Conférence de Poznan

01 décembre 2008 11:31; Act: 01.12.2008 11:33 Print

Selon un expert genevois, la Suisse a perdu son rôle de pionnière

La Suisse a «perdu son rôle de pionnière» dans la lutte contre les changements climatiques, estime le professeur à l'Université de Genève, Martin Beniston.

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Cet expert ne s'attend pas à des avancées spectaculaires à la conférence de Poznan.

Dans les années 1980-1990, au moment du lancement du Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat (GIEC), «la Suisse était plus active. Elle est maintenant en deuxième ligne», estime le professeur dans un entretien publié lundi par les quotidiens «24 heures» et la «Tribune de Genève».

Désormais, elle a tendance à s'aligner sur les positions de l'Union européenne dans ce dossier, «qui ne sont certes pas mauvaises», selon lui.

Le professeur, auteur de plusieurs chapitres du dernier rapport du GIEC, redoute que certains pays utilisent «l'excuse» de la crise financière à Poznan. «Si les Etats disent qu'ils ne reviennent pas en arrière, ce sera déjà pas mal», relève-t-il.

Une mise en garde relayée aussi par l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), Philippe Roch. «La crise a bien montré que si l'on veut une économie stable, une économie qui fournit des emplois, il faut une économie durable», a- t-il dit sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR).

La conférence de l'ONU sur les changements climatiques a débuté lundi et doit durer deux semaines dans la ville polonaise. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger sera à Poznan du 10 au 12 décembre. La Suisse est représentée dès lundi par Thomas Kolly et José Romero, de l'OFEV.

(ats)