Interdit d'Antarctique

03 avril 2014 11:31; Act: 03.04.2014 15:18 Print

Tokyo ira chasser les baleines dans le Pacifique

Le Japon a annoncé jeudi qu'il renonçait à sa prochaine chasse à la baleine dans l'Antarctique, première depuis 27 ans. Il poursuivra son programme de recherche baleinière ailleurs.

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Conformément à l'avis rendu lundi par la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire de l'ONU, l'Agence des pêches japonaise a indiqué qu'elle annulait sa prochaine expédition annuelle qui aurait dû démarrer cet hiver pour deux ou trois mois.

«Mais nous allons poursuivre le programme de recherche baleinière ailleurs, comme prévu», a expliqué un responsable de l'agence.

Dans le Pacifique Nord

Le Japon se plie donc, visiblement de mauvaise grâce, à la justice internationale mais n'entend pas pour autant baisser pavillon: interdit d'Antarctique, il continuera de tuer les baleines dans le Pacifique nord.

La CIJ avait estimé lundi que le Japon déguisait une activité commerciale en programme de recherche scientifique.

Alors que Canberra jubilait – c'est l'Australie qui en 2010 avait assigné Tokyo devant la CIJ –, le Japon ne cachait pas sa déception. «Je vais me conformer à cet arrêt», a toutefois assuré le très nationaliste chef du gouvernement Shinzo Abe, on ne peut plus sourcilleux sur les questions de souveraineté.

Nouvelle feinte de Tokyo

Même si les Japonais mangent de moins en moins de viande de baleine et ne sont pas tous derrière leur flotte, beaucoup vivent toutefois mal les campagnes anti-Japon menées par des écologistes et des gouvernements étrangers.

Malgré la «victoire» de lundi, l'Australie et la Nouvelle-Zélande redoutent désormais que Tokyo, après avoir détourné pendant des années le moratoire de 1986 édicté par la Commission baleinière internationale (CBI) qui n'autorisait que la pêche scientifique, ne tente cette fois de contourner l'interdiction de la CIJ.

Le Japon pourrait «essayer de mettre sur pied un nouveau programme sur des bases scientifiques» pour recommencer à chasser dans l'océan Arctique, a souligné mardi le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Murray McCully. Le chercheur Jeffrey Kingston, de l'Université Temple de Tokyo, n'exclut pas de son côté la possibilité que le Japon quitte la CBI.

«Si leurs navires repartent, les nôtres aussi»

«Je ne suis pas sûr à 100% que le Japon va se plier à l'arrêt. Ils font comme s'ils acceptaient et, après, ils feront ce qu'ils veulent», affirmait lundi dernier Paul Watson, l'emblématique fondateur de Sea Shepherd. «Et si leurs navires repartent, les nôtres aussi.»

(ats)