Étude

28 janvier 2020 05:44; Act: 28.01.2020 07:17 Print

Stockage des déchets nucléaires mis en doute

Une étude publiée lundi met en garde contre le conditionnement actuel des déchets nucléaires, avec un risque de libération des éléments radioactifs.

storybild

Image d'illustration. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Le conditionnement des déchets nucléaires que certains États comme la France et la Suisse prévoient d'enfouir profondément sous terre ne prend pas en compte une interaction entre certains composés qui pourrait accélérer leur dégradation, met en garde une étude publiée lundi.

Dans plusieurs pays, dont la France qui dispose du deuxième parc de réacteurs au monde, les déchets ultimes les plus radioactifs sont conditionnés dans des blocs de verre cristallisés coulés dans des cylindres d'acier inoxydables, une vitrification destinée à assurer le confinement de la radioactivité sur le très long terme pour des matières qui peuvent être radioactives pendant des dizaines de milliers d'années.

Après l'arrêt de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE), la Nagra, société coopérative nationale pour le stockage de déchets radioactifs, prévoit d'enfouir les déchets radioactifs dans un lieu en Suisse encore à déterminer.

Une étude pilotée par l'université américaine de l'Ohio, publiée dans la revue «Nature Materials», met en lumière le fait que la corrosion du verre ou de la céramique utilisés pour confiner ces déchets est «accélérée de façon significative» dans certaines conditions.

«C'est inattendu. Jusqu'à présent, on considérait que l'acier inoxydable était inerte, qu'il finirait par s'oxyder malgré son nom, mais que vis-à-vis du verre qui contient les radioéléments, il ne jouait aucun rôle», a expliqué à l'AFP un des auteurs de l'étude Stéphane Gin, chercheur au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en France.

Accélération «importante»

Sur un temps long, quel que soit le lieu de stockage profond, l'eau finit toujours par remplir les vides, notent les chercheurs. Dans ces conditions, la corrosion de l'acier est accélérée, accélérant elle-même la dégradation du verre et le risque de libération des éléments radioactifs.

Et cette accélération est «importante», a commenté dans un communiqué Xiaolei Guo, auteur principal de l'étude. «Cela indique que les modèles actuels ne sont peut-être pas suffisants pour garantir la sûreté du stockage de ces déchets», a-t-il ajouté. Mais l'étude ne donne pas d'éléments chiffrés sur le temps à partir duquel les colis pourraient devenir problématiques.

D'autre part, l'étude se base sur les conditions environnementales du site de Yucca Mountain dans le Nevada, un temps envisagé par les Américains comme site de stockage en couche géologique profonde.

De l'importance du site

«La durée de vie et la stabilité du verre qui encapsule les radionucléides (sont) très dépendants de l'environnement, des conditions chimiques autour du colis, donc du site de stockage dans lequel on va les mettre», a souligné Stéphane Gin, assurant que les résultats «ne sont pas transposables directement» à d'autres projets comme celui de Cigéo en France.

Les conditions chimiques sur le site du Nevada «sont plus agressives» que celles du site choisi par la France pour stocker les déchets à 500 mètres sous terre à Bure (Est de la France), a-t-il assuré. Même si les conclusions pourraient ainsi être «moins défavorables», il a toutefois jugé opportun de se poser la question pour ce projet controversé dont les antinucléaires réclament l'abandon.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Kein le 28.01.2020 07:37 Report dénoncer ce commentaire

    Problemos

    L humanité a atteint son apogée, le plus dur sera sa chute.

  • JCV le 28.01.2020 07:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Droit dans le mur

    Super ils n'ont qu'a traiter l'uranium ou plutonium... mais ça coûte très très cher, c'est plus simple de les enterrés et de laisser les pommes pourris, pour les 100000 ans à venir aux prochaines générations !!

  • Didou le 28.01.2020 07:48 Report dénoncer ce commentaire

    photovoltaïque

    Stop à toutes énergies que l'on ne métrise pas. Le problème dont ne semble pas se rendre compte le consommateur lambda c'est que le tout connecté réclame toujours plus d'énergie et qu'il va bien falloir trouver des ressources et pas nous embobiner pour de nouvelles centrales mortifères, il faut impérativement que tous les toits et les façades de l'immobilier soient pourvues de panneaux photovoltaïques.

Les derniers commentaires

  • Trump le 28.01.2020 23:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la solution

    est simple les Russes ont développé un système pour désintégrer des déchets radioactifs a l aide de laser hyper puissants , ils seraient grand temps de s'intéresser à ce genre de système , l'option B envoyé les déchets dans l espace a l'aide d'un canon Gauss(canon électromagnétique) développer par l US Navy capable d envoyé des projectiles assez lourd a plus de 200km pour moins de 10chf d électricité ensuite un drone spatiale récupére le colis et on l envoie en direction du soleil et il est désintégré et voilà ,c'est toujours mieux que garder ça dans le sol en attendant que ça nous pète a la tronche même si c'est que dans 100 ou 200ans ... après on peut même paufiné le truc ,avec des déchet radioactifs on peut généré un peu d électricité de façon passive(système similaires aux panneaux solaire ou cellule Peletier) et alimenté un tout petit réacteur ionique(ça coûte vraiment pas cher je peut en fabriquer un pour 100chf pour une poussée d env 30gr ,y a un calcul a faire selon la puissance électrique qu'on peut extraire des déchet radioactifs) installer directement sur le projectile qui une fois dans l espace naviguerai directement de lui même en direction du soleil

  • Mat' le 28.01.2020 11:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Catastrophe

    C'est juste une cata ces déchets. Trouvons d'autres alternatives au nucléaire.

    • Dr F le 28.01.2020 14:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mat'

      C'est le travail des scientifiques. Il faut continuer à chercher et pour cela il faut de l'argent, donc il faut prospérer et ne pas arrêter la machine économico-industrielle.

  • Nairod92 le 28.01.2020 11:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On verra bien...

    C'est ça de vouloir jouer à Harry Potter

  • Le sceptique le 28.01.2020 11:18 Report dénoncer ce commentaire

    Le sceptique

    Houlalalala attention Le nucléaire c'est très difficile. Je fais rapidement pour que vous puissiez comprendre, mais il faut savoir qu'il y a des petites particules, les électrons, qui tournent avec des protons. Bien plus difficile que certains militants marchands de peur vous le disent. Retrouvez moi sur mes billets sur Le Monde.

    • Dr F le 28.01.2020 14:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Le sceptique

      L'atome et l'exploitation que nous en avons développé est egfectivement complexe. J'ajouterais que nous avons encore beaucoup à étudier, découvrir et exploiter dans ce domaine. Ce n'est pas une raison pour laisser les alarmistes fondamentalistes de la régression nous l'interdire. Ce sont les mêmes qui étaient contre la locomotive à vapeur, l'électricité et l'ordinateur, le téléphone portable et le micro-ondes.

  • Troll le 28.01.2020 11:16 Report dénoncer ce commentaire

    peut-être

    mais on a le choix entre le nucléaire ou le charbon (donc il faudra choisir votre poison), car les énergies vertes ne sont pas une alternative économiquement viable (on peut les produire à ce prix relativement "bon marché" [qui reste est malgré tout chère] que grâce aux centrales électrique au charbon, au nucléaire et au pétrole).

    • Dr F le 28.01.2020 15:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Troll

      Exact mais inaudible pour les prophètes de l'éco-catastrophisme.