Londres

24 mai 2019 11:10; Act: 24.05.2019 13:36 Print

En pleurs, Theresa May annonce sa démission

La Première ministre britannique, usée par l'inextricable casse-tête du Brexit, a dévoilé qu'elle quittera le 10 Downing Street le 7 juin prochain.

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La Première ministre britannique Theresa May, usée par l'interminable casse-tête du Brexit qu'elle n'a pas su mettre en oeuvre, a annoncé vendredi sa démission, au bord des larmes, renforçant l'hypothèse d'un départ du Royaume-Uni de l'UE sans accord.

Mme May a précisé qu'elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur -- et donc de cheffe du gouvernement -- le 7 juin, dans une allocution prononcée devant le 10, Downing Street, exprimant «un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit».

«Ce fut l'honneur de ma vie d'être la deuxième femme à occuper le poste de premier ministre (après Margaret Thatcher, ndlr)», a-t-elle ajouté.

Sa voix s'est cassée au moment de terminer sa brève déclaration en proclamant son «amour» pour son pays, la dirigeante masquant l'émotion qui la submergeait en faisant volte-face pour se diriger vers ses bureaux.

Theresa May avait pris la tête de l'exécutif en juillet 2016, peu après que les Britanniques eurent voté à 52% en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, succédant à David Cameron.

Mais cette fille de pasteur de 62 ans, ancienne ministre de l'Intérieur, n'est pas parvenue à rallier derrière sa vision de la sortie de l'UE une classe politique profondément divisée sur la question, à l'image de la société britannique.

En témoigne l'accord de divorce qu'elle a conclu avec Bruxelles, rejeté à trois reprises par les députés britanniques.

Elle a «politiquement mal évalué l'humeur de son pays et de son parti», a taclé sur Twitter le sulfureux europhobe Nigel Farage, patron du Parti du Brexit.

La Commission européenne a souligné que ce départ ne changeait «rien» à la position des 27 sur l'accord de sortie.

«Incapable de gouverner»

Le mandat de Theresa May, aux airs de chemin de croix tant elle a rencontré d'adversité, de critiques voire de complots au sein de son propre parti, restera comme l'un des plus courts de l'histoire des Premiers ministres britanniques depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Avant d'entrer en fonction, son successeur devra être élu à la tête des tories. Il sera nommé d'ici le 20 juillet, a indiqué le parti conservateur.

L'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, champion des Brexiters, fait partie des favoris.

Son arrivée au pouvoir, ou celle d'un autre partisan d'une coupure nette avec l'UE, rapprocherait de fait le pays d'un Brexit sans accord, synonyme d'un retour des formalités douanières, un scénario redouté par les milieux économiques.

Commentant la démission de Theresa May, la porte-parole du gouvernement espagnol Isabel Celaa a souligné qu'un «Brexit dur» paraissait «une réalité quasi impossible à arrêter».

Boris Johnson a lui appelé au «rassemblement» pour «mettre en oeuvre le Brexit». Theresa May, «incapable de gouverner», a eu «raison de démissionner», a jugé le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, estimant que son successeur devra convoquer de nouvelles élections pour sortir le pays de l'impasse.

Le président français Emmanuel Macron a salué le «travail courageux» de Theresa May, et appelé à «une clarification rapide» sur le Brexit.

Le rejet de l'accord de divorce par la Chambre des Communes a contraint l'exécutif britannique à repousser au 31 octobre au plus tard le Brexit, alors qu'il était initialement prévu le 29 mars, et à organiser les élections européennes en catastrophe.

Le scrutin, qui s'est tenu jeudi au Royaume-Uni, s'annonce calamiteux pour les tories, qui termineraient à une humiliante cinquième place (7%), 30 points derrière le parti du Brexit, selon un sondage YouGov.

En bout de course

Mardi, Theresa May avait présenté un plan de la «dernière chance» pour tenter de reprendre le contrôle de ce processus.

En vain: le texte a suscité un déluge de critiques tant de l'opposition travailliste que des eurosceptiques de son propre parti, entraînant la démission mercredi soir de la ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom.

Theresa May comptait faire voter ce projet de loi la semaine du 3 juin mais il ne figurait pas au programme annoncé jeudi par le gouvernement aux députés.

Ce plan prévoyait une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l'UE, pour tenter de rallier la majorité des députés.

Mais en lâchant du lest, Theresa May a hérissé les eurosceptiques de son camp. Le départ d'Andrea Leadson a fini de saper l'autorité de Mme May, qui a vu partir au fil des mois une trentaine de membres de son gouvernement.

Reste que la tâche de détricoter plus de 40 ans de liens avec l'UE n'avait rien de facile, souligne Simon Usherwood, politologue de l'Université de Surrey, interrogé par l'AFP. «Quiconque dans sa position aurait rencontré de grandes difficultés», ajoute-t-il. «L'Histoire ne retiendra pas d'elle une image favorable», juge-t-il malgré tout.

TWITTER

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • spi2 le 24.05.2019 10:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas étonnant

    À sa place je l'aurais fait depuis longtemps... La pauvre se fait taper dessus par tout le monde alors qu'elle fait son possible, et franchement pas sûr que qui que ce soit d'autre s'en sorte mieux qu'elle...

  • Géraldine le 24.05.2019 10:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    courageuse

    Elle a ete courageuse messieurs admettez le c est vous qui estes verreux elle a respecter le peuple vous pas

  • Fran76 le 24.05.2019 09:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien mérité...

    bien mérité!! Elle a tout donnée mais les conservateurs veulent l'impensable...

Les derniers commentaires

  • VivaDingDong le 27.05.2019 21:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ouste!

    Ouste

  • floppy le 26.05.2019 06:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un vrai..pudding!

    Cadeau pour le suivant!!!tellement compliqué de nos jours pour satisfaire les gens.... qu elle se repose en mangeant des scones. Miam

  • Caroline le 25.05.2019 08:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ne pleure plus Thérèse

    Seule contre tous les requins à Bruxelles ! Chaque pays doit diriger son pays et non pas l'EU !

    • Europa le 25.05.2019 12:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Caroline

      En l'occurrence les requins sont dans le même acquarium.

  • destruction européenne le 25.05.2019 07:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    zero

    UE voie de garage pour politiciens que leurs pays ne veulent plus, ou ems pour gros nul

  • Oliver Twist le 25.05.2019 05:31 Report dénoncer ce commentaire

    Respect

    Une Grande Dame ; Dans un panier de crabes .