Egypte

19 octobre 2019 17:38; Act: 19.10.2019 18:28 Print

Trente sarcophages de plus de 3000 ans dévoilés

Les sarcophages en bois peint ont été découverts la semaine dernière dans la nécropole d'Assasif, près de la Vallée des rois, sur la rive occidentale du Nil.

Sur ce sujet
Une faute?

L'Egypte a dévoilé samedi 30 sarcophages en bois peint, rare découverte d'objets antiques. Ceux-ci sont en excellent état de conservation après plus de 3000 ans passés sous le sable près de Louxor, dans le sud de l'Egypte.

Jaune, rouge, vert, les couleurs et les traits noirs sont intacts sur le bois des sarcophages, qui arborent toujours de nombreux hiéroglyphes, des divinités égyptiennes, des oiseaux, des serpents ou encore des fleurs de lotus.

Les sarcophages ont été découverts la semaine dernière dans la nécropole d'Assasif, près de la Vallée des rois, sur la rive occidentale du Nil. Des photos avaient fuité avant même l'annonce officielle, qui a été faite samedi devant le temple de la reine Hatchepsout.

«C'est la première découverte à Assasif par (une équipe égyptienne) d'archéologues, conservateurs et travailleurs», a expliqué sur place le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités Mostafa Waziri lors d'une conférence de presse à Louxor.

Famille de prêtres

Les 30 pièces en bois peint - qui ont servi de cercueils pour des hommes, des femmes et des enfants - ont été trouvées à un mètre sous terre, empilées les unes sur les autres en deux rangées. Ces sarcophages appartiendraient à une importante famille de prêtres.

M. Waziri a souligné que les fouilles réalisées par les Occidentaux au 19e siècle s'étaient concentrées sur les tombes de rois, tandis que les récentes fouilles égyptiennes ont révélé une «cachette des prêtres». Les 30 objets retrouvés datent de la 22e dynastie, fondée il y a plus de 3000 ans, au 10e siècle avant J.C.

Cercueils en très bon état

«Nous avons juste effectué quelques retouches de première nécessité sur ces cercueils en très bon état. Ils sont (...) en bon état car il n'y avait pas d'implantation» humaine sur le site, a dit Salah Abdel-Galial, un restaurateur du ministère des Antiquités, en montrant l'une des pièces.

Le ministre des Antiquités Khaled el-Enany a souligné samedi devant la presse l'importance de la nouvelle découverte. «Ces découvertes n'ont pas de prix pour la réputation de l'Egypte», a dit le ministre.

Plus de découvertes

«Maintenant en Egypte, nous avons plus de sécurité, donc nous avons plus d'étrangers. Nous avons plus de 250 missions (archéologiques). Plus de fouilles signifie plus de découvertes», a-t-il indiqué en marge de la conférence de presse.

Depuis plusieurs années, les autorités égyptiennes annoncent régulièrement des découvertes archéologiques, dans le but entre autres de relancer le tourisme, mis à mal par l'instabilité politique et les attentats dans le pays depuis la révolution de 2011 qui avait chassé Hosni Moubarak du pouvoir.

Peu de découvertes importantes, comme celle de samedi, avaient été annoncées pendant cette période de troubles. Sous le gouvernement d'Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 2014, des dizaines de découvertes archéologiques ont été faites.

Sites et musées délabrés

Toutefois, nombre de critiques évoquent régulièrement l'état de délabrement de certains sites archéologiques et musées.

Parallèlement, l'Egypte a enregistré un regain dans le secteur du tourisme, avec 8,2 millions de visiteurs en 2017, et 11,3 millions en 2019, selon les chiffres officiels. Mais le pays est encore loin des 14,7 millions de touristes de 2010.

Samedi, une foule de touristes arpentait le site du temple d'Hatchepsout. Et parmi les invités à la conférence de presse figurait le célèbre archéologue égyptien Zahi Hawass, arborant son chapeau de cow-boy, occupé à prendre des égoportraits avec les touristes.

Selon M. Enany, les 30 sarcophages retrouvés constituent une «importante» collection qui sera acheminée au «Grand égyptian museum», en cours de construction près des célèbres pyramides de Guizeh.

(nxp/ats)