Gaza

29 juillet 2014 16:59; Act: 30.07.2014 07:06 Print

Tout un quartier réduit en poussière en une heure

Une journaliste a réalisé une «time lapse» des frappes aériennes sur un ensemble d'immeubles situé dans la bande de Gaza samedi dernier. Et en moins d'une heure tout est détruit.

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Un quartier paisible réduit en cendre en 60 minutes. Voilà un résumé rapide de la vidéo postée par la correspondante de Buzzfeed au Moyen-Orient qui a tweeté ces images qui montrent la destruction d'un quartier entier de Gaza, samedi dernier, peu avant un cessez-le-feu.

Gaza privée d'électricité reste sous un déluge de feu

Le conflit, qui a déjà fait plus de 1200 tués, est entré dans sa quatrième semaine, alors que le Hamas a démenti être prêt à une trêve de 24 heures. Après une éphémère trêve de fait pour la fête du Fitr marquant la fin du ramadan lundi, plus de 100 Palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont encore décédés mardi dans l'enclave palestinienne. Aucune issue diplomatique n'est pour le moment envisageable, alors que le conflit a fait plus de 1170 tués, dont trois quarts de civils, côté palestinien et 56, dont trois civils, côté israélien.

Le territoire palestinien a subi sa nuit d'attaques la plus intense depuis le déclenchement de l'opération «Bordure protectrice» le 8 juillet dernier. Selon l'armée israélienne, 70 cibles ont été visées au lendemain du décès de dix soldats israéliens dans des attaques menées à la frontière et revendiquées par le Hamas.

L'armée avait demandé à des milliers de Palestiniens de quitter des quartiers de la ville de Gaza.

Milliers de sites ciblés

Un missile israélien a notamment atteint dans la nuit la maison du chef du Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh. Il a provoqué des dégâts mais n'a fait aucune victime. Par ailleurs, l'armée a dit avoir tué mardi cinq combattants palestiniens.

Et la seule centrale électrique de Gaza a été touchée, privant d'électricité la ville de Gaza et de nombreux autres secteurs de l'enclave. L'usine approvisionne en électricité les deux tiers du territoire palestinien et assure 30 % des besoins.

L'armée israélienne a affirmé avoir tué plus de 300 combattants du Hamas et frappé quelque 3900 «sites terroristes» depuis le début du conflit, qui s'est étendu le 17 juillet à une opération terrestre.

Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui chapeaute l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, a affirmé que l'OLP, tout comme le Jihad islamique et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza étaient «prêts à une trêve humanitaire de 24 heures».

Appel par le gouvernement israélien

Des déclarations aussitôt démenties par le Hamas qui a indiqué qu'elles ne reflétaient en rien sa position.

Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé ses concitoyens à se préparer à une «longue campagne» dans la bande de Gaza. Il a toutefois demandé récemment aux Etats-Unis de l'aider à sceller une trêve avec le Hamas à Gaza, a souligné mardi le secrétaire d'Etat américain John Kerry, revenu sans cessez-le-feu le week-end dernier d'une mission dans la région.

Ces derniers jours, plusieurs annonces de trêve dans les combats, faites par le Hamas comme par Israël, n'avaient pas permis de mettre un terme au conflit.

Selon une estimation donnée mardi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 215'000 habitants du territoire ont dû fuir leurs foyers, soit près d'un habitant sur huit.

Plusieurs tirs palestiniens vers Israël

Mais le Hamas et ses alliés du Jihad islamique, qui s'étaient manifestement préparés à une offensive israélienne, parviennent à faire mal à leur adversaire.

Les sirènes d'alarme continuent de retentir dans les villes israéliennes, au rythme des tirs palestiniens. Un certain nombre de roquettes ont encore été envoyées mardi de la bande de Gaza en direction de plusieurs secteurs du sud et du centre d'Israël, dont la région de Tel Aviv.

«Au nom de l'humanité, la violence doit s'arrêter», a lancé dans une nouvelle exhortation le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Le président américain Barack Obama avait exigé dimanche en vain un cessez-le-feu «immédiat et sans conditions».

Les Occidentaux ont affirmé leur volonté d'«augmenter» la «pression» pour arracher un arrêt des combats, mais sans proposition concrète.

(cga/ats)