France

25 avril 2019 21:19; Act: 26.04.2019 07:44 Print

Macron: «J'ai senti dans ma chair ce qu'ils vivent»

Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé en direct jeudi soir pour répondre aux interrogations des Français.

Emmanuel Macron a regretté avoir donné le sentiment d'être «dur».
Sur ce sujet
Une faute?

Emmanuel Macron a tenté d'apporter des réponses aux «justes revendications» portées par les «gilets jaunes» et reconnu sa part de responsabilité dans leur colère. Mais devant la presse, le président français a prévenu qu'il maintiendrait le cap de ses réformes.

Près de six mois après le début du mouvement de protestation qui prend tous les samedis d'assaut les rues des grandes villes françaises, dont Paris, depuis la mi-novembre, le président s'est livré près de deux heures et demie durant, à un exercice inédit: une longue conférence de presse sous les ors du palais présidentiel de l'Elysée, avec pour objectif de relancer une présidence en péril et d'éteindre la contestation.

Sentiment de relégation, d'«abandon», «manque de considération», «déclassement»... Emmanuel Macron a pris acte des blessures du pays profond qu'ont traduites les défilés des «gilets jaunes», sans s'exonérer du «manque de confiance dans les élites - votre serviteur, au premier chef».

«J'ai entendu, compris, senti dans ma chair ce qu'ils vivent», a-t-il assuré, «regrettant» d'avoir pu donner le «sentiment» d'être «dur», «parfois injuste» avec les Français.

«Orientations justes»

Mais «les transformations indispensables à faire dans notre pays ne doivent pas être arrêtées» pour autant «parce qu'elles répondent profondément à l'aspiration de nos concitoyens», a-t-il martelé, alors que le président a bâti son accession au pouvoir sur sa volonté de réformer le pays pour mieux l'insérer dans la mondialisation libérale.

Pour lui, «les orientations prises durant ces deux premières années à bien des égards ont été justes» même si elles n'étaient pas forcément «suffisamment rapides, ni radicales ou humaines».

Devant la presse française et étrangère, réunie pour la première fois depuis le début de son mandat dans la salle des fêtes de l'Elysée, le chef de l'Etat s'est longuement exprimé avant de répondre aux questions.

Pour montrer qu'il a entendu les inquiétudes et l'exaspération manifestées par les foules, qui dénonçaient une perte de pouvoir d'achat et une «injustice fiscale», il a promis «une baisse significative de l'impôt sur le revenu», dont s'acquittent 4 foyers fiscaux sur 10, et une réindexation sur l'inflation des retraites de moins de 2000 euros par mois dès le 1er janvier 2020.

«Réorganisation profonde»

Il s'est également engagé à une »réorganisation profonde« de l'administration pour renforcer les services publics hors des grandes agglomérations, déplorant qu'il n'y ait «plus assez de monde sur le terrain» pour répondre aux besoins d'une population qui vieillit.

Il s'est aussi dit favorable à une suppression de la fameuse Ecole nationale d'administration (ENA), qui forme les hauts-fonctionnaires et symbolise, pour certains, l'élitisme coupé des réalités de la classe dirigeante.

Pas de RIC

Concernant le manque de démocratie dénoncé par les manifestants, le président a proposé de faciliter la mise en oeuvre d'un référendum à l'initiative du peuple qui pourrait saisir le Parlement dès lors qu'un million de signatures seraient réunies, contre 10% du corps électoral auparavant, soit plusieurs millions de personnes.

Il a aussi plaidé pour la mise en oeuvre d'une part de 20% de proportionnelle à l'Assemblée nationale et pour 25% à 30% de parlementaires en moins, alors que le système électoral français tend à dérouiller les élections, aboutissant par exemple à une sous-représentation parlementaire de certaines formations réalisant pourtant de très bons scores au niveau national, comme le Rassemblement national (RN, extrême droite).

Avec le pouvoir d'achat, les retraites, la décentralisation, l'implication populaire dans la vie démocratique du pays figurait au coeur des revendications des «gilets jaunes». Mais Emmanuel Macron a écarté le «référendum d'initiative citoyenne (RIC)» que réclamaient les manifestants.

Entouré de tous les membres du gouvernement pour accentuer le caractère solennel du moment, le président a dit avoir pris acte des «colères justifiées de certains de nos citoyens» et promis de «remettre de l'humain au coeur du projet».

«Il n'a pas répondu»

En revanche, celui dont le nom a été conspué et l'effigie brûlée ou guillotinée par les «gilets jaunes» a lancé: «On peut tout dire mais la haine n'est pas excusable». Selon son entourage, le gouvernement devrait «très rapidement» se mobiliser pour mettre en oeuvre des mesures annoncées.

Sur la transition écologique et le changement climatique, Emmanuel Macron a annoncé, sans détails, la création d'un «conseil de défense écologique» qui réunira les ministres dédiés, dont le chef du gouvernement, chargé des «choix stratégiques et de mettre au coeur de toutes nos politiques cette urgence climatique».

Emmanuel Macron avait fort à faire pour convaincre les Français, qui ne sont que 24% à penser que le «grand débat» entamé fin janvier a permis d'améliorer la situation politique, économique et sociale de leur pays.

Pas évident qu'il ait atteint son but, à en croire un des porte-parole des »Gilets Jaunes«, Jérémy Clément: «C'est sûr, le président nous a entendus et il a compris nos revendications, mais il n'y a pas répondu(...). On se méfiait, on avait raison. Le président ne remet rien en cause de sa politique des deux dernières années même s'il nous cite», a-t-il dit à l'AFP.

(nxp)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • mamido le 25.04.2019 21:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je pose une question

    Moi j'aimerais savoir comment fait la France qui est endettée pour baisser les impôts etc. Les finances de la Suisse sont bonnes je crois et nous sommes dans l'incapacité de le faire

  • Adri le 26.04.2019 02:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Économie libérale

    Il parle de sa volonté à insérer la France dans une mondialisation libérale... très bien, mais personnellement je ne connais aucune économie libérale comme il l'entend qui soit profitable au peuple. Toute économie libérale, la suisse en est un exemple, profite aux multinationales, grandes entreprises ainsi que le patronat. Le peuple est juste là pour faire bonne figure et engraisser la machine. Les lobbys, c'est eux qui gouvernent. Nous sommes dans une démocratie mais quand le vote ne plaît pas aux têtes pensantes, il n'est tout simplement pas mis en oeuvre.

  • Gilles le 25.04.2019 22:46 Report dénoncer ce commentaire

    ILS NE VONT PAS ÊTRE CONTENTS

    On pourrait doubler le salaire des français et ils ne seraient pas encore contents. Bref, c'est la France, ingouvernable.

Les derniers commentaires

  • L'oiseau le 26.04.2019 20:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...Macron a marché jusqu'à l'xtrème drte!

    Ce que Macron a senti dans sa chaire c'est le fait qu'il a copié des thèmes du programme des Européennes de Marine Le Pen et tenter de piquer des voies en vue des élections du 26 mai. Macron est prêt à tout pr ses intérêts...Autant directement élire directement le RN Bardella

  • Pas le même le 26.04.2019 19:39 Report dénoncer ce commentaire

    Monde

    Sa chair de homard avait un petit arrière goût.

  • Gilet cuir ( doublé) le 26.04.2019 17:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    j'dis ça j'dis rien

    les gilets jaunes n'auront jamais se qu'ils demandent ( d'ailleurs que veulent ils exactement ) trop de choses ne vont pas et une politique a la carte, genre qui satisfait tout le monde c'est impossible. si j'ai un conseil pour le GJ sortez de là, pour gagner faut pas rester avec des perdants !

  • la vérité le 26.04.2019 16:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    abe

    Quel pathetisme de s arreter à : ils sont jamais contents les français, surtout quand vous venez d une classe moyenne en suisse... Vous avez exactement les mêmes plaintes, la seule différence c est que les suisses ne sont pas couillus. Les suisses sont bien trop dressés pour se révolter de quoique ce soit...

    • Levalesco.vs@gmail.com le 27.04.2019 07:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Le dressage

      Ont dresse les animaux mais pas l'être humain c'est l'exemple ce que Macron fait a son peuple mais pas encore en Suisse.

  • ptit rapporteur le 26.04.2019 16:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mondialisation libérale

    en gros, soutient aux petits copains des multinationales pour mieux les enrichirs. Quand à Macron qui ressent dans sa chair les misères de ses compatriotes... Le jour ou vous devrez vivre avec 800 par mois on en reparlera