Banque du Vatican

01 juin 2011 20:56; Act: 01.06.2011 21:02 Print

Soupçons de blanchiment levés

La banque du Vatican a été lavée de tout soupçon de blanchiment d'argent.

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Le parquet de Rome a levé tout soupçon de blanchiment d'argent sale mercredi sur 23 millions d'euros appartenant à la banque du Vatican, l'IOR, qui avaient été bloqués en octobre dans le cadre d'une enquête.

Les fonds de l'Institut pour les oeuvres religieuses (IOR) déposés auprès des banques italiennes Credito Artigiano (20 millions d'euros) et Banca del Fucino (3 millions d'euros), mis sous séquestre en raison de soupçons de transferts irréguliers, ont été dégelés.

Le parquet a notamment motivé sa décision par l'adoption fin 2010- début 2011 par le Vatican d'une nouvelle législation pour «la prévention et la lutte contre le blanchiment de fonds provenant d'activités criminelles».

Lutte contre le blanchiment

Le Vatican a en outre mis en place en décembre une Autorité d'information financière (AIF) pour lutter contre le blanchiment, qui fonctionne sur la base d'un échange, avec les autorités italiennes, d'informations en matière d'opérations suspectes. Depuis avril, les règles vaticanes prévoient jusqu'à 12 ans de prison pour «blanchiment» et jusqu'à 15 ans pour le «financement du terrorisme».

Dans un communiqué, le Vatican s'est réjoui de cette décision qui «confirme que l'IOR veut agir de façon correcte ainsi que le sérieux de l'engagement du Vatican à appliquer pleinement les normes internationales pour la prévention et la lutte contre les activités illégales financières».

Le parquet avait ouvert en septembre dernier une enquête visant le président de l'IOR, Ettore Gotti Tedeschi, et le directeur général, Paolo Cipriani, pour violation de la législation contre le blanchiment, puis bloqué les fonds en octobre.

Les deux responsables n'étaient pas soupçonnés de blanchiment d'argent sale, mais il leur était reproché un manque d'informations sur ces mouvements d'argent.

L'IOR, fondé le 27 juin 1942 par le pape Pie XII, gère les comptes des ordres religieux et des associations catholiques. Le patrimoine de ses clients est évalué à cinq milliards de dollars.

Il a connu au cours de son histoire des scandales retentissants en particulier en 1982, avec la faillite de la banque Ambrosiano, dont l'IOR était l'actionnaire majoritaire. Une enquête a montré que la banque Ambrosiano recyclait l'argent de la mafia sicilienne, en relation avec une loge maçonnique illégale travaillant pour la CIA.

(ats)