Russie

23 juillet 2018 12:39; Act: 23.07.2018 16:25 Print

Une vidéo de torture d'un détenu provoque un tollé

Six surveillants d'un camp pénitentiaire en Russie ont été arrêtés pour «abus de pouvoir» et «violences» après la diffusion par des médias indépendants d'une vidéo de torture d'un détenu.

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Une dizaine de surveillants ont torturé un détenu du camp pénitentiaire numéro 1 de la région de Iaroslavl, près de Moscou. (Photo: DR/twitter)

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Vendredi dernier, le journal d'opposition «Novaïa gazeta» a publié sur son site une vidéo montrant une dizaine de surveillants du camp pénitentiaire numéro 1 de la région de Iaroslavl (environ 250 km au nord-est de Moscou) en train de porter des coups violents à un détenu, allongé sur une table et poussant des cris déchirants. La vidéo a provoqué une onde de choc et un tollé en Russie.

«Les enquêteurs ont identifié tous les surveillants du camp pénitentiaire qui ont participé au passage à tabac du détenu», a assuré le Comité d'enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays, dans un communiqué.

«A ce jour, six personnes ont été arrêtées», a-t-il précisé, en soulignant que des mesures visant à arrêter les autres suspects étaient en cours.

«Une enquête pour abus de pouvoir et violences a été ouverte», selon la même source. Selon les enquêteurs, «un groupe de surveillants du camp pénitentiaire numéro 1, situé à Iaroslavl, a recouru à des violences à l'égard d'un détenu, en agissant intentionnellement et en abusant de leurs pouvoirs», indique le communiqué.

«Menaces de vengeance»

Ils ont notamment «infligé de multiples coups de pieds, de poings et d'objets non-identifiés à cet homme», ajoute-t-il.

Selon «Novaïa gazeta», l'avocate et militante des droits de l'Homme Irina Birioukova, qui a transmis au journal la vidéo de torture, «a dû quitter la Russie au lendemain de sa publication» en raison de «menaces de vengeance».

Les violences et mauvais traitements de la part des surveillants dans les camps et les prisons en Russie sont régulièrement dénoncés par les familles des prisonniers et des ONG spécialisées dans la surveillance des lieux de détention.

(nxp/afp)