Nouvelle-Zélande

12 décembre 2019 08:28; Act: 12.12.2019 21:31 Print

L'armée à la recherche des victimes du volcan

Deux hélicoptères de l'armée néo-zélandaise vont tenter de récupérer les corps de huit personnes tuées en début de semaine par un volcan sur l'île de White Island.

Le volcan au moment de l'éruption.
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Deux hélicoptères de l'armée néo-zélandaise ont atterri vendredi à l'aube sur l'île de White Island malgré les risques d'éruption, pour tenter de récupérer les corps de huit personnes tuées en début de semaine par un volcan.

Les deux engins avaient décollé de Whakatane aux premières lueurs du soleil pour White Island, où l'éruption de lundi dernier aurait tué au moins 16 personnes en visite touristique, selon un bilan provisoire. «L'équipe de récupération menant l'opération pour ramener les corps de White Island a atterri sur l'île», selon un communiqué de la police.

Simultanément, la police a emmené les familles en deuil près de l'île sur un bateau et une bénédiction maorie a été organisée.

Selon les autorités, huit corps restent sur le volcan. Elles ont accepté de lancer cette mission de récupération après des pressions des familles ces derniers jours, même si les risques d'une nouvelle éruption importante dans les prochaines 24 heures sont évaluées à 50 à 60%.

Des volcanologues suivront en direct les relevés d'activité sismique du volcan toujours fumant, pendant que l'équipe formée de huit militaires tentera de ramasser les corps. Au moindre signe d'un risque d'éruption, l'opération sera arrêtée.

«Bien sûr que je suis inquiet, je ne serai pas humain si je ne m'inquiétais pas», a déclaré Mike Clement, un responsable de la police, lorsqu'il a dévoilé ce plan jeudi soir. Mais «nous avons un travail à faire». Grâce aux survols de drones et d'hélicoptère, immédiatement après l'éruption, les autorités ont localisé six des huit corps de victimes.

Récupérer ces six corps sera la priorité, puis viendra la recherche des deux manquants, selon M. Clement. Ils seront ensuite transportés sur la frégate militaire HMNZS Wellington ancrée au large. «Des gens se mettent en première ligne pour faire ce qu'il faut... Nos pensées, nos prières et notre amour seront avec eux», a-t-il ajouté.

Frustration des familles

Le nombre de personnes qui seraient décédées au cours de cette éruption s'élève à 16. Huit personnes sont toujours portées disparues et considérées comme mortes sur White Island.

Parmi elles, un guide néo-zélandais, Hayden Marshall-Inman, dont le frère Mark Inman avait exprimé jeudi la frustration des familles. Pointant du doigt la «bureaucratie» et les dirigeants, responsables du retard dans la récupération des corps, il a proposé d'aller lui-même sur l'île.

Plus tôt dans la journée, la Première ministre Jacinda Ardern avait souligné que «tout le monde attend désespérément le retour des victimes». «Nous voulons tous nous assurer que dès que possible (...) l'opération de récupération commencera», avait-elle ajouté.

Après s'être montrée prudente pendant des jours, soulignant les risques encourus par les secouristes, la police considère qu'une course contre la montre va débuter afin de récupérer au plus vite les restes des victimes. Car plus le temps passe, plus les chances de trouver des éléments permettant d'identifier les victimes s'amenuisent.

Graves brûlures

Des gaz toxiques s'échappent toujours du cratère et l'île est couverte d'une épaisse couche de cendres volcaniques.La plupart des 29 survivants toujours hospitalisés, 22 en Nouvelle-Zélande, 7 en Australie, selon les derniers bilans, souffrent de graves brûlures.

«Tous ces patients, dont l'état est encore considéré comme critique, (...) nécessitent beaucoup de soins intensifs», a déclaré Ashley Bloomfield, directrice générale du ministère de la Santé.

En vue d'être greffés, quelque 1,2 million de cm2 de peau ont été envoyés par l'Australie et les Etats-Unis. Des victimes sont par ailleurs en cours d'évacuation vers l'étranger afin d'alléger les services des hôpitaux.

La police a indiqué que deux personnes sont décédées à l'hôpital dans la nuit de mercredi à jeudi, ce qui porte à huit le nombre de personnes officiellement décédées. Knox Grammar, enseignante à Sydney (Australie), a indiqué qu'il s'agit de deux frères, Matthew et Berend Hollander. Les parents de ces deux garçons sont toujours portés disparus.

Au total, 47 touristes et guides, venus d'Australie, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Chine, d'Allemagne, de Malaisie et de Nouvelle-Zélande, se trouvaient sur l'île au moment de l'éruption.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a annoncé qu'un Australien figure parmi les personnes décédées. Canberra a envoyé trois avions militaires transportant des équipes médicales spécialisées pour rapatrier certains survivants. Parmi eux, au moins 12 seront hospitalisés dans des services de grands brûlés.

Le décès d'un Malaisien a été confirmé. Les autorités britanniques et américaines ont indiqué qu'elles comptent des ressortissants parmi les blessés.

(nxp/afp)