Touristes tuées au Maroc

30 mai 2019 19:08; Act: 30.05.2019 21:45 Print

«J'en ai décapité une (...), je regrette»

Jeudi, 24 hommes ont comparu pour le meurtre de deux touristes scandinaves, mi-décembre, au Maroc. Un Suisse est impliqué.

Voir le diaporama en grand »
Les dernières comparutions ont eu lieu dans le cadre du procès pour assassinats de deux touristes scandinaves, tuées à mi-décembre 2019, au Maroc. (Jeudi 20 juin 2019) Au Maroc, le procès de 24 hommes suspectés du meurtre et de la décapitation de deux touristes scandinaves a repris. (Jeudi 30 mai 2019) Le procès des assassins présumés de deux touristes scandinaves, décapitées dans le sud du Maroc, a été ajourné jeudi au terme d'une brève audience. (Jeudi 16 mai 2019) Les suspects de l'assassinat de deux touristes au Maroc avaient adhéré à un «credo jihadiste», selon les enquêteurs. (Jeudi 16 mai 2019) Le procès a été reporté au 16 mai. L'épouse (à droite) et la mère (au centre) du suspect Hispano-Suisse étaient présentes au tribunal à Salé, ville-jumelle de Rabat. (Jeudi 2 mai 2019) Forte présence de la police pour le procès des assassins présumés de deux jeunes touristes scandinave. (Jeudi 2 mai 2019) Les suspects arrivent pour être jugés devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé, ville-jumelle de Rabat. (Jeudi 2 mai 2019) Le procès des assassins présumés de deux touristes scandinaves a débuté jeudi 2 mai 2019 devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Salé, à Rabat. Il a été rapidement reporté au 16 mai. Cette décision a été prise pour permettre aux avocats de mieux prendre connaissance du dossier. Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées, dans la nuit du 16 au 17 décembre 2019, sur un site isolé du Haut-Atlas où elles campaient. Le site où le double assassinat a eu lieu, près du village d'Imlil. La police scientifique près de la tente où les deux touristes campaient. La police scientifique près de la tente où les deux touristes campaient.

Sur ce sujet
Une faute?

Le chef présumé d'une cellule djihadiste a reconnu jeudi son rôle dans l'assassinat de deux jeunes touristes scandinaves décapitées mi-décembre au Maroc au nom du groupe Etat islamique (EI), à la reprise du procès à Salé, près de Rabat.

«J'en ai décapité une (...), je regrette», a déclaré Abdessamad E., un marchand ambulant de 25 ans jugé avec 23 autres suspects pour le crime commis dans la nuit du 15 au 16 décembre dans la région du Haut-Atlas (sud).

Peine capitale

Les victimes, Louisa, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren, une Norvégienne de 28 ans, campaient dans un site isolé, avant une grande randonnée en montagne. Ceux qui ont activement participé à leur assassinat risquent théoriquement la peine capitale - des condamnations à la peine de mort sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993.

Jeudi matin, les 24 accusés sont arrivés sous haute surveillance à la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Salé pour cette audience, la troisième depuis l'ouverture début mai de ce procès très suivi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Décapitation filmée

Trois des accusés sont jugés pour leur implication directe dans le crime: Abdessamad E., Younes O. (27 ans) et Rachid A. (33 ans), tous natifs de la région de Marrakech (sud). Abdessamad E. avait déjà fait de la prison pour avoir tenté de rejoindre l'EI en Syrie. «O. a tué l'autre» fille, a affirmé Abdessamad E.. «Nous aimions l'EI et nous priions Dieu pour lui», a-t-il ajouté.

Le trio a filmé la décapitation d'une des deux victimes et diffusé les images sur les réseaux sociaux. Une autre vidéo publiée dans la foulée montre leur serment d'allégeance à l'EI, aux côtés d'un quatrième prévenu Abderrahim K., 33 ans, qui les avait accompagnés dans le Haut-Atlas, mais les avait quittés avant l'agression des deux touristes.

Issus de milieux modestes, avec un niveau d'instruction très bas, tous vivaient de petits boulots dans des quartiers déshérités de Marrakech, destination touristique phare du royaume.

«Responsabilité morale» de l'Etat

Leur «cellule terroriste» inspirée par l'idéologie djihadiste, n'avait pas de «contact» avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon les enquêteurs, et l'EI n'a jamais revendiqué leurs actes.

Les autres accusés sont poursuivis pour leurs liens avec les tueurs présumés. Seul étranger du groupe, Kevin Z. G. est un Hispano-Suisse de 25 ans installé au Maroc après sa conversion à l'islam.

Le Tribunal de Salé a accepté la demande de la partie civile d'engager la «responsabilité morale» de l'Etat en vue de dédommagements. De ce fait, un agent judiciaire de l'Etat est présent pour cette nouvelle audience.

(nxp/afp)