Bagdad

06 décembre 2019 20:52; Act: 06.12.2019 23:57 Print

12 manifestants tués par des hommes armés

Des individus ont violemment attaqué et repris un parking tenu par les contestataires, vendredi dans la capitale irakienne.

Voir le diaporama en grand »
L'ambassade des États-Unis en Irak a été la cible de tirs qui n'ont pas fait de victime, lundi. Trois manifestants ont par ailleurs été tués à Bagdad. (20 janvier 2019) Pour les manifestants, c'est tout le système installé en 2003 par les Américains pour remplacer Saddam Hussein et désormais noyauté par les Iraniens qui doit être mis à bas. (Mardi 24 décembre 2019) La révolte entamée il y a près de trois mois a connu un nouveau regain de mobilisation après quelques semaines d'accalmie. (Mardi 23 décembre 2019) Les dirigeants irakiens se sont accordé un nouveau délai pour désigner le futur premier ministre, à l'expiration du délai constitutionnel. (Jeudi 19 décembre 2019) Un militant irakien actif au sein des manifestations contre le pouvoir et son parrain iranien a été assassiné dimanche soir devant son domicile dans la ville sainte chiite de Kerbala. (8 décembre 2019) Les funérailles de manifestants tués lors de la répression donnent l'occasion de nouvelles manifestations, comme ici à Najaf. (Dimanche 8 décembre 2019) Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone du massacre dans le parking à Bagdad. (Samedi 7 décembre 2019) Au moins 17 manifestants ont été tués vendredi soir à Bagdad après une attaque d'hommes armés contre un parking qu'ils occupaient depuis des semaines. (Vendredi 6 décembre 2019) Les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement en Irak se sont poursuivies lundi sous la pression des manifestants, qui dénoncent sans relâche le pouvoir et son parrain iranien. (2 décembre 2019) Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. (Dimanche 1er décembre, photo d'illustration) Des étudiants marchent à Basra (sud de l'Irak) en signe de deuil pour les manifestants tués lors des mobilisations anti-gouvernementales. (Dimanche 1er décembre 2019) Une procession funéraire s'est déroulée à Mossoul (sud de l'Irak) en l'honneur des manifestants tués lors des mobilisations qui secouent le pays depuis le mois d'octobre. (Dimanche 1er décembre 2019) Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé qu'il allait présenter sa démission au Parlement, quelques heures après que la plus haute autorité chiite du pays a appelé ce dernier à lui retirer sa confiance. (Vendredi 29 novembre 2019) Depuis le début du mouvement de contestation qui réclame le renouvellement de la classe dirigeante, plus de 390 personnes ont été tuées et 15'000 blessées. (Vendredi 29 novembre 2019) À Najaf, le consulat iranien est parti en flammes. (Jeudi 28 novembre 2019) Les manifestations antigouvernementales ont débuté le 1er octobre faisant depuis de nombreux morts. (Jeudi 28 novembre 2019) Au moins 22 manifestants ont été tués à Nassiriya, au sud de l'Irak sous couvre-feu et encerclée par les forces de sécurité. C'est l'une des journées les plus meurtrières depuis le début le 1er octobre du premier mouvement spontané en Irak qui réclame la refonte du système politique et le renouvellement total de la classe dirigeante. (28 novembre 2019) La contestation en Irak, qui a déjà fait 350 morts en deux mois, a atteint mercredi un palier inédit avec l'incendie par des manifestants du consulat d'Iran à Najaf. (27 novembre 2019) L'incendie du consulat iranien, dans la très symbolique ville sainte chiite de Najaf qui accueille chaque années des millions de pèlerins chiites principalement iraniens, marque un tournant. (27 novembre 2019) En soirée, au milieu de hautes flammes qui dévoraient l'emblème de la République islamique sur le mur d'enceinte de la représentation diplomatique, des centaines de jeunes criaient «Iran dehors». (27 novembre 2019) La plus haute autorité chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani, a estimé que le pays sera à jamais marqué par les semaines de manifestations, réclamant des réformes et le départ de la classe politique. (Vendredi 15 novembre 2019) Quatre manifestants ont été tués jeudi à Bagdad. lls ont été mortellement touchés par des grenades lacrymogènes que les forces de l'ordre tirent à hauteur d'homme. (14 novembre 2019) Depuis le début d'un mouvement spontané de contestation (1er octobre), près de 280 personnes - en majorité des manifestants - ont été tuées, selon un nouveau bilan. (6 novembre 2019) Alors que de violentes manifestations font rage en Irak, les autorités ont de nouveau coupé l'accès à Internet mardi. (5 novembre 2019) Les Irakiens ont été privés d'internet dans la nuit de lundi à mardi. (5 novembre 2019) Les forces de l'ordre répondent à coup de gaz lacrymogènes et de balles réelles face à des manifestants qui tentaient d'incendier le consulat iranien de la ville sainte chiite de Kerbala. Quatre personnes sont mortes. (4 novembre 2019) Les manifestations continuent à Bagdad tandis que plusieurs syndicats ont déclaré la grève générale. (Dimanche 3 novembre 2019) De nouvelles violences ont opposé samedi les forces de l'ordre aux manifestants, qui continuent d'occuper sans interruption la place Tahrir de Bagdad. (Samedi 2 novembre 2019) Le président irakien Barham Saleh a promis des élections anticipées, tandis que le Premier ministre a affirmé être prêt à partir face à la vague de contestation qui secoue le pays. (Jeudi 31 octobre 2019) Au moins 100 personnes ont été tuées et 5500 blessées en une semaine de manifestations et de violences en Irak, selon la Commission gouvernementale des droits de l'Homme. (Mercredi 30 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens à Bagdad appellent dimanche à «arracher par la racine» la classe dirigeante. (27 octobre 2019) Selon le bilan officiel, 220 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences en près d'un mois. (27 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Début octobre déjà, plus de 150 personnes avaient été tuées en une semaine, quasiment toutes des manifestants qui réclamaient «la chute du régime». (Vendredi 25 octobre 2019) A Bagdad, des milliers de manifestants étaient toujours rassemblés sur la place Tahrir, et des heurts limités se poursuivaient sur le pont al-Joumhouriya adjacent. (Vendredi 25 octobre 2019) A la mi-journée, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, avait appelé les forces de sécurité et les manifestants à la «retenue» pour éviter le «chaos». (Vendredi 25 octobre 2019) Un policier aide l'un des manifestants à se remettre des gazs lacrymogènes tirés. (Vendredi 25 octobre 2019) La contestation antigouvernementale a repris en Irak, avec des violences faisant plus 40 morts à Bagdad et dans le sud du pays. (Vendredi 25 octobre 2019) Des manifestants transportent l'un des leurs, blessés, vers l'hôpital. (Vendredi 25 octobre 2019) Après un mouvement de contestation qui s'est soldé par une centaine de morts, l'Irak a entamé un deuil national jeudi. (10 octobre 2019) Dimanche en soirée et jusqu'à tard dans la nuit, des témoins ont fait état de violents affrontements à Sadr City. Ceux-ci ont fait 13 morts dans la nuit selon des sources policières et médicales. (Lundi 7 octobre 2019) Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé des «ennemis» de chercher à «semer la discorde» entre l'Iran et l'Irak. (Lundi 7 octobre 2019) Tentant de mettre fin à la contestation, le gouvernement irakien a annoncé dimanche matin une série de mesures sociales en réponse à des demandes des manifestants. (Dimanche 6 octobre 2019) L'ONU a appelé samedi à la fin des violences en Irak, au cinquième jour du mouvement de contestation. (Samedi 5 octobre 2019) Les forces de sécurité ont dispersé un important rassemblement dans l'est de la capitale samedi, où les manifestants ont fait face à des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogènes. (Samedi 5 octobre 2019) Depuis le début des manifestations, on déplore près de 100 morts et environ 4000 blessés. (Samedi 5 octobre 2019) La plupart des manifestants tués l'ont été par balles, selon des sources médicales. (Samedi 5 octobre 2019) Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)

Sur ce sujet
Une faute?

Après quelques jours d'accalmie, la violence a de nouveau explosé vendredi à Bagdad où au moins 12 manifestants ont été tués, au moment où Washington dénonçait «l'ingérence» de Téhéran en Irak et imposait des sanctions à des miliciens pro-iraniens.

Ces nouveaux décès portent à 440 le nombre de morts - essentiellement des manifestants-- depuis le lancement début octobre d'un vaste mouvement spontané de contestation contre le pouvoir. Quelque 20'000 personnes ont également été blessées.

Depuis que les partisans des paramilitaires pro-Iran se sont livrés à une démonstration de force sur la place Tahrir de Bagdad jeudi, les manifestants disaient redouter une nouvelle flambée de violence.

Elle est arrivée vendredi soir, quand des hommes armés à bord de pick-ups ont débarqué aux abords d'un immense parking de plusieurs étages que les manifestants occupaient depuis des semaines près de Bagdad, ont raconté des protestataires à l'AFP. Le bilan est pour le moment établi à douze morts et des dizaines de blessés, selon des sources médicales qui précisent qu'il pourrait encore grimper.

Tirs dans le noir

Tirant des salves de balles réelles, parfois dans le noir le plus total au gré des coupures d'électricité fréquentes en Irak, ces hommes armés sont parvenus à déloger les manifestants du parking, ont rapporté des manifestants et des médecins qui ont également dit avoir soigné des protestataires blessés à coup de couteaux.

Sous les tentes transformées en hôpitaux de campagne de la place Tahrir, des ambulances amenaient des manifestants blessés. Des médecins tentaient de sauver des jeunes hommes dont le sang s'écoulaient de leur bras ou de leur jambe perforée par les balles, ont rapporté des témoins.

Quant au parking, proche de la place Tahrir, épicentre de la contestation contre le pouvoir et son parrain iranien, il était en feu, un incendie provoqué par des assaillants «non identifiés», selon la télévision d'État.

Les manifestants, eux, refluaient vers Tahrir, scandant sous les tirs «Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifions pour toi, Irak», selon des vidéos tournées en direct ou mises en ligne par des protestataires.

Rassemblements

La journée avait pourtant été calme sur Tahrir où d'importants rassemblements se sont tenus, rejoints par des dignitaires religieux venus des sanctuaires chiites du pays. Peu avant, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, avait pris ses distances avec une classe politique conspuée par la rue depuis le 1er octobre et appelé à rejeter «les ingérences étrangères» dans le choix du prochain chef de gouvernement.

Le dignitaire de 89 ans qui passe pour avoir fait et défait tous les Premiers ministres depuis le renversement du dictateur Saddam Hussein après l'invasion américaine du pays en 2003, a également indiqué qu'il ne jouait «aucun rôle» dans les négociations en vue de la désignation du prochain.

Depuis plusieurs jours, les partis politiques tentent de faire émerger un candidat acceptable par tous dans le pays. Sous l'égide de deux émissaires de Téhéran -le général Qassem Soleimani et le dignitaire chiite en charge du dossier irakien au Hezbollah libanais, Mohammed Kaoutharani.

«Ingérence» iranienne

En soirée, les États-Unis ont dénoncé une «grave violation de la souveraineté irakienne» et une «ingérence» iranienne, alors qu'ils dévoilaient une nouvelle liste de dirigeants irakiens visés par des sanctions.

«Le peuple irakien veut récupérer son pays. Il demande des réformes authentiques et veut des dirigeants dignes de confiance, qui feront passer les intérêts nationaux irakiens en priorité», a déclaré le secrétaire d'État américain Mike Pompeo.

Les sanctions de Washington visent trois chefs de factions du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran désormais intégrée à l'Etat, pour «violations graves des droits humains». Il s'agit de Qaïs al-Khazali, chef d' Assaïb Ahl al-Haq, l'une des plus importantes factions pro-Iran du Hachd, «bête noire» des Américains et déjà sous le coup de sanctions, ainsi que de Laith al-Khazali et Hussein al-Lami, chef de la puissante sécurité du Hachd qui regroupe les unités d'élite de la coalition.

Le dernier homme, le sulfureux politicien sunnite Khamis al-Khanjar, est, lui, sanctionné pour «corruption», un mal endémique en Irak qui a déjà coûté au pays - l'un des plus riches en pétrole du monde - l'équivalent de deux fois son PIB.

«Que les voleurs dégagent!», c'est ce que répètent à l'envi les manifestants depuis plus de deux mois. Seize ans après la chute de Saddam Hussein, ils estiment que le système mis en place par les Américains et désormais sous la mainmise des Iraniens est à bout de souffle. Ils ne veulent rien de moins qu'une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée.

(nxp/afp)