février 2018) L'héritier de l'empire Samsung Lee Jae-Yong, qui avait été jugé pour corruption, voit sa peine allégée par de la prison avec sursis. La cour a ordonné sa liberté immédiate. (5 février 2018) La présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye, actuellement jugée pour corruption, va également être inculpée pour avoir détourné l'équivalent de millions d'euros de fonds secrets des renseignements. (Jeudi 4 janvier 2018) Plusieurs avocats commis d'office ont été désignés mercredi pour défendre l'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-Hye jugée pour corruption, une semaine après la démission collective de ses conseils qui accusaient la justice de partialité. (25 octobre 2017) L'héritier de Samsung, Lee Jae-Yong, a été condamné vendredi à cinq ans de prison. Il a été reconnu coupable de corruption, abus de bien sociaux et parjure. (25 août 2017) Han Myeong-sook, 73 ans, est sortie de prison après avoir purgé une peine de deux ans pour financement politique illicite.. Elle avait été Première ministre durant un an à partir d'avril 2006, sous le gouvernement libéral du président de l'époque, Roh Moo-Hyun. Elle a été la première Première ministre en Corée du Sud. (Mercredi 23 août) Lee Jae-Yong (au centre), vice-président de Samsung Electronics et fils du président du groupe Samsung est jugé pour corruption. Les procureurs sud-coréens réclament une peine de 12 ans de prison. (Lundi 7 août 2017) Choi Soon-sil, l'amie de l'ancienne présidente sud-coréenne Park Geun-hye, a été condamnée à trois ans de prison. (Vendredi 23 juin 2017) La fille de Choi Soon-Sil, ancienne confidente de l'ex-présidente qui a entraîné sa destitution, a été arrêtée pourrait être poursuivie pour complicité. (Mercredi 31 mai 2017) Park Geun-hye fera face aux juges mardi 23 mai dans le cadre d'un méga scandale de corruption qui lui a coûté sa présidence. (Image d'archive) L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été arrêtée vendredi matin (heure de Séoul), rapporte l'agence sud-coréenne de presse Yonhap. Elle avait été destituée pour trafic d'influence. (Jeudi 30 mars 2017) Lundi 27 mars, soit une semaine après l'audition de la présidente destituée, Park Geun-Hye, les enquêteurs sud-coréens ont annoncé qu'il allaient demander son arrestation. (Image d'archive - 21 mars 2017) Park Geun-Hye, s'est présentée devant les magistrats du parquet pour être entendue sur le retentissant scandale de corruption et de trafic d'influence qui a précipité sa chute. (Mardi 21 mars 2017) Les juges de la Cour constitutionnelle ont voté le 10 mars et confirmé à l'unanimité le limogeage de la présidente Park Geun-Hye, décidé par l'Assemblée en décembre 2016. (Image - vendredi 10 mars 2017) Les agissements de Park Geun-Hye «ont porté gravement atteinte à l'esprit (...) de la démocratie et de l'Etat de droit», a déclaré le président de la Cour constitutionnelle, Lee Jung-Mi. «La présidente Park Geun-Hye (...) a été congédiée». Park Geun-Hye devra donc quitter la Maison bleue, la présidence sud-coréenne ; une élection présidentielle anticipée devra être organisée sous 60 jours après la décision, le 10 mars, de la Cour constitutionnelle. (image d'archive - 1er anvier 2017) Le bureau du procureur spécial sud-coréen a annoncé mardi la mise en examen du patron de Samsung Group, Lee Jae-Yong. Il est accusé de corruption, détournement de fonds et d'autres infractions dans le cadre de l'enquête sur un scandale national. (Mardi 28 février 2017) L'héritier du géant sud-coréen Samsung a été arrêté. (Vendredi 17 février 2017) L'héritier de l'empire Samsung, Lee Jae-Yong, était de nouveau entendu par les enquêteurs dans le retentissant scandale de corruption qui a entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. (Lundi 13 février 2017) Un officier monte la garde devant la présidence sud-coréenne. Les enquêteurs ont tenté d'y pénétrer afin de mener une perquisition, sans succès. (03 février 2017) L'héritier présomptif de Samsung, Lee Jae-Yong, est officiellement considéré comme un «suspect» dans le scandale retentissant de corruption et de trafic d'influence qui a entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne. (Mercredi 11 janvier 2017) Les avocats de la présidente sud-coréenne ont affirmé jeudi qu'aucune «preuve tangible» n'appuyait la demande de destitution la visant. Ils ont appelé la Cour constitutionnelle à rétablir immédiatement Park Geun-Hye dans ses fonctions. (Jeudi 5 janvier 2017) Des dizaines de milliers de Sud-coréens ont défilé à Séoul samedi pour réclamer le départ immédiat de la présidente Park Geun-Hye. (24 décembre 2016) Des dizaines de milliers de Sud-coréens ont défilé à Séoul samedi pour réclamer le départ immédiat de la présidente Park Geun-Hye. (24 décembre 2016) Des dizaines de milliers de Sud-coréens ont défilé à Séoul samedi pour réclamer le départ immédiat de la présidente Park Geun-Hye. (24 décembre 2016) Début de la procédure parlementaire de destitution de Park Geun-hye. (Cour constitutionnelle, 22 décembre 2016) La présidente Park Geun-Hye destituée: «Je suis tellement désolée pour tous les Sud-Coréens d'avoir créé ce chaos national par ma négligence alors que notre pays fait face à tant de difficultés, allant de l'économie à la défense nationale.» Visée par un scandale de corruption, Park Geun-Hye a été destituée par les députés sud-coréens ce vendredi. (9 décembre 2016) Park Geun-hye est la cible d'importantes manifestations chaque week-end (Jeudi 8 décembre 2016). Le patron du groupe Hanjin, Cho Yang-Ho (R), témoigne devant la commission parlementaire qui enquête sur le vaste scandale de corruption, à Séoul le 6 décembre 2016. (Mardi 6 décembre 2016). La présidente sud-coréenne Park Geun-hye, éclaboussée par un scandale de corruption, a demandé mardi au Parlement de trouver un moyen pour la démettre de ses fonctions. Elle laisse également au législatif le soin de fixer la date de son départ. (Mardi 29 novembre 2016). La présidente sud-coréenne Park Geun-hye ne veut pas donner suite à la demande de la justice de l'auditionner cette semaine dans le cadre d'une affaire de trafic d'influence, a déclaré lundi son avocat. (28 novembre 2016) Des milliers de personnes ont bravé samedi le froid et la neige pour manifester à Séoul, réclamant la démission de la présidente Park Geun-Hye empêtrée dans un retentissant scandale de trafic d'influence. (Samedi 26 novembre 2016) Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé samedi à se rassembler à Séoul, pour la quatrième fois en autant de semaines, pour demander la démission de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, touchée par un scandale de corruption. (19 novembre 2016) Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé samedi à se rassembler à Séoul, pour la quatrième fois en autant de semaines, pour demander la démission de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, touchée par un scandale de corruption. (19 novembre 2016) Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé samedi à se rassembler à Séoul, pour la quatrième fois en autant de semaines, pour demander la démission de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, touchée par un scandale de corruption. (19 novembre 2016) La présidente sud-coréenne s'efforce ainsi une nouvelle fois de désamorcer la crise qui secoue son mandat. Park Geun-hye a déclaré mardi qu'elle était prête à laisser le parlement proposer un candidat au poste de premier ministre. (8 novembre 2016) Les Sud-Coréens sont descendus dans la rue pour réclamer la démission de leur présidente Park Geun-Hye, qui a endossé la pleine responsabilité du vaste scandale politico-financier qui la vise. (Séoul, 5 novembre 2016) Une des plus importantes manifestations organisées dans le pays depuis des années, quelque 40'000 personnes selon la police, 200'000 selon les organisateurs, ont appelé au départ de Mme Park lors d'une veillée aux chandelles. (Séoul, 5 novembre 2016) Séoul, 5 novembre 2016. Séoul, 5 novembre 2016. Selon les organisateurs, près de 200'000 Sud-Coréens étaient dans la rue. (Séoul, 5 novembre 2016) Selon les organisateurs, près de 200'000 Sud-Coréens étaient dans la rue. (Séoul, 5 novembre 2016) La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye est accusée d'avoir été sous la coupe d'une sulfureuse conseillère de l'ombre, Choi Soon-Sil, qui aurait profité de son ascendant pour spolier des groupes industriels. (5 novembre 2016)

Une faute?

Les capitaines d'industrie sud-coréens, d'ordinaire réticents à toute publicité, affrontaient mardi leur pire cauchemar dans le scandale de corruption retentissant qui secoue le pays: être entendus devant des millions de téléspectateurs.

Les huit plus grands patrons du pays étaient interrogés sans merci par une commission d'enquête parlementaire sur les donations faites à deux fondations douteuses contrôlées par Choi Soo-Sil, amie proche de la présidente Park Geun-Hye.

Mme Choi attend son procès pour extorsion et abus de pouvoir. Mme Park affronte vendredi une motion de destitution qui semble assurée d'être votée, plus de 30 députés rebelles de son propre parti conservateur -- le Saenuri -- étant désormais favorables au texte.

Surnommée «Raspoutine» par la presse, Mme Choi est accusée d'avoir utilisé ses relations d'amitié avec la présidente pour forcer les groupes industriels à verser de l'argent aux fondations en question, et de s'être servie de ces dernières comme son tiroir-caisse personnel. La présidente est suspectée de complicité.

Who's who de l'élite

Les auditions sont diffusées en direct par les principales chaînes sud-coréennes, moments très inconfortables pour des chefs d'entreprise qui n'ont pas l'habitude de répondre aux questions ou de se justifier.

La liste des témoins fait figure de who's who de l'élite entrepreneuriale: y figurent le vice-président de Samsung Electronics et héritier présomptif de l'empire Samsung, Lee Jae-Yong, le président de Hyundai Motors Chung Mong-Koo et celui de Lotte Shin Dong-Bin.

Leurs conglomérats familiaux géants, les fameux «chaebols», dominent depuis des décennies la marche d'une économie portée par les exportations, la quatrième d'Asie.

Devant la commission d'enquête, Lee Jae-Yong semblait très mal à l'aise, cherchant à détourner les questions sur les liens entre Samsung et la famille de Mme Choi, énonçant des regrets généraux lors de réponses toutes faites.

Samsung très impliqué

«J'ai tant de faiblesses et Samsung a des choses à corriger», a-t-il répondu comme on lui demandait s'il était d'accord pour considérer que les «chaebols» étaient entrés en collusion avec la confidente de l'ombre, en connaissance de cause.

«Cette crise m'a fait prendre conscience que nous avons besoin de changer pour répondre aux attentes du public», a-t-il dit, ignorant un député qui lui demandait sans cesse: «Répondez à la question!»

Plus grand conglomérat du pays, Samsung est celui qui a ouvert le plus grand les cordons de sa bourse en donnant aux fondations de Mme Choi 20 milliards de wons (17 millions de dollars), suivi par Hyundai, SK, LG et Lotte.

Samsung est en outre soupçonné par le parquet sud-coréen d'avoir financé à hauteur de plusieurs millions d'euros la formation équestre de la fille de Mme Choi en Allemagne.

La commission d'enquête cherche principalement à savoir si des services ont été rendus en échange de l'argent versé.

Pression

Samsung reçoit de nombreuses demandes de financements, a dit M. Lee. «Mais nous n'apportons jamais notre soutien ou nos financements en échange de quelque chose».

Du côté de l'enquête judiciaire, le parquet veut aussi savoir si Samsung a fait pression sur le gouvernement pour obtenir le soutien de la Caisse nationale de retraite lors d'une fusion controversée en 2015.

La Caisse de retraite, qui est le principal actionnaire de nombreuses sociétés du groupe Samsung, avait donné un feu vert décisif à cette fusion de deux de ses unités, opération qui avait renforcé le contrôle de Lee Jae-Yong sur Samsung Electronics, navire amiral de l'empire.

Le seul précédent à ces auditions date de 1988, un an après le retour de la démocratie présidentielle après des décennies de règne militaire. Les patrons de «chaebols» avaient alors été interrogés par les députés sur des dons à une autre fondation créée essentiellement pour servir de caisse noire à l'ancien homme fort Chun Doo-Hwan.

Exutoire

Le scandale actuel a mis en lumière l'écart croissant des niveaux de richesses en Corée du Sud et le ressentiment de l'opinion quant à la vie dorée des privilégiés, politiques ou élite entrepreneuriale.

Devant l'Assemblée nationale, des manifestants ont accueilli les capitaines d'industrie aux cris de «Enfermez-les!».

«Il est extrêmement rare que ces gens soient exposés au regard du public de cette manière», a commenté Chung Sun-Sup, président de Chaebol.com, un site de surveillance du comportement des entreprises. «Les gens les détestent à cause de leur conduite et leur envient leur richesse. Pour beaucoup, voir le Parlement les cuisiner est une forme d'exutoire».

(nxp/afp)