Libye

24 février 2020 11:40; Act: 24.02.2020 16:08 Print

Tripoli ne peut être protégée sans Ankara

Le gouvernement d'union nationale libyen (GNA) a admis que la présence turque est indispensable pour défendre la capitale libyenne.

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Le chef de la diplomatie libyenne Mohamed Syala ce lundi à Genève. (Photo: Keystone)

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Le gouvernement d'union nationale libyen (GNA) admet qu'il ne pourrait protéger Tripoli sans la présence turque. Lundi à Genève, il a dit ne pas avoir reçu d'invitation pour les pourparlers politiques censés démarrer mercredi.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait confirmé vendredi pour la première fois que des membres de l'Armée nationale syrienne (ANS) soutenait le GNA, reconnu par la communauté internationale. Mais des «ressortissants turcs» sont également présents, a insisté lundi devant la presse le chef de la diplomatie libyenne Mohamed Syala. «Tant que les civils seront en danger, ils seront là», a-t-il ajouté.

Alors que des discussions militaires à Genève doivent tenter d'arracher un cessez-le-feu durable, il affirme que le GNA «ne voit pas de raison de retirer ses forces». Mais le gouvernement exige le déplacement de celles de son ennemi, l'Armée libyenne nationale (ALN) du maréchal Khalifa Haftar, qui se trouve à quelques kilomètres de Tripoli. «Ils peuvent actuellement s'attaquer quand ils veulent» à la capitale, a encore expliqué Mohamed Syala.

Devant le Conseil des droits de l'homme, le chef du GNA a lui appelé les Etats qui mènent une «guerre par truchement» en Libye à la responsabilité. Sans mentionner nommément la Russie dont des mercenaires se trouvent aux côtés de Khalifa Haftar.

Photos

Ceux qui financent l'acheminement d'armes en Libye «doivent être tenus pour responsables», a insisté le dirigeant. L'ONU a dénoncé à de nombreuses reprises les violations de l'embargo sur les armes, y compris après la récente conférence internationale de Berlin en janvier.

M. Sarraj a accusé les forces liées à l'homme fort de l'Est libyen de violations du droit international humanitaire (DIH) la semaine dernière dans le bombardement d'infrastructures portuaires à Tripoli. Il a montré à la tribune des photos de jeunes tués par ces violences. Il avait temporairement suspendu la participation de son camp aux discussions militaires indirectes.

«Certains ne souhaitent pas» que les Libyens aient accès aux droits de l'homme, a insisté le chef du GNA. Il a rappelé avoir demandé en vain à plusieurs reprises une commission d'enquête internationale sur les abus. Pour autant, M. Sarraj promet que son gouvernement participera aux réunions et au dialogue pour obtenir un Etat de droit.

Dialogue attendu

Des pourparlers politiques entre 40 délégués des deux camps et des membres de la société civile sont censés démarrer mercredi à Genève. «Pas certain», a précisé M. Syala qui dit que le GNA n'a pas reçu d'invitation de l'émissaire de l'ONU Ghassan Salamé. Il ne fait pas de lien direct entre les discussions militaires et ce segment.

Et il a déploré aussi que la production pétrolière soit bloquée par certaines communautés. Il reproche à la communauté internationale de ne pas être intervenue pour l'ouverture des champs et des ports.

Depuis l'augmentation des violences il y a près d'un an, les affrontements ont fait des milliers de victimes, selon la Mission des Nations Unies en Libye (MANUL). Des centaines de civils ont également été blessés.

(nxp/ats)