Hillary Clinton à Genève

28 février 2011 17:14; Act: 28.02.2011 18:44 Print

Soutien aux révolutions en cours en Libye

Le Conseil des droits de l'homme s'est ouvert lundi à Genève sur fond de grave crise internationale.

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«Nous devons travailler tous ensemble à des mesures supplémentaires pour que Kadhafi et son entourage rendent des comptes, pour fournir une aide humanitaire et soutenir le peuple libyen dans sa quête d'une transition vers la démocratie», a déclaré la secrétaire d'Etat américaine devant le Conseil. «Il est temps pour Kadhafi de partir sans autre violence ou retard. Il a perdu la légitimité pour gouverner», a-t-elle dit.


Moratoire sur les paiements

La responsable américaine a discuté à Genève avec plusieurs de ses homologues, dont les ministres des Affaires étrangères allemand, italien, britannique et russe et la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton de mesures supplémentaires contre le régime de Kadhafi, comme l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne. Elle a précisé lors d'une conférence de presse qu'aucune intervention militaire impliquant des navires américains n'est prévue en Libye.

Un moratoire complet des paiements à la Libye pendant 60 jours a été discuté, a révélé le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini. Il faut éviter que de l'argent ne parvienne à Kadhafi, a-t-il expliqué.

Il a toutefois précisé qu'aucune décision formelle sur un moratoire n'a été prise lundi, car il faut un accord de tous les pays sur cette mesure. Le ministre italien a estimé que le régime de Kadhafi «perd du terrain, y compris à Tripoli», mais que sa chute pourrait prendre «quelques semaines».


Impératif stratégique

Hillary Clinton a prononcé un vibrant éloge des mouvements populaires en cours dans les pays arabes en faveur des droits fondamentaux. «Soutenir les transitions en cours vers la démocratie dans le monde arabe est un impératif stratégique», a affirmé la secrétaire d'Etat américaine. «Les Etats-Unis sont prêts à soutenir une transition dans l'ordre, pacifique et irréversible», a déclaré la responsable américaine, en promettant une aide économique.

Hillary Clinton a plaidé pour une très large ouverture démocratique dans le monde arabe. «Nous espérons que les dirigeants militaires en Egypte vont lancer un processus de réformes incluant tous les représentants de la société», a-t-elle affirmé. Mme Clinton a enchaîné en dénonçant «la tyrannie» en Iran.


Crimes contre l'humanité

«Le nombre de morts et de blessés parmi les manifestants pacifiques résultant de l'usage excessif de la force par les autorités est choquant. Que cela soit au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou dans toute autre région du monde, ces développements sont inacceptables. La Suisse les condamne avec fermeté», a affirmé la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey en ouvrant les débats.

«La Suisse condamne particulièrement les exécutions extrajudiciaires de manifestants par les forces de sécurité libyennes. Les informations dont nous disposons aujourd'hui laissent à penser que des crimes contre l'humanité ont été commis et continuent à être commis par le gouvernement libyen», a déclaré la cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

«Ces violences doivent cesser immédiatement. Les auteurs de ces crimes doivent être poursuivis. A cet égard, la Suisse salue la décision prise par le Conseil de Sécurité de saisir la Cour pénale internationale pour qu'elle enquête sur la situation en Libye», a affirmé Mme Calmy-Rey.


Régimes pervers

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU Joseph Deiss lui a emboîté le pas en qualifiant la situation en Libye de «profondément choquante». «Les foules se sont levées. Elles attendent que nous disions clairement aux régimes pervers que leur temps est terminé, qu'ils doivent s'en aller et rendre des comptes», a lancé Joseph Deiss.

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a affirmé que «le Conseil ne doit pas relâcher sa vigilance sur la Libye alors que la menace de représailles violentes sur les civils plane toujours».

«La communauté internationale a la grande responsabilité d'apporter son soutien en paroles et en actes pour aider à mettre en place des réformes indispensables», a déclaré Mme Pillay.