Océans pollués

12 avril 2019 13:49; Act: 12.04.2019 13:53 Print

Sur les traces du mystère du «plastique perdu»

Près de 12 millions de tonnes de plastiques finissent chaque année dans les océans, mais seulement 250'000 sont à la surface. Où est le reste? Les scientifiques s'interrogent.

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Des millions de tonnes de plastique sont rejetées en mer chaque année, mais seule une petite partie est visible. Où disparaît le reste ? Des chercheurs s'approchent désormais de la résolution du mystère du «plastique perdu».

Ces dernières années, les images de bouteilles et de sacs agglutinés par les courants au milieu des océans ou de plages couvertes de détritus ont suscité des campagnes contre la culture du tout jetable. Mais cette pollution visible n'est que la partie émergée de l'iceberg.

Alors une équipe internationale de scientifiques s'est mise en chasse, déployant des efforts sans précédent pour traquer les débris. Quelque quatre à 12 millions de tonnes de plastiques finissent chaque année dans les océans, mais les scientifiques estiment que seulement 250'000 tonnes sont présentes à la surface. Et 99% de tout ce qui a été déversé en mer pendant des décennies est introuvable.

«Beaucoup de processus à l'oeuvre»

Dégradés par l'érosion, le soleil et l'action de bactéries, la densité des plastiques change, ils se retrouvent à la merci des courants et une fois qu'ils sont entraînés vers les profondeurs, ils deviennent beaucoup plus difficiles à suivre.

«Il est assez difficile de savoir où ils sont tous, parce qu'il y a beaucoup de processus à l'oeuvre», explique Alethea Mountford, de l'Université de Newcastle. «Même le plastique à la surface peut couler, puis remonter.»

Modèle informatique

Dans ce qui pourrait être une véritable avancée, la chercheuse a utilisé un modèle informatique des courants océaniques sur les plastiques de trois densités différentes, pour localiser les lieux où se regroupent les fragments après avoir coulé.

Le modèle montre des accumulations de plastiques à des profondeurs variées en Méditerranée, dans l'Océan indien et dans les eaux de l'Asie du Sud-Est.

Sur les fonds marins

Les scientifiques pensent qu'une grande partie du plastique finit sur les fonds marins. Une récente étude avait d'ailleurs permis de trouver des microplastiques dans les entrailles de mini crustacés vivant à près de 11 km de profondeur dans la fosse des Mariannes, la plus profonde connue.

Les calculs d'Alethea Mountford sont préliminaires, mais ses résultats pourraient aider à identifier les lieux où faire des recherches plus poussées et ainsi à mieux connaître l'impact de cette pollution sur les écosystèmes, note la chercheuse.

Celle-ci s'est inspirée des travaux de l'océanographe Eric van Sebille, de l'université néerlandaise d'Utrecht. «Nous connaissons l'existence des 'décharges flottantes', alors il est logique de se focaliser sur elles. Et les plastiques de surface ont probablement le plus d'impact parce que les organismes vivent surtout vers la surface», commente ce dernier. «Mais si vous voulez saisir l'ampleur du problème, alors il faut aller plus profond», poursuit-il.

Sur les côtes

Ses recherches actuelles portent sur le fait que la pollution plastique est désormais si grande que le suivi des fragments pourrait fournir des informations importantes sur la façon dont fonctionnent les courants marins.

Son intuition - à confirmer avec des simulations de modèles plus sophistiqués - est que la grande majorité des déchets plastiques déversés dans les mers retournent finalement sur les rivages. Cela pourrait expliquer l'écart entre le volume entrant dans les océans et ce qui peut être effectivement observé aujourd'hui.

«Le plastique charrié par une rivière vers la mer reste près de la côte pendant un moment et peut s'échouer à nouveau à terre. Et une partie importante pourrait faire ça», estime-t-il. Alors se concentrer sur le nettoyage des zones côtières pourrait éviter à cette pollution de s'étendre vers le large, note le chercheur.

Glaciers aussi pleins de plastique

Une série d'études sur les déchets plastiques a été présentée mardi à la réunion de l'Union européenne des géosciences à Vienne. L'une d'entre elles met en lumière une contamination du glacier Forni, dans les Alpes italiennes.

Des experts italiens ont ainsi trouvé entre 28 et 74 morceaux par kilo de sédiments analysés. Ce qui suggère que le glacier contient entre 131 et 162 millions de morceaux de plastique. «Nous avons désormais trouvé des microplastiques depuis les fosses océaniques jusqu'aux glaciers», se désole Roberto Sergio Azzoni, de l'université de Milan.

(20 minutes/ats/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • JDadoré le 12.04.2019 14:10 Report dénoncer ce commentaire

    Gouvernés par des lâches

    Tous ces articles démontrent l'incompétence et le manque de courage des politiciens. Ca se dit l'élite, quelle blague ! Il suffirait pourtant de si peu pour obtenir de grands résultats, mais pour cela il faut oser.

  • useless le 12.04.2019 15:34 Report dénoncer ce commentaire

    Drôle

    ce qui est drôle c'est qu'on a pas besoin d'être un scientifique pour savoir que le plastique qui est jeté dans les océans y reste. S'interroger maintenant du pourquoi on ne retrouve pas tout le plastique est inutile. Bravo, vous savez maintenant que le plastique a contaminé tous les océans a toute profondeur dûs à différents courants. Mais savoir a quel point le plastique détruit les écosystèmes ne nous avancent à rien. Ce serrait plus bénéfique que les moyens utilisés pour ce genre de recherche soient utilisés pour des actions concrètes à stopper la production de plastique

  • Onfaitrien le 12.04.2019 14:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ?????

    4 à 12 millions de tonnes ?????? Heu ...... oui cela fait quand même une sacrée différence..... je suis plus près du 250'000 tonnes c'est déjà énorme et sachez que sur les îles ils n'ont pas de déchèteries........

Les derniers commentaires

  • Albert le 14.04.2019 19:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pollution

    trop de gens sur la planete signifie produire plus pour eux produire de tout et plus on produit plus on detruit l'envoronnement .. toute autre discussion est inutile

  • Âne Onyme le 13.04.2019 09:34 Report dénoncer ce commentaire

    Trouver

    Il semble qu'il y ait deux solutions. Soit on laisse aller (plus de station de nettoyage d'eau, on jette comme on veut et on essaye d'avoir un minimum de conduite entre personnes), soit la base fait peur aux élites pour qu'ils changent. Le monde avait un équilibre lors de l'existence des deux blocs politiques. D'un côté, les élites avaient peur du communisme, de l'autre côté des capitalistes. Maintenant il faut trouver autre chose pour leur faire peur. Les gilets jaunes ont compris. Ils ne veulent pas de chefs et en face, ils ne peuvent que dénigrer car La seule solution est le partage

  • Sophie le 13.04.2019 09:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Paysan ?

    Ma banque, dont je tairais le nom, m'a proposé un investissement luttant contre ce fléau. Pour ceux que ça intéresse taper sur Google et choisissez le premier: 41253514 je ne peux malheureusement pas mettre beaucoup, mais en tout cas ça me donne bonne conscience.

  • Fonds Détournés le 12.04.2019 23:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Problème

    Ça c'est le vrai problème... Et pendant ce temps on dépense des millions sur le CO2

    • Co2 et bons a rien le 13.04.2019 04:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Fonds Détournés

      que faisait Juncker a commémorer la tuerie des hutis en Afrique..il fait que ces bons a ren arrêtent leur commémorations , voyager partout en avion quand au moment des faits ont étés les premiers a détourner le regard des massacres ne font que polluer la planete avec leur voyages en continus

  • Marklin La Poule Calin le 12.04.2019 19:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste suite

    Mais pourquoi tout le monde s'inquiète, l'homme fera comme à son habitude une fois qu'il aura bien pollué et détruit ben il colonisera mars par exemple et dans quelques années quand il l'aura aussi pollué, il continuera sa conquête destructrice!! Toute façon on est tellement bêtes qu'on ne fait rien alors que tout le monde sait sait que la planète est un écosystème fragile et comme dit l'adage qui ne dit rien consent! L'important c est qu'il reste des arbres pour faire du papier car dans pas longtemps on aura juste les yeux pour pleurer et le papier pour se moucher....

    • elena le 13.04.2019 03:15 Report dénoncer ce commentaire

      sans fin

      sa a deja commencer avec la lune depuis hier......avec leur leeeeb qui c est torcher.

    • Le cocq en or le 13.04.2019 04:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marklin La Poule Calin

      vous n'avez pas compris ..on n'ira nul part l'effort technologique pour y aller va augmenter la pollution et avance notre destruction sur mars il n'y a que du sable d vent du froid et peu d'oxygène c'est comme aller cultiver dans la tendra sibérienne qui est un paradis comparé a Mars

    • La Poule aux dents le 14.04.2019 19:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marklin La Poule Calin

      on ne colonisera jamais les planètes du systeme solaire et encore moins hors sytème l.. le développement tue l'environnement comme trop de démocratie tue la démocratie ... on ouvre les porte atout ce qui nous détruit de l'interieur