Syrie

17 mai 2012 17:12; Act: 17.05.2012 17:20 Print

Signes de divisions dans l'opposition

Des divisions sont apparues au sein de la principale coalition de l'opposition syrienne, son chef Burhan Ghalioun se disant prêt jeudi à démissionner dès qu'un successeur aura été nommé.

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M. Ghalioun, reconduit mardi à la tête du Conseil national syrien (CNS), se dit prêt à céder sa place. (Photo: Keystone)

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Le comité de l'ONU contre la torture a lui dénoncé mercredi à Genève la pratique systématique de la torture en Syrie. «Je n'accepterai pas d'être le candidat de la division, j'annonce donc que je me retirerai dès que le choix se portera sur un nouveau candidat», a indiqué M. Ghalioun, reconduit mardi à la tête du Conseil national syrien (CNS).

Quelques heures plus tôt les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, ont menacé de se retirer du CNS, dénonçant un «monopole» du pouvoir au sein de cette instance.

Les détracteurs du CNS lui reprochent la grande influence des Frères musulmans en son sein et son manque de coordination avec les militants sur le terrain. Des militants avaient d'ailleurs critiqué la réélection de M. Ghalioun, estimant qu'elle avait été imposée par les Frères musulmans.

Bombardements à Rastane

Face à l'opposition divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte. Dans la province de Homs (centre), Rastane a été violemment bombardée jeudi à l'aube par l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La ville a reçu jusqu'à «trois obus par minute».

Rami Abdel Rahmane, le président de l'ONG basée en Grande- Bretagne, a appelé les observateurs de l'ONU déployés dans le pays pour surveiller la trêve violée quotidiennement à se «diriger immédiatement vers la ville de Rastane que le régime cherche à détruire graduellement».

Encerclée par l'armée, Rastane abrite, selon des militants, un grand nombre de hauts gradés rebelles qui la défendent farouchement. Cette ville échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre.

Ailleurs, les troupes gouvernementales se sont déployées dans plusieurs quartiers de la ville de Deraa (sud) pour tenter «de mettre fin à la grève générale». Des tirs nourris ont été entendus, selon l'OSDH.

Torture

De son côté, le comité de l'ONU contre la torture a dénoncé mercredi à Genève la pratique systématique de la torture en Syrie. Damas a boycotté la réunion et refusé de présenter le rapport que lui avaient demandé les experts du comité.

«L'instant est grave, très important», a déclaré la co- rapporteuse du comité de l'ONU Essadia Belmir. «Il y a des charniers que l'on ne connaît pas encore, des lieux de disparitions forcées que l'on est en train de chercher à localiser avec les moyens du bord», a-t-elle dit.

Le président du comité Claudio Grossman, également rapporteur pour la situation en Syrie, a cité une longue liste de violations. Les sources en possession du comité «parlent d'exécutions systématiques de civils, d'opérations conjointes des services de sécurité avec ordre de tuer, d'exécutions sommaires, d'utilisation de balles réelles et de snipers contre la population civile, d'exécutions de manifestants non armés», a-t-il dit.

Longue liste de violations

Ces sources mentionnent aussi «l'utilisation de chars et d'hélicoptères, des arrestations systématiques de blessés dans les hôpitaux, l'irruption des forces de sécurité dans des foyers de civils dont elles ont battu ou exécuté les habitants, femmes et enfants inclus».

Elles évoquent encore «des tortures lors de transferts de détenus d'un lieu de détention à l'autre, des tortures lors des interrogatoires, des décès en détention, des détentions et tortures de journalistes, et des arrestations arbitraires».

En 14 mois, plus de 12'000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, selon l'OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.

Les violences ont fait tache d'huile au Liban où des affrontements entre pro et anti-Assad ont lieu quasi quotidiennement depuis samedi dans la grande ville du nord, Tripoli faisant 10 morts.

(ats)