Paris (F)

03 février 2011 12:17; Act: 03.02.2011 12:25 Print

Squatteurs voisins de Sarko devant la justice

Les occupants de l'immeuble de bureaux vide situé près de l'Elysée, soutenus par le collectif «Jeudi Noir», sont assignés vendredi en justice par Axa, propriétaire des lieux, qui demande l'évacuation du bâtiment.

Un reportage de BFM-TV dans le squat.

Sur ce sujet
Une faute?

L'audience aura lieu devant le tribunal d'instance du VIIIe arrondissement de Paris vendredi à partir de 9h30, a-t-on confirmé ce jeudi de source judiciaire. Initialement prévue le 25 janvier, elle avait été reportée.

Le collectif «Jeudi Noir» a annoncé l'occupation de cet immeuble de huit étages, situé 22 avenue Matignon à proximité de l'Elysée, du ministère de l'Intérieur, et de l'ambassade d'Israël, le 7 janvier dernier. Il entend dénoncer les difficultés d'accès au logement, en particulier des jeunes, en occupant ce bâtiment de 2.500 m2 de bureaux, vide depuis quatre ans.

Les forces de l'ordre sont, depuis, présentes en permanence devant l'entrée de l'immeuble.

Possibilité de transformer les locaux en logements

Axa, avant l'assignation, a engagé dès le début de l'occupation des négociations avec «Jeudi Noir» afin de trouver des solutions de relogement. L'assignation vise à obtenir l'évacuation des lieux en raison de problèmes de «sécurité» et «d'inadéquation» des locaux à servir de logement, expliquait-on jeudi au siège de l'assureur.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le collectif estime que «depuis quatre ans rien n'empêche Axa de louer les huit étages du bâtiment».

Axa «peut aussi très bien les transformer en logements s'il ne trouve pas de locataire pour des bureaux, ce qui pourrait grandement contribuer à réduire la pénurie. Mais, en gestionnaire sans égal, l'assureur préfère les garder vides», ajoute «Jeudi Noir».

Solutions gagnantes

«Location ou vente, les solutions gagnantes pour le propriétaire ne manquent pas» poursuit «Jeudi Noir» qui «demande simplement à ce qu'Axa utilise son immeuble». Le collectif «s'engage, comme à son habitude, à quitter les lieux dès que ceux-ci auront retrouvé une vocation».

«Le procès de vendredi consacrera-t-il une nouvelle fois le droit de ne rien faire de sa propriété? Reconnaîtra-t-il aux mal-logés le droit de passer quelques mois dans des bâtiments que les trop riches laissent vides pendant des années?», s'interroge «Jeudi Noir».

(ap)